{"id":229,"date":"2019-05-29T11:28:52","date_gmt":"2019-05-29T09:28:52","guid":{"rendered":"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/?p=229"},"modified":"2019-06-14T14:38:37","modified_gmt":"2019-06-14T12:38:37","slug":"art-et-multimodalite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/art-et-multimodalite\/","title":{"rendered":"Art et multimodalit\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em>Un certain nombre de genres artistiques r\u00e9unissent plusieurs voies d\u2019expression (th\u00e9\u00e2tre, op\u00e9ra, cin\u00e9ma&#8230;) et font appel \u00e0 plusieurs sensorialit\u00e9s (ou\u00efe, vision pour les principales). Quand l\u2019\u0153uvre d\u2019art fait appel \u00e0 un seul m\u00e9dia (par exemple la musique seule), n\u2019est-elle pourtant r\u00e9serv\u00e9e qu\u2019\u00e0 la seule ou\u00efe&nbsp;? Quant \u00e0 l\u2019\u0153uvre d\u2019art multimodale, est-elle toujours con\u00e7ue sur le mode narratif des genres pr\u00e9c\u00e9demment \u00e9voqu\u00e9s&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Les \u00e9tudiants de DUMI 1, DUMI 2 et de Master 1 PMTDL du CFMI de Lyon se sont pench\u00e9s sur la question, pendant l\u2019ann\u00e9e 2018-2019, sous la direction de leur enseignante Muriel Joubert. Ce dossier est le fruit de r\u00e9flexions collectives (synth\u00e8ses de cours), de participations individuelles (notices de concert, interview, dossier simul\u00e9 de production) qui \u00e9clairent une \u0153uvre en particulier.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-drop-cap has-medium-font-size has-cyan-bluish-gray-background-color\"><strong>L\u2019interf\u00e9rence des sensorialit\u00e9s dans les \u0153uvres monomodales <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:right\" class=\"has-text-color has-vivid-cyan-blue-color\"><em>par Oc\u00e9ane Bosco, Emiliano Germain, Am\u00e9lie Lambert, Sil\u00e8ne Sautreau, Maia Steinberg<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Une \u0153uvre mono-modale est une \u0153uvre qui utilise une seule voie d\u2019expression. On pourrait penser que la musique ne mobilise \u00e0 priori que l\u2019ou\u00efe mais, dans le cas des repr\u00e9sentations \u00ab&nbsp;live&nbsp;\u00bb de la musique on se rend compte que la vision a une incidence sur notre perception et notre ressenti.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert que dans notre cerveau ils existent des neurones multisensoriels. Cela peut expliquer une possible synesth\u00e9sie naturelle qui a son origine dans le toucher depuis la naissance, puisqu&rsquo;il y a, \u00e0 ce tout premier stade, une sorte d\u2019amodalit\u00e9. On d\u00e9finit la perception amodale comme une impossibilit\u00e9 de diff\u00e9rencier les modes sensoriels sollicit\u00e9s qui semblent fonctionner de mani\u00e8re fusionnelle. L\u2019amodalit\u00e9 est caract\u00e9ristique de la perception du b\u00e9b\u00e9&nbsp;; on la perd au fur et au mesure de la croissance; le processus de l&rsquo;apprentissage joue probablement un r\u00f4le important dans cette perte.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, l\u2019interd\u00e9pendance de nos sens et nos perceptions multiples de ce qui est v\u00e9cu ont des cons\u00e9quences sur la perception d\u2019une \u0153uvre musicale.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut d\u00e9cliner ces cons\u00e9quences en trois types : Cons\u00e9quences sur la perception de l\u2019\u0153uvre, cons\u00e9quences sur les choix d\u2019interpr\u00e9tation de l\u2019artiste, et cons\u00e9quences d\u2019ordre sociologique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le concert, fait avant tout pour \u00e9couter une \u0153uvre en \u00ab&nbsp;live&nbsp;\u00bb, est immanquablement visuel. Il ajoute une force \u00e0 ce qui est v\u00e9cu, va appuyer voire renforcer le discours musical. D\u00e8s lors, d\u00e9cors et mise en lumi\u00e8re, mais aussi attitude, expressivit\u00e9, apparence de l\u2019interpr\u00e8te sont autant de param\u00e8tres qui vont enrichir la perception qu\u2019aura le public de la performance.