Les fiches BLL : littérature

Citations à l'usage de la dissertation

Par Robert Delord.


Sélection de citations importantes à l'usage de la dissertation des capes externes de lettres classiques et modernes

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Le Théâtre

Le Roman

Page 2

La Poésie

Arts poétiques

Les Genres littéraires

Page 3

La Critique

Lecture et Réception

Littérature et Notions littéraires

«« Page 3 / 3

La critique

XVIIIe siècle

VOLTAIRE (1694-1778) :

« [définition du critique idéal] un artiste qui aurait beaucoup de science et de goût, sans préjugé et sans envie. »

XIXe siècle

Aloysius BERTRAND (1807-1841) :

Lettre à Charles NODIER

« [en parlant de son livre, il craint…] …que les commentateurs ne l'obscurcissent de leurs éclaircissements. »

Hippolyte TAINE (1828-1893) :

Philosophie de l'art

« [recherche dans les œuvres littéraires…] des faits et des produits dont il faut marquer les caractères et rechercher les causes, rien de plus. »

Ferdinand BRUNETIÈRE (1849-1906) :

Grande encyclopédie, article Critique (1890)

« La critique n'est pas un genre à proprement parler ; rien de semblable au drame ni au roman, mais plutôt la contrepartie de tous les autres genres, leur conscience esthétique, si l'on peut dire, et leur juge. »

SAINTE-BEUVE (1804-1869) :

Causeries du lundi (1857)

« L'art de la critique dans son sens le plus pratique et le plus vulgaire, consiste à savoir lire judicieusement les auteurs et à apprendre aux autres à les lire de même, en leur épargnant les tâtonnements et en leur dégageant le chemin. »

(le critique) « n'est qu'un homme qui sait lire et qui apprend à lire aux autres. »

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) :

Salon de 1846, Ecrits esthétiques

« Pour être critique on n'en est pas moins homme. »

Théophile GAUTIER (1811-1872) :

Préface de Melle de Maupin (1835)

« Celui qui ne fait rien contre celui qui fait, le frelon contre l'abeille, le cheval hongre contre l'étalon. » (/ opposition critique / créateur)

Gustave LANSON (1857-1934) :

« [le but de l'histoire littéraire est de découvrir dans le texte…] ce que leur auteur a voulu y mettre. »

RENAN (1823-1892) :

L'avenir de la science (1890)

« L'étude de l'histoire littéraire est destinée à remplacer en grande partie la lecture directe des œuvres de l'esprit humain. »

Mme de STAËL (1766-1817) :

De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales

« On n'a pas suffisamment analysé les causes morales et politiques qui modifient l'esprit de la littérature. »

Charles PÉGUY (1873-1914) :

Zangwill (1904 ?)

« Quand nous ne connaissons pas le nom d'un auteur, nous commençons par nous méfier ; et par nous affoler ; nous nous inquiétons ; nous courons aux renseignements ; nous nous trouvons ignorants ; nous sommes inquiets ; nous demandons à droite et à gauche ; nous perdons notre temps ; nous courons aux dictionnaires, aux manuels, ou à ces hommes qui sont eux-mêmes des dictionnaires et des manuels, ambulants ; et nous ne retrouvons la paix de l'âme qu'après que nous avons établi de l'auteur, dans le plus grand détail, une bonne biographie cataloguée analytique sommaire. »

(le risque de la critique historique selon lui est d'…) «  étudie[r] séparément l'homme, l'écrivain, l'artiste »

(contre la critique qui amasse des documents avant de lire le texte : elle) « commence par ne point saisir le texte »

(Péguy reproche à Taine d') « enfermer Racine dans le siècle de Louis XIV »

XXe siècle

Paul VALÉRY (1871-1945) :

Coup d'œil sur les lettres françaises. in Regards sur le monde actuel (1945)

« Mais le trait le plus particulier de notre littérature est sans doute cette action puissante et permanente de l'esprit critique s'attachant à la forme, qui s'est prononcée chez nous depuis la Renaissance, qui a donné les différences de tempéraments et dicté les jugements de valeur pendant la période dite classique. Le dogme du style n'a cessé depuis lors d'exercer une excellente tyrannie, souvent combattue, jamais abolie, sur les productions de nos écrivains. On dirait qu'il soit demeuré en France littéraire quelque chose de ces règlements de corporations qui exigeaient du compagnon, anxieux de devenir maître, l'épreuve d'un ouvrage dans lequel toutes les difficultés fussent affrontées et surmontées, toutes les conventions satisfaites, et qui pût enfin prendre place parmi les modèles de l'art. »

