Dialogues de chrétiens avec l’islam

Liber Nicholay, Le Livre de Nicolas (trad. Charlotte Triou)

Le Liber Nicholay occupe une place originale dans notre dossier Dialogues de chrétiens avec l’islam. D’abord, par sa date : il a probablement été composé vers la fin du XIIIe siècle. Ensuite, par son contenu : dans ce récit anonyme de la vie de Mahomet, le lecteur apprend que le prophète de l’islam fut d’abord un papabile déçu dans ses ambitions, le cardinal Nicolas ! C’est pour se venger de ses collègues, qui élurent un autre à sa place, qu’il aurait inventé une nouvelle religion…

La traduction inédite de Charlotte Triou, mise en regard du texte latin, nous permet de découvrir cet avatar peu connu de la figure de Bahirâ-Sergius. Elle met à notre disposition un texte étrange, dans lequel la description la plus fantaisiste de l’islam n’est pas exclusive d’informations assez précises sur certains rites, dans lequel une satire acerbe n’empêche pas l’auteur de conclure sur ces lignes troublantes : « Incalculables et innombrables, les hommes des deux camps qui moururent et ne cessent encore de mourir parce que les Musulmans et les Chrétiens se sont détruits les uns les autres comme s’ils n’étaient pas des créatures humaines. Tous pourtant adorent un Dieu unique, créateur du ciel et de la terre : Chrétiens, Juifs, Musulmans. Et tous croient sans l’ombre d’un doute être sauvés ».

Le Liber Nicholay est consultable ici.

Il complète le dossier sur l’islam présenté par la revue RHR dans ses numéros 78  (traduction de l’Expositio brevis fidei Christianae de Gennadios Scholarios par Manon des Portes) et 79 (traduction du De conditione vitae christianorum sub Turca par Karima Elasri).

Le Coran en latin de Théodore Bibliander

Le GRAC (UMR 5037) vous présente, en collaboration avec l’ISERL, le texte du Coran en latin. Ce texte est la pièce essentielle d’une réflexion que nous ouvrons ici sur le dialogue des chrétiens avec l’islam, aux siècles humanistes : un dialogue entravé, feint, paradoxal, mais dont la généalogie permet sans doute de jeter un autre regard sur un large pan de l’histoire moderne et contemporaine. La traduction latine du Coran fut commandée par Pierre le Vénérable, et réalisée en 1142-1143 par Robert de Rétines, autrement appelé Robert de Ketton ou de Chester. Bien qu’elle ait circulé sous forme manuscrite pendant toute la période médiévale, elle ne fut imprimée qu’à une date relativement tardive : en 1543, à l’initiative de l’humaniste luthérien Théodore Bibliander. Il doit s’en justifier dans une apologie liminaire « pour l’édition du Coran » : même cautionnée par Luther et Melanchthon, son entreprise n’est pas toujours vue d’un bon oeil. Elle connaît pourtant un grand succès, sans doute parce qu’il n’existe alors aucune traduction en langue vernaculaire.

Nous donnons ici l’édition revue et corrigée de 1550, avec les  opuscules qui l’encadrent immédiatement. Vous pouvez utiliser notre module de lecture assistée ou consulter le PDF.  Une triple concordance sourates / juz / hizb permettra aux latinistes débutants, ou même confirmés, de lire en regard le Coran ou ses traductions françaises.

Le texte est précédé par une introduction du Professeur Henri Lamarque, qui a récemment édité et traduit la préface de Bibliander (Le Coran en latin. Plaidoyer pour une traduction, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2007).

La Lettre à Mahomet II, et autres textes

La moitié du monde… contre votre baptême ! C’est la proposition qu’adresse  le pape Piccolomini au sultan turc Mehmet II, dans une lettre composée en 1461, que nous publions ici. Le texte latin est accompagné d’une traduction en français par le père célestin Pierre Crespet, et suivi du jugement de Pierre Bayle. Une introduction de Natacha Salliot, spécialiste de la polémique religieuse à la Renaissance, présente les enjeux principaux de sa rédaction, puis de sa réception. Vous pouvez lire le texte ici.

Vivès, De veritate fidei christianae, livre IV

Le De veritate fidei christianae de l’humaniste espagnol Jean-Louis Vivès est publié de manière posthume, en 1543, par le même éditeur qui donne le Coran en latin de Bibliander. Le livre IV représente le dialogue d’un chrétien et d’un « Alfaquin », c’est-à-dire d’un docteur de l’islam. Vous pouvez le consulter avec notre module de lecture assistée ou en PDF.

Nicolas de Cues, Cribratio Alchorani, extraits choisis

Nicolas de Cues compose en 1460-1461 sa Cribratio Alchorani : un « examen critique du Coran » que Bibliander reproduit dans son édition. Vous pouvez en consulter des extraits choisis avec notre module de lecture assistée ou en PDF.