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019artiste peut alors op\u00e9rer des choix quant \u00e0 ces param\u00e8tres, renfor\u00e7ant tant\u00f4t son apparence physique et son attitude sc\u00e9nique (on parle notamment de \u00ab&nbsp;faire le show&nbsp;\u00bb, il s\u2019agit bien de cela), tant\u00f4t l\u2019expressivit\u00e9 qu\u2019il met dans son jeu, insufflant ainsi sa personnalit\u00e9 dans l\u2019\u0153uvre interpr\u00e9t\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>La gestuelle du musicien, sa pr\u00e9sence, ont des cons\u00e9quences sur notre perception m\u00eame. Elles peuvent parfois renforcer notre audition de par l\u2019expressivit\u00e9 de l\u2019artiste mais elles peuvent \u00e9galement parasiter notre \u00e9coute, dans le cas par exemple d\u2019un artiste qui serait trop d\u00e9monstratif. D\u2019o\u00f9 la pr\u00e9f\u00e9rence de certaines personnes de fermer les yeux lorsqu\u2019elles \u00e9coutent de la musique afin de ne pas \u00eatre perturb\u00e9es par des stimuli visuels. <\/p>\n\n\n\n<p>Mais \u00e0 cause d\u2019un h\u00e9ritage culturel ethno-centr\u00e9 et d\u2019un acad\u00e9misme quelque peu conservateur, voir un artiste pourra aussi lui porter pr\u00e9judice.<\/p>\n\n\n\n<p>Suite \u00e0 des exp\u00e9riences sur des centaines de personnes, des chercheurs ont pu constater que les musiciens amateurs ou professionnels jugeaient, souvent involontairement, la qualit\u00e9 d\u2019une \u0153uvre par son rendu visuel plus qu\u2019auditif. Les jurys de concours de musique classique affirment que c\u2019est un param\u00e8tre \u00e0 absolument prendre en compte dans le jugement, au m\u00eame titre que la qualit\u00e9 musicale. On peut se demander si cette valorisation du visuel n\u2019est pas un moyen de tromper ou d\u2019embellir les discours.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors des auditions des musicien\u00b7ne\u00b7s de l\u2019orchestre de Paris et d\u2019Ile de France, le jury a recours \u00e0 un paravent pour ne pas donner lieu \u00e0 des discriminations lors des recrutements. Le travail de la chercheuse Chia-Jung Tsay appuie cette id\u00e9e puisqu\u2019elle a constat\u00e9 que lors de ses exp\u00e9riences, m\u00eame les \u00ab&nbsp;professionnel\u00b7le\u00b7s de la musique&nbsp;\u00bb \u00e9taient tout aussi bien influenc\u00e9s par ce qu\u2019ils\u00b7elles voyaient, et qu\u2019il \u00e9tait presque impossible de concentrer toute son attention sur le \u00ab&nbsp;son pur&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Des facteurs tels que l\u2019origine\nethnique, l\u2019origine sociale, le sexe, et le handicap entra\u00eenent des\ndiscriminations dans les s\u00e9lections des musiciens, particuli\u00e8rement dans le\nmilieu de la musique classique et d\u2019orchestre. Malgr\u00e9 des efforts pour emp\u00eacher\nces discriminations, entre autres par l\u2019utilisation d\u2019un paravent qui cache\nl\u2019interpr\u00e8te aux auditions d\u2019orchestre, des in\u00e9galit\u00e9s des chances persistent.<\/p>\n\n\n\n<p>La grande majorit\u00e9 des informations recueillies par le cerveau humain passe par la vue&nbsp;; la vid\u00e9o est \u00e9galement le m\u00e9dia le plus utilis\u00e9 dans la soci\u00e9t\u00e9 actuelle. Dans le domaine musical, la pr\u00e9sence d\u2019un support visuel permet d\u2019associer des images \u00e0 une musique, et de rendre ainsi l\u2019ensemble plus accessible.&nbsp; D\u2019autre part, l\u2019influence des images sur la perception sonore a tendance a laisser moins de&nbsp; place \u00e0 l\u2019imagination et impose un certain regard, celui du\u00b7de la r\u00e9alisa\u00b7teur\u00b7trice, en ce qui concerne le support vid\u00e9o par exemple. Avant m\u00eame le montage filmique, l\u2019attitude, l\u2019aspect physique et les gestes qui font partie de la personnalit\u00e9 de l\u2019interpr\u00e8te vont d\u00e9j\u00e0 influencer notre perception et notre mani\u00e8re d\u2019appr\u00e9cier une \u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#c4c2c2\" class=\"has-background\"><strong>De la posture interpr\u00e9tative au montage filmique <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:right\" class=\"has-text-color has-vivid-cyan-blue-color\">par Louis Roudaut et Anne-Lise Rochoux <\/p>\n\n\n\n<p>Lors d\u2019une performance, le musicien\ninterpr\u00e8te a souvent recours \u00e0 un jeu extra musical (gestes, expressions\nfaciales), qui lui permet d\u2019expliciter son attention musicale pour que le spectateur\ncomprenne mieux son discours.