Poésie et pensée abstraite. in Variété V

« Il y a là [en parlant des critiques] des Danaïdes, des Ixions, des Sisyphes qui travaillent éternellement à remplir des tonneaux sans fond, à remonter la roche croulante. »

Julien GRACQ (1910-….) :

En lisant en écrivant (1980)

« Ce que je souhaite d'un critique littéraire – et il ne me le donne qu'assez rarement – c'est qu'il me dise à propos d'un livre, mieux que je ne pourrais le faire moi-même, d'où vient que la lecture m'en dispense un plaisir qui ne se prête à aucune substitution. Vous ne me parlez que de ce qui ne lui est pas exclusif, et ce qu'il a d'exclusif est tout ce qui compte pour moi. Un livre qui m'a séduit est comme une femme qui me fait tomber sous le charme : au diable ses ancêtres, son lieu de naissance, son milieu, ses relations, son éducation, ses amies d'enfance ! Ce que j'attends seulement de votre entretien critique, c'est l'inflexion de voix juste qui me fera sentir que vous êtes amoureux, et amoureux de la même manière que moi : je n'ai besoin que de la confirmation et de l'orgueil que procure à l'amoureux l'amour parallèle et lucide d'un tiers bien disant. Et quant à « l'apport » du livre à la littérature, à l'enrichissement qu'il est censé m'apporter, sachez que j'épouse même sans dot.

Quelle bouffonnerie, au fond, et quelle imposture, que le métier de critique : un expert en objets aimés ! Car après tout, si la littérature n'est pas pour le lecteur un répertoire de femmes fatales, et de créatures de perdition, elle ne vaut pas la peine qu'on s'en occupe. »

« Tous ces critiques qui, croyant posséder une clef, n'ont de cesse qu'ils n'aient disposé votre texte en forme de serrure. »

Paul BÉNICHOU (….-….) :

« [les grandes œuvres littéraires…] répondent aux problèmes essentiels de la vie, de la conduite humaine. »

Albert THIBAUDET (1874-1936) :

Physiologie de la critique (1922)

« Avant le XIXe siècle il y a des critiques. Mais il n'y a pas la critique. »

Albert BÉGUIN :

Conférence du 13 octobre1952

« Le critique est un homme de métier (…). C'est un homme qui a longuement appris à lire (…). Cet homme de métier a le privilège de savoir lire (…). Le critique doit donc être un homme qui, connaissant un métier, l'exerce au profit des autres. »

Tzvedan TODOROV :

Poétique (1968)

« On ajoute et on supprime dans le texte lu ce qu'on veut ou ne veut pas trouver. »

Pierre-Marc DE BIASI (….-….) :

(but de la critique génétique est de) « saisir le travail de l'écrit à l'instant naissant »

GOLDMANN :

Pour une sociologie du roman

« [la création littéraire est] création d'un monde dont la structure est analogue à la structure essentielle de la réalité sociale au sein de laquelle l'œuvre a été écrite. »

Gustave LANSON :

« Les textes ont un sens en eux-mêmes, indépendant de nos esprits et de nos sensibilités à nous qui lisons. »

Jean STAROBINSKI :

(il n'y a pas de) « sens des textes en eux-mêmes, indépendant de nos esprits et de nos sensibilités à nous qui lisons. »

« le langage d'une œuvre littéraire et le langage de la culture environnante ne sont pas consubstantiels. »

« parler à la place de l'œuvre. » (/ les dangers de la critique)

« [la grande œuvre est celle qui est susceptible d'être] reprise dans une nouvelle parole. »

Les mots sous les mots

« Il est difficile, pour le critique, d'éviter de prendre sa propre trouvaille pour la règle suivie par le poète. » (par rapport à l'erreur de Ferdinand de Saussure et ses anagrammes)

Jacques DERRIDA :

« dire à peu près n'importe quoi. » (/ dangers de la critique)

Michel FOUCAULT :

« [sur la mort de l'auteur dans la pensée structuraliste] Ce sont les structures, le système même du langage – et non pas le sujet – qui parlent […] avant toute existence humaine. »

