Quand une fille est prête à devenir apprentie-geisha, elle doit nouer une relation avec une geisha plus expérimentée : la "Grande Sœur". La Grande Sœur n'est pas forcément plus âgée que la future geisha dont elle assure la formation. Il suffit qu'elle soit son aînée d'un jour. Lorsque 2 filles deviennent sœurs, elles procèdent à une cérémonie qui ressemble à celle d'un mariage. Après quoi, elles se considèrent comme parente et s'appellent "Grande Sœur" et "Petite Sœur", comme dans une vraie famille.
La Grande Sœur apprend à sa cadette comment réagir à une plaisanterie graveleuse : avec un subtil mélange de plaisir et d'embarras, lui dit quelle cire choisir comme base de maquillage. Mais son rôle va bien au-delà. Elle doit s'assurer que la novice saura attirer l'attention des gens qu'il lui serait utile de connaître. Ainsi, la grande sœur emmène la cadette dans Gion. Elle la présente aux maîtresses des maisons de thé qu'il lui serait bon de fréquenter, aux perruquiers, aux chefs des grands restaurants... Le soir, la Grande Sœur emmènera sa cadette dans les maisons de thé, pour la présenter à ses clients et autres protecteurs. L'uns d'entre eux finira probablement par devenir l'un de ses protecteurs, et par apprécier vivement sa compagnie. Si la Petite Sœur se conduit mal, la responsabilité retombe sur sa Grande Sœur. Une geisha célèbre supportera tous ces aléas car lorsqu'une apprentie-geisha réussit, toute la communauté en profite. L'apprentie en bénéficie : elle peut payer ses dettes. Quant à la Grande Sœur, elle touche une part des honoraires de sa cadette ainsi que les maîtresses des différentes maisons de thé que fréquente la jeune apprentie. Tout le quartier de Gion en profite car elle amène de nouveaux clients, qui font prospérer les affaires.
La destinée de toute future geisha est entre les mains de sa Grande Sœur. Une geisha connue ne mettra pas sa réputation en péril en prenant une Petite Sœur qu'elle juge obtuse, ou susceptible de déplaire à ses protecteurs.
Il arrive qu'une geisha cède à un homme qu'elle trouve séduisant. Mais elles restera discrète car sa réputation et son aisance financière sont en jeu. Le "danna", s'il veut s'engager dans une longue liaison, sera prêt à faire une proposition honnête. Alors la geisha acceptera un tel arrangement avec joie. On ne gagne vraiment de l'argent qu'en ayant un danna.
Si la geisha se lie à un danna, elle le fera par l'intermédiaire d'une cérémonie. Ce lien dure 6 mois, parfois davantage. Le danna réglera une partie des dettes de la geisha (qui rembourse son Okiya pour les frais engendrés depuis son arrivée). Il rembourse une partie de ses dépenses (son maquillage, ses leçons, voire ses frais médicaux, sa taxe d'enregistrement, ses repas). Il lui paiera des bijoux, des kimonos et sponsorisera pour elle des spectacles de danses. Outre son entretien, qui lui coûtera des sommes folles, le "danna" continuera à payer la geisha à son tarif horaire (comme le font ses autres clients) chaque fois qu'il passera du temps avec elle. Parfois, il paiera davantage que le tarif habituel, afin de montrer sa bonne volonté. Mais il a également droit à certains "privilèges".
Quand une geisha arrive dans une maison de thé, la maîtresse de la maison allume un bâtonnet d'encens qui met environ une heure à se consumer. On appelle cela une "o-hana" ou " fleur". Les honoraires de la geisha sont calculés selon le nombre de bâtons d'encens consumés au moment du départ. Le prix d'une o-hana est fixé par le Bureau d'Enregistrement de Gion. En 1930, une ohana coûtait le prix de 2 bouteilles de saké. Les geishas les plus cotées pouvaient réclamer une o-hana toutes les 5 minutes. Il restera à la geisha à peine plus de la moitié de ce qu'elle gagne, le reste partant chez l'habilleur, à l'Okiya, à la maison de thé...