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cas d\u2019une retransmission vid\u00e9o d\u2019une performance, le montage des plans visuels permet de s\u00e9lectionner des morceaux choisis de ce jeu extra- musical. Dans les extraits visionn\u00e9s, le montage expose des gros plans centr\u00e9s sur les doigts ou sur le visage de diff\u00e9rents pianistes. Il accentue ainsi les nuances et \u00e9motions exprim\u00e9es musicalement et corporellement par les diff\u00e9rents interpr\u00e8tes, et rend l\u2019interpr\u00e9tation plus lisible.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais le montage peut aussi accentuer certaines expressions jusqu&rsquo;au \u00ab&nbsp;trop th\u00e9\u00e2tral&nbsp;\u00bb ou au ridicule, en soulignant de mani\u00e8re trop abusive certaines intentions de l\u2019interpr\u00e8te (surtout dans le cas ou celui-ci \u00ab surjoue \u00bb). Un autre risque est de capter des gestes parasites qui peuvent nuire \u00e0 la lecture de l\u2019expos\u00e9 corporel de l\u2019interpr\u00e8te. Enfin, le montage peut parfois guider le public de mani\u00e8re trop directive et \u00e9vidente : pour cette raison, les gros plans sont souvent altern\u00e9s avec des plans plus naturels, \u00ab&nbsp;vus du public&nbsp;\u00bb. <br> Le montage final est donc capital pour permettre une bonne lecture de l\u2019\u0153uvre et de ses subtilit\u00e9s, et n\u00e9cessite une collaboration \u00e9troite entre l\u2019interpr\u00e8te et le r\u00e9alisateur. <\/p>\n\n\n\n<p>Il faut ainsi garder \u00e0 l&rsquo;esprit qu&rsquo;en tant que spectateur ou, dans ce cas, de t\u00e9l\u00e9spectateur, nous observons la sc\u00e8ne au travers des yeux du r\u00e9alisateur, au travers de sa perception subjective. Nous appr\u00e9hendons l&rsquo;\u0153uvre \u00e0 travers cette lucarne n\u00e9cessairement r\u00e9duite qui influence notre perception. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#c4c2c2\" class=\"has-background\"><strong>Les repr\u00e9sentations mentales lors de l\u2019\u00e9coute de la musique <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:right\" class=\"has-text-color has-vivid-cyan-blue-color\">par Anne-Lise Rochoux<\/p>\n\n\n\n<p>Il est fr\u00e9quent, \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute d&rsquo;une musique, de laisser notre imagination vagabonder, se cr\u00e9er des images, des sensations. \u00c9couter de la musique ne rel\u00e8verait donc pas d&rsquo;un seul sens, d&rsquo;un seul ressenti. En effet, il a \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9 depuis plusieurs ann\u00e9es que le cerveau humain comprenait de nombreux neurones multi sensoriels. De plus, ce r\u00e9flexe de convoquer simultan\u00e9ment plusieurs sens lors d&rsquo;une exp\u00e9rience sensoriel nous est habituel depuis notre plus jeune \u00e2ge \u00e0 travers le sens du toucher, la mise en corps de la sensorialit\u00e9. En effet, le nouveau-n\u00e9 est amodal (il ne parvient pas \u00e0 s\u00e9parer les diff\u00e9rentes modalit\u00e9s et re\u00e7oit les informations sensorielles en une seule) m\u00ealant ainsi diverses capacit\u00e9s sensorielles au cours d&rsquo;une seule et m\u00eame exp\u00e9rience. <br> Ainsi, nous pouvons affirmer que le ressenti lors d&rsquo;une musique peut \u00e9veiller en nous plusieurs de nos sens, permettant ainsi de cr\u00e9er des images mentales, de cr\u00e9er une autre perception de la musique, d&rsquo;autant plus profonde et plus riche qu&rsquo;une simple r\u00e9ception auditive de l&rsquo;\u0153uvre musicale.