Hans Robert JAUSS :

Pour une esthétique de la réception

« [l'œuvre ] englobe à la fois le texte comme structure donnée et sa réception ou perception par le lecteur ou le spectateur. »

« une totalité métaphysique qui se serait entièrement révélée lors de sa première manifestation. » (déf. du sens d'auteur)

(les interprétations nouvelles d'une œuvre du passé « sont protégées contre un excès d'arbitraire par les limites et les conditions de l'horizon historique et social. »

Serge DOUBROVSKY :

« la convergence de tous les niveaux signifiants de l'humain. » (déf. de l'œuvre littéraire)

Gérard GENETTE :

« [la grande œuvre est celle qui est ] susceptible d'être revécue par la conscience critique. »

(la critique est ) « une indiscrétion savante, tenant à la fois de la table d'écoutes et de la salle de torture. »

Marcel PROUST :

Contre Sainte-Beuve

« Chaque individu recommence, pour son compte, la tentative artistique ou littéraire. »

« Ne lire qu'un livre d'un auteur, c'est n'avoir avec cet auteur qu'une rencontre. Or en causant une fois avec une personne, on peut discerner en elle des traits singuliers. Mais c'est seulement par leur répétition dans des circonstances variées qu'on peur les reconnaître pour caractéristiques et essentielles. »

Jorge Luis BORGES (1899-1986) :

« Un livre qui veut durer, c'est un livre qu'on doit pouvoir lire de plusieurs façons. Qui, en tout cas, doit permettre une lecture variable, une lecture changeante. »

Michaël RIFFATERRE :

« Le phénomène littéraire n'est pas seulement le texte, mais aussi son lecteur et l'ensemble des réactions possibles du lecteur au texte – énoncé et énonciation. »

Roland BARTHES (1915-1980) :

Critique et vérité (1966)
Le vraisemblable critique

« le vraisemblable [ne] correspond […] simplement à ce que le public croit possible et qui peut être tout différent du réel historique ou du possible scientifique. »

II

« un même langage tend à circuler partout dans la littérature, et jusque derrière lui-même ; […] il n'y a plus ni poètes ni romanciers : il n'y a plus qu'une écriture. » (/ la similarité du travail de l'écrivain et du critique)

La crise du commentaire

« l'acte critique, affirmé désormais […] comme un acte de pleine écriture »

« l'écrivain et le critique se rejoignent dans la même condition difficile face au même objet : le langage »

« l'œuvre a plusieurs sens […] l'œuvre ouverte »

La langue plurielle

« Le symbole est constant. Seuls peuvent varier la conscience que la société en a et les droits qu'elle lui accorde. »

« Une œuvre est "éternelle" non parce qu'elle impose un sens unique à des hommes différents, mais parce qu'elle suggère des sens différents à un homme unique, qui parle toujours la même langue symbolique à travers des temps multiples : l'œuvre propose, l'homme dispose. »

« (l'œuvre) possède quelque chose de la concision pythique, paroles conformes à un premier code (la Pythie ne divaguait pas) et cependant ouverte à plusieurs sens, car elles étaient prononcées hors de toute situation »

« l'œuvre ne peut pas protester contre le sens que je lui donne. »

« On peut proposer d'appeler science de la littérature (ou de l'écriture) ce discours général dont l'objet est, non pas tel sens, mais la pluralité même des sens de l'œuvre, et critique littéraire, cet autre discours qui assume ouvertement, à ses risques, l'intention de donner un sens particulier à l'œuvre. »

La critique

« Le critique dédouble les sens, il fait flotter au-dessus du premier langage de l'œuvre un second langage, c'est à dire une cohérence de signes. »

« Le critique ne peut dire "n'importe quoi" » (réponse à une accusation portée contre la nouvelle critique par R. Picard)

« La critique n'est pas une traduction, mais une périphrase. »

La lecture

« Le critique ne peut en rien se substituer au lecteur. »

« Lire c'est désirer l'œuvre, c'est vouloir être l'œuvre, c'est refuser de doubler l'œuvre en dehors de toute autre parole que la parole même de l'œuvre, (…) passer de la lecture à la critique c'est changer de désir, c'est désirer non plus l'œuvre, mais son propre langage. »

Leçons

« L'histoire de la littérature serait celle des expédiants verbeux souvent très fous dont les hommes ont usé pour réduire, apprivoiser, nier, ou au contraire assumer ce qui est toujours un délire, à savoir l'inadéquation fondamentale du langage et du réel. »

(contre les dangers de la critique) « tenir en échec les arrogances scientifiques »

(Barthes avoue avoir) « souvent rêvé d'une coexistence pacifique des langages critiques. »

Lecture & réception

XIXe siècle

BALZAC (1799-1850) :

Physiologie du mariage

« Lire, c'est créer à deux. »

XXe siècle

TOMACHEVSKI :

Théorie de la littérature

« Plus le talent de l'auteur est grand, plus il est difficile de s'opposer à ses directives émotionnelles, plus l'œuvre est convaincante. C'est cette force de persuasion qui, étant un moyen d'enseignement et de prédication, est la source de notre attirance envers l'œuvre. »

Sigmund FREUD :

L'inquiétante étrangeté

« […] nous sommes dociles à l'appel du poète ; par la disposition dans laquelle il nous met, par les expectatives qu'il éveille en nous, il peut détourner nos sentiments d'un effet pour les orienter vers un autre. »

Michel CHARLES :

Rhétorique de la lecture

« Il s'agit d'examiner comment un texte expose, voire « théorise », explicitement ou non, la lecture ou les lectures que nous en faisons ou que nous pouvons en faire ; comment il nous laisse libres (nous fait libres) ou comment il nous contraint » […] « la lecture fait partie du texte, elle y est inscrite. »

Jean-Paul SARTRE (1905-1980) :

« Tous les ouvrages de l'esprit contiennent en eux l'image du lecteur auxquels ils sont destinés. »

Roland BARTHES (1915-1980) :

S / Z

« Interpréter un texte, ce n'est pas lui donner un sens (plus ou moins fondé, plus ou moins libre), c'est au contraire apprécier de quel pluriel il est fait. »

Sur la littérature (1980)

« Le texte est un espace séducteur, et [que], par conséquent, il faut se poser des problèmes de séduction quand on écrit. »

« Mais tant que l'œuvre sera un piège amoureux, on peut espérer que la littérature durera. » (dernière phrase du livre)

Hans Robert JAUSS :

Pour une esthétique de la réception

« Dans l'attitude de jouissance esthétique, le sujet est libéré par l'imaginaire de tout ce qui fait la réalité contraignante de sa vie quotidienne. »

Littérature & notions littéraires

XVIIe siècle

Charles PERRAULT (1613-1688) :

Parallèles III

(confusion dans la définition du burlesque et de l'héroï-comique)

« Le burlesque, qui est une sorte de ridicule, consiste dans la disconvenance de l'idée qu'on donne d'une chose avec son idée véritable (…). Or cette disconvenance se fait de deux manières, l'une en parlant bassement des choses les plus relevées, et l'autre en parlant magnifiquement des choses les plus basses*. »

* C'est en fait la définition de l'héroï-comique.

Jean De La BRUYÈRE (-) :

Caractères

(l'imitation)

« Tout est déjà dit, et l'on vient trop tard […]. »

XIXe siècle

Mme de STAËL (1766-1817) :

(le romantisme)

(il établit) « les droits de l'originalité […] à la place du joug de la correction. »

Alphonse de LAMARTINE (1790-1869) :

(la recherche de l'écrivain romantique)

« [il écrit pour trouver] un soulagement de son propre cœur. »

(poésie et romantisme)

« La poésie c'est le chant intérieur. »

Gustave FLAUBERT (1821-1880) :

(écriture et travail du style)

« J'en arrive à la conclusion qu'il est impossible d'écrire. » ( Flaubert torturé par le style)

(absolu littéraire et autonomie de l'œuvre)

Lettre à Louise Colet du 16 janvier 1831

« Un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style, comme la terre sans être soutenue se tient en l'air, un livre qui n'aurait presque pas de sujet ou du moins où le sujet serait presque invisible, si cela se peut. »

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) :

Fusées. in Journaux intimes (1849)

(le beau et l'art)

« J'ai trouvé la définition du beau, ma définition du beau. C'est quelque chose d'ardent et de triste, quelque chose d'un peu vague, laissant carrière à la conjecture. »

« Je ne conçois guère un type de Beauté où il n'y ait du malheur. »

(sensibilité et génie)

« Ne méprisez la sensibilité de personne. La sensibilité de chacun, c'est son génie. »

Théophile GAUTIER (1811-1872) :

Albertus

(l'Art pour l'art)

« Rien de ce qui est beau n'est indispensable à la vie. »

« Il n'y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien. »

« [à propos de son recueil ; réponse aux utilitaristes] Cela sert à être beau. »

« L'art est ce qui console le mieux de vivre.