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#c4c2c2\" class=\"has-background\"><strong>Une inversion&nbsp;: les tableaux sonores <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:right\" class=\"has-text-color has-vivid-cyan-blue-color\"> par Jean-St\u00e9phane Ricol<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une \u0153uvre visuelle (peinture, sculpture \u2026), le son peut \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9, principalement par des bouches ouvertes illustrant un rire, un cri, un chuchotement \u2026 (<em>D\u00e9part des volontaires<\/em> de l&rsquo;Arc de Triomphe, <em>Le cri<\/em> de Munch, <em>\u00c9tude du pape par Velasquez<\/em>  de Francis Bacon) ou des oreilles ferm\u00e9es (<em>Le cri<\/em>), ou bien en repr\u00e9sentant une forme musicale de mani\u00e8re picturale (Kandinsky).<\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#c4c2c2\" class=\"has-background\"><strong>Pluri-modalit\u00e9s dans la partition<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:right\" class=\"has-text-color has-vivid-cyan-blue-color\">par Soraya Puechavi et Teddy Merchadier<\/p>\n\n\n\n<p>La musique s&rsquo;est d&rsquo;abord transmise oralement, c&rsquo;est-\u00e0-dire\ndirectement par le sens qui re\u00e7oit le son, l&rsquo;ou\u00efe. \u00c0 partir du IX<sup>e<\/sup>\nsi\u00e8cle, on a vu appara\u00eetre des notations qui se sont d\u00e9velopp\u00e9es au cours de\nl&rsquo;histoire pour aboutir \u00e0 des formes de plus en plus pr\u00e9cises, jusqu&rsquo;\u00e0 la\npartition qu&rsquo;on conna\u00eet aujourd&rsquo;hui et qui permet non seulement des\nconstructions intellectuelles complexes (contrepoint, forme fugue) mais aussi\nune transmission rigoureuse.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/GTAlleluia.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-397\" width=\"367\" height=\"194\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/GTAlleluia.jpg 500w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/GTAlleluia-300x159.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 367px) 85vw, 367px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Ainsi, le neume transcrit au IX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle le mouvement m\u00e9lodique qu\u2019imite le geste du chef de ch\u0153ur dans l&rsquo;espace&nbsp;; il est donc li\u00e9 \u00e0 une conception spatiale de la musique (haut aigu, bas grave). <\/p>\n\n\n\n<p>Au fil de l&rsquo;histoire, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;apparition des notes et des port\u00e9es, gr\u00e2ce \u00e0 un syst\u00e8me d&rsquo;\u00e9criture de plus en plus pr\u00e9cis, les compositeurs sont m\u00eame all\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 manier, penser la place de ces symboles et \u00e9critures pour exprimer, au-del\u00e0 de la musique, une id\u00e9e, une \u00e9motion. Ainsi, dans l&rsquo;Aria \u00ab\u00a0Fuss und Reu\u00a0\u00bb la <em>Passion selon Saint Mathieu<\/em>, Bach, sur sa partition, transcrit de mani\u00e8re visuelle et graphique les larmes qui coulent et exprime plus intens\u00e9ment le moment musical de tristesse : c&rsquo;est ce qu&rsquo;on appelle le \u00abfiguralisme\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/rhdbpwmw.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-403\" width=\"382\" height=\"248\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/rhdbpwmw.png 766w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/rhdbpwmw-300x195.png 300w\" sizes=\"(max-width: 382px) 85vw, 382px\" \/><figcaption>Extrait de l&rsquo;Art de la fugue<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u00e9criture\nde partitions permet une approche visuelle de la musique et donne la\npossibilit\u00e9 au compositeur de complexifier son \u00e9criture et ses formes qui\ns\u2019inscrivent dans le visuel, comme la sym\u00e9trie (sur le mod\u00e8le de la g\u00e9om\u00e9trie).\nOn retrouve cette pratique chez Bach dans son <em>Art de la fugue<\/em> au sein duquel les notes de son th\u00e8me sont parfois\ntranspos\u00e9es de mani\u00e8re sym\u00e9trique (en r\u00e9trogradation ou en renversement).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/p00tcy3k.