(le journal et le livre)

« La lecture des journaux empêche qu'il n'y ait de vrais savans et de vrais artistes ; c'est comme une pollution quotidienne qui vous fait arriver énervé et sans forces sur la couche des muses, ces filles dures et difficiles qui veulent des amans vigoureux et tout neufs. Le journal tue le livre. » (savans et amans : orthographe de Gautier)

Emile ZOLA (1840-1902) :

Préface à Thérèse Raquin (1868)

(définition du naturalisme)

« […] étude du tempérament et des modifications profondes de l'organisme sous la pression des milieux et des circonstances. »

XXe siècle

Paul VALÉRY (1871-1945) :

Variété I et II

(savoir et vulgarisation du savoir)

La crise de l'esprit

« L'utilité du savoir fait du savoir une denrée, qui est désirable non plus par quelques amateurs très distingués, mais par Tout le Monde. »

(le beau)

Au sujet d'Adonis

« Il n'est rien de si beau que ce qui n'existe pas. »

(l'écrivain, héritier et successeur)

Situation de Baudelaire

« Il [le jeune homme qui arrive en 1840 à l'âge d'écrire] est nourri de ceux que son instinct lui commande impérieusement d'abolir. Son existence littéraire qu'ils ont provoquée et alimentée, que leur gloire a excitée, que leurs ouvrages ont déterminée, toutefois, est nécessairement suspendue à la négation, au renversement, au remplacement de ces hommes qui lui semblent remplir tout l'espace de la renommée et lui interdire, l'un, le monde des formes ; l'autre, celui des sentiments ; un autre, le pittoresque ; un autre, la profondeur. »

(l'écrivain classique)

« Classique est l'écrivain qui porte un critique en soi-même, et qui l'associe intimement à ses travaux. »

(contre l'histoire Littéraire)

« [l'acte de création] est indépendant des aventures, du genre de vie, des incidents, et de tout ce qui peut figurer dans une biographie. Tout ce que l'histoire littéraire peut observer est insignifiant. »

André GIDE (1869-1951) :

(le livre et le lecteur)

« Un livre manqué est un livre qui laisse intact son lecteur. »

Pierre REVERDY (1889-1960) :

Bloc Notes « 39-40 »

(effets de littérature ; opposition roman / poésie)

« En lisant un roman, le lecteur ravi devient imaginairement un autre ou les autres. Le poème l'émeut mais le laisse en lui-même et plus intensément lui-même. »

André BRETON (1896-1966) :

en 1924 :

(définition du surréalisme)

« automatisme psychique par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. […] dictée de la pensée […] en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique et morale. » (déf. du surréalisme)

Julien GRACQ (1910-….) :

En lisant en écrivant (1980)

(lecture et écriture)

« [le titre de son roman, sans virgule] indique que le passage de la lecture à l'écriture, se fait sans angoisse ni crispation, sans sentiment d'aliénation ou de perte d'authenticité. »

Maurice BLANCHOT (1907-…) :

L'espace littéraire (1955)

(exigences de l'œuvre)

« L'œuvre exige de l'écrivain qu'il perde toute « nature », tout caractère, et que, cessant de se rapporter aux autres et à lui-même par la décision qui le fait moi, il devienne le lieu vide où s'annonce l'affirmation impersonnelle. »

« Quand Valéry écrit dans une lettre : « Le vrai peintre, toute sa vie, cherche la peinture ; le vrai poète, la Poésie, etc. Car ce ne sont point des activités déterminées. Dans celles-ci, il faut créer le besoin, le but, les moyens, et jusqu'aux obstacles… », il fait allusion à une autre forme d'expérience. La poésie n'est pas donnée au poète comme une vérité et une certitude dont il pourrait se rapprocher ; il ne sait pas s'il est poète, mais il ne sait pas non plus ce qu'est la poésie, ni même si elle est ; elle dépend de lui, de sa recherche, dépendance qui toutefois ne le rend pas maître de ce qu'il recherche, mais le rend incertain de lui-même et comme inexistant. Chaque œuvre, chaque moment de l'œuvre remet tout en cause et celui qui ne doit se tenir qu'à elle, ne se tient donc à rien. Quoiqu'il fasse, elle le retire de ce qu'il fait et de ce qu'il peut. »