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-406\" width=\"288\" height=\"208\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/p00tcy3k.jpg 976w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/p00tcy3k-300x218.jpg 300w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/p00tcy3k-768x558.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 288px) 85vw, 288px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/xenakis_02.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-407\" width=\"279\" height=\"268\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/xenakis_02.jpg 570w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/xenakis_02-300x288.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 279px) 85vw, 279px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Enfin, de nouveaux types de notation font leur apparition \u00e0 partir du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, et certaines partitions peuvent \u00eatre m\u00eame consid\u00e9r\u00e9es comme des \u0153uvres graphiques \u00e0 part enti\u00e8re. Xenakis r\u00e9alise par exemple un graphique pr\u00e9liminaire pour son \u0153uvre symphonique <em>Metastasis<\/em> en repr\u00e9sentant tous les glissandi des instruments. La relation entre visuel et sonore est tellement forte qu\u2019il en d\u00e9duira, quelques ann\u00e9es plus tard, une \u0153uvre architecturale, le Pavillon Philips qu\u2019il a r\u00e9alis\u00e9 avec Le Corbusier.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>On constate donc que l&rsquo;\u00e9criture d&rsquo;une partition d&rsquo;une \u0153uvre peut prendre naissance d&rsquo;une note, d&rsquo;un geste, d&rsquo;une \u00e9motion, de la conceptualisation d&rsquo;un objet, d&rsquo;une contextualisation scientifique de la musique ou encore de toute autre perception sensorielle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-drop-cap has-medium-font-size has-cyan-bluish-gray-background-color\"><strong>Les \u0153uvres plurimodales&nbsp;: quelles attentes&nbsp;? <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:right\" class=\"has-text-color has-vivid-cyan-blue-color\"> par Emiliano Germain<\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu\u2019aux ann\u00e9es 1910, l\u2019op\u00e9ra constitue l\u2019\u0153uvre plurimodale par excellence. Il r\u00e9unit plusieurs domaines artistiques tels que la musique, les arts plastiques, la couture, l\u2019\u00e9clairage, la danse, faisant se c\u00f4toyer les artistes et les modes d\u2019expression dans une recherche d\u2019union. Richard Wagner, lui, ira jusqu\u2019\u00e0 imaginer l\u2019op\u00e9ra comme \u0153uvre d\u2019art totale, o\u00f9 les domaines artistiques ne vont plus simplement se r\u00e9unir mais vont fusionner en une seule et m\u00eame \u0153uvre ultime. Un peu plus tard, Alexandre Scriabine imagine une \u0153uvre grandiose, intitul\u00e9e <em>Myst\u00e8re<\/em> \u2014 jamais achev\u00e9e \u2014 dans laquelle sons, couleurs, toucher et odeurs se r\u00e9unissent pour \u00ab&nbsp;recr\u00e9er, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle humaine, les mouvements du macrocosme&nbsp;\u00bb (Marcella Lista, <em>L\u2019\u0152uvre d\u2019art totale \u00e0 la naissance des avant-gardes<\/em>, Paris, CTHS\/INHA, 2006, p.&nbsp;59). Dans d\u2019autres domaines artistiques, Klimt et les symbolistes r\u00eavent \u00e9galement d\u2019une union des sens.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant \u00e0 partir des ann\u00e9es 1913-1920, cette conception artistique s\u2019essouffle&nbsp;: on privil\u00e9gie de plus en plus l\u2019\u00e9clatement et la superposition des diff\u00e9rentes expressions artistiques plut\u00f4t que leur convergence. C\u2019est en particulier le cubisme, le futurisme et le dada\u00efsme qui vont inspirer aux musiciens et compositeurs une nouvelle mani\u00e8re de penser l\u2019art qui aboutira plus tard dans les ann\u00e9es 1950 \u00e0 des nouveaux modes artistiques&nbsp;: performance, th\u00e9\u00e2tre musical, installations sonores\u2026 Des artistes comme Georges Aperghis avec <em>Avis de Temp\u00eate<\/em> ou Heiner Goebbels avec <em>Stifters Dinge<\/em> proposent une \u0153uvre fragment\u00e9e, d\u00e9pourvue \u00e0 priori de signification imm\u00e9diate, de narration donc de temporalit\u00e9 lin\u00e9aire, et de lien direct entre les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments perceptibles sur sc\u00e8ne. Les fragments sont juxtapos\u00e9s mais non unifi\u00e9s&nbsp;: c\u2019est au spectateur de les assembler et d\u2019y insuffler un sens.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-medium-font-size has-cyan-bluish-gray-background-color\"><strong>Exemples d\u2019\u0153uvres pluri-modales<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-dark-gray-color\">Les articles qui suivent sont issus de notices plus ou moins d\u00e9velopp\u00e9es ou de r\u00e9flexions d\u00e9gag\u00e9es lors de nos s\u00e9ances, autour d&rsquo;une \u0153uvre en particulier, que celle-ci soit issue du r\u00e9pertoire classique du genre multimodal, ou qu&rsquo;elle s&rsquo;inscrive dans des modes de production artistique plus contemporains.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#c4c2c2\" class=\"has-background has-medium-font-size\"><strong>1. Des exemples \u00ab&nbsp;classiques&nbsp;\u00bb : op\u00e9ra, op\u00e9ra rock<\/strong>, <strong>com\u00e9die musicale, ballet&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-dark-gray-color\">Les \u0153uvres pluri-modales \u00ab\u00a0classiques\u00a0\u00bb sont g\u00e9n\u00e9ralement fond\u00e9es sur une narration. Elles suivent, dans leur conception, une forme de superposition chronologiques des expressions artistiques : argument, composition musicale, mise en sc\u00e8ne ou chor\u00e9graphie, d\u00e9cor, etc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-light-green-cyan-background-color\"><em><strong>La Traviata<\/strong><\/em><strong> (1853) de Verdi<\/strong>, par Coralie Tarin-Salleyron (notice)<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright\"><img loading=\"lazy\" width=\"189\" height=\"267\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/La-traviata.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-239\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Verdi est consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;un des plus grands compositeurs de musique d&rsquo;op\u00e9ra. Faisant partie de ses op\u00e9ras les plus connus, <em>La Traviata <\/em>est d&rsquo;abord tr\u00e8s mal re\u00e7u lors de sa cr\u00e9ation le 6 mars 1853, mais sera bien mieux accueilli par le public le 6 mai 1954, soit un si\u00e8cle apr\u00e8s&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>En\n\u00e9crivant beaucoup d&rsquo;op\u00e9ras, Verdi a permis l&rsquo;\u00e9volution de ce genre. Ses livrets\ns\u2019inspirent de diff\u00e9rentes \u00e9poques historiques. Il avait inscrit l&rsquo;histoire de <em>La<\/em> <em>Traviata<\/em>\ndans sa propre \u00e9poque (le XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle) mais cela lui fut refus\u00e9 par\nle directeur de l&rsquo;op\u00e9ra La Fenice qui pensait que cela ne serait pas bien\naccept\u00e9 par le public. Ainsi l&rsquo;intrigue fut report\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque du roi Louis XV\n:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Alfredo Germont, jeune homme de bonne famille, tombe \u00e9perdument amoureux d\u2019une courtisane, Violetta, lors d\u2019un d\u00eener chez des amis communs. Par amour, Violetta d\u00e9laisse totalement ses nombreux amants pour vivre une folle passion avec Alfredo, mais c\u2019est sans compter sur le p\u00e8re moralisateur d\u2019Alfredo, qui la persuade au nom de la conception bourgeoise de la moralit\u00e9 d&rsquo;abandonner son fils. Violetta \u00e9crit alors une lettre de rupture \u00e0 Alfredo sans expliquer les r\u00e9elles raisons de leur s\u00e9paration, rendant Alfredo fou furieux. La maladie dont elle \u00e9tait atteinte r\u00e9appara\u00eet, et c&rsquo;est seule en compagnie de sa fid\u00e8le cam\u00e9riste que Violetta se meurt. Par une lettre de son p\u00e8re, Alfredo apprend qu\u2019elle n\u2019a jamais cess\u00e9 de l\u2019aimer et que le responsable de leur s\u00e9paration n\u2019est autre que son p\u00e8re. Furieux et repentant, il accourt aupr\u00e8s de Violetta, mais trop tard : rong\u00e9e par la phtisie, Violetta meurt dans ses bras<\/em>.