TODOROV :

(fantastique, merveilleux, étrange)

« Le fantastique c'est l'hésitation éprouvée par un être qui ne connaît que les lois naturelles face à un événement en apparence surnaturel (…) le surnaturel accepté, c'est le merveilleux, le surnaturel expliqué, c'est l'étrange. »

PROPP :

Morphologie du conte (1928)

(définition de la fonction)

« l'action d'un personnage du point de vue de sa signification dans le déroulement de l'intrigue. »

Roland BARTHES (1915-1980) :

(langage et littérature)

« [la littérature] est faite avec du langage, c'est-à-dire avec une matière qui est déjà signifiante au moment où la littérature s'en empare. »

Sur la littérature (1980)

(littérature)

« la littérature n'est pas un objet intemporel, une valeur intemporelle, mais un ensemble de pratiques et de valeurs situées dans une société donnée. »

(littérature comme refus)

(phrase de Maurice Nadeau) « Je vois […] en tout écrivain un individu qui refuse d'abord le langage commun, cela va sans dire, mais qui refuse même tout ce qui s'est écrit avant lui. La littérature naît chaque fois avec chaque individu qui écrit dans la volonté d'abolir toute littérature antérieure qui paraît fausse, inadéquate, insincère […] »

Roman JAKOBSON :

(définition de la littérarité)

« L'objet de l'étude littéraire n'est pas la littérature tout entière mais sa littérarité […] autrement dit la transformation de la parole en une œuvre poétique, et le système des procédés qui effectuent cette transformation. »

Robert ESCARPIT : (1963)

(communication et littérature)

« La communication en littérature est avant tout diffusion, et diffusion à sens unique ; à partir du moment où son œuvre est publiée, l'auteur ne peut en modifier ni en rectifier la teneur, ni en contrôler le parcours, ni en définir les destinataires, ni en vérifier la réception, ni en diriger la lecture et l'interprétation. »

Nicolas ROUBAKINE :

Introduction à la psychologie bibliologique (1922)

(le sens du lecteur)

« Le livre, pas plus que le mot ne transmet rien : c'est […] en son genre, une étincelle qui allume dans l'âme du lecteur les foyers les plus divers d'expériences psychiques provenant du passé de l'individu. »

Jean-Paul SARTRE (1905-1980) :

Qu'est-ce que la littérature ? (1948)

(le lecteur-créateur)

« L'objet littéraire est une étrange toupie qui n'existe qu'en mouvement. Pour la faire surgir, il faut un acte concret qui s'appelle la lecture, et elle ne dure que tant qu'autant que cette lecture peut durer. Hors de là, il n'y a que des tracés noirs sur du papier […]. »

Dominique COMBE :

Les genres littéraires (1992)

(la notion de style)

« La notion même de style est donc d'origine rhétorique puisque, avant de s'appliquer au poème, elle qualifie de manière pragmatique le discours de l'orateur. »

DUCROT et TODOROV :

Dictionnaire encyclopédique des sciences du langage (1972)

(définition du style)

« plutôt […] comme le choix que tout texte doit opérer parmi un certain nombre de disponibilités contenues dans la langue » […] « les styles sont dans la langue et non dans la psyché des utilisateurs »

BUFFON :

(définition du style)

« Le style c'est l'homme même. »

Roland BARTHES (1915-1980) :

Le degré zéro de l'écriture (1952)

(dans le style, Roland Barthes voit…)

« des images, un débit, un lexique naissant du corps et du passé de l'écrivain et qui deviennent peu à peu des automatismes mêmes de son art. »

Jean BELLEMIN-NOËL :

(dédinitions d'intertextualité et d'interlecture)

« L'intertextualité désigne le geste et le projet de l'écrivain d'écrire avec un certain intertexte ; mon interlecture, du côté du lecteur, sera la possibilité à la fois de reconnaître l'intertexte manifeste et de mobiliser des références latentes – qui n'appartiendraient pas de façon manifeste à cet intertexte (manifeste par définition). »

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Mis à jour le vendredi 21 mai 2004.


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