&nbsp;\u00bb&nbsp; <a href=\"http:\/\/dictionnaire.sensagent.leparisien.fr\/La%20traviata\/fr-fr\/%22%20traviata\/fr-fr\/\">http:\/\/dictionnaire.sensagent.leparisien.fr\/La%20traviata\/fr-fr\/\u00a0\u00bb%20traviata\/fr-fr\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><em>La traviata <\/em>qui\nsignifie litt\u00e9ralement \u00ab&nbsp;d\u00e9tourn\u00e9 du droit chemin&nbsp;\u00bb est un op\u00e9ra en 3\nactes \u00e9crit en italien. Le librettiste&nbsp;\nFrancesco Maria Pave s\u2019est inspir\u00e9 du roman et de la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre <em>La dame au Camelia<\/em> d\u2019Alexandre Dumas\nfils.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette\n\u0153uvre de Verdi est des plus impressionnantes au niveau musical. Tout d\u2019abord,\nelle exige une grande ma\u00eetrise vocale de la part de la soprano qui interpr\u00e8te\nle r\u00f4le principal : Violetta. La technicit\u00e9 se double d\u2019ailleurs d\u2019une grande\nexpressivit\u00e9. Il n&rsquo;est donc pas \u00e9tonnant que les chanteuses souhaitent avoir le\nprivil\u00e8ge d&rsquo;interpr\u00e9ter ce r\u00f4le. <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;orchestre aussi a un r\u00f4le\nimportant. D\u00e9crit comme \u00able meilleur de Verdi \u00bb par les musicologues, il\nexprime les sentiments des personnages. En effet, Verdi fait le choix d&rsquo;un\norchestre dramatique qui traduit les sentiments de mani\u00e8re figur\u00e9e. Il y a\ntrois tonalit\u00e9s principales dans cette \u0153uvre : <em>la<\/em> majeur, <em>la <\/em>mineur et <em>r\u00e9b <\/em>mineur, cette derni\u00e8re correspondant\n\u00e0 la mort de Violetta. Si l&rsquo;orchestre dialogue parfois avec les chanteurs, il\npermet surtout d&rsquo;accentuer les diff\u00e9rences nuances dramatiques. Ainsi, dans cet\nop\u00e9ra, Verdi a permis \u00e0 l&rsquo;orchestre de sortir de son seul r\u00f4le\nd&rsquo;accompagnateur. L&rsquo;orchestre sera aujourd\u2019hui dirig\u00e9 par Patrick Souillot.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Patrick Souillot est le fondateur de l\u2019organisme de la Fabrique Op\u00e9ra de Grenoble. En le cr\u00e9ant, il souhaitait \u00ab d\u00e9mocratiser l&rsquo;art et faciliter l&rsquo;acc\u00e8s au plus grand nombre \u00bb. Il fait appel \u00e0 des lyc\u00e9ens et des \u00e9tudiants qui travaillent avec des \u00e9quipes professionnelles pour la cr\u00e9ation des d\u00e9cors, des costumes, etc. Les ch\u0153urs que vous allez entendre sont constitu\u00e9s d&rsquo;amateurs souhaitant participer \u00e0 ce projet et int\u00e8grent des \u00e9l\u00e8ves de l&rsquo;Universit\u00e9 Grenoble Alpes, principalement en musicologie. Chaque ann\u00e9e, les g\u00e9n\u00e9rales sont ouvertes aux \u00e9coles primaires, permettant ainsi aux enfants d&rsquo;avoir acc\u00e8s \u00e0 l\u2019op\u00e9ra.<\/p>\n\n\n\n<p>Patrick Souillot, qui dirige l&rsquo;orchestre universitaire de Grenoble travaille cette ann\u00e9e en collaboration avec Jacques Attali, qui est le metteur en sc\u00e8ne de cette <em>Traviata<\/em>. \u00c9conomiste, patron de PlaNet, Jacques Attali est un pianiste qui r\u00eavait depuis l&rsquo;enfance de diriger des orchestres, ce qu\u2019il a d\u2019ailleurs pu r\u00e9aliser. Depuis 2015, Jacques Attali se penche sur la mise en sc\u00e8ne de l\u2019op\u00e9ra (<em>La Boh\u00e8me<\/em>). Il recherche avant tout l&rsquo;intemporel, tout en cherchant \u00e0 innover. De plus, il laisse une certaine libert\u00e9 \u00e0 ses artistes permettant ainsi une expression beaucoup plus naturelle. On peut donc s\u2019attendre \u00e0 une mise en sc\u00e8ne \u00e9poustouflante qui garderait n\u00e9anmoins l&rsquo;esprit de <em>La Traviata<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-light-green-cyan-background-color\"><strong><em>Barbe-bleue<\/em>, op\u00e9ra Offenbach,<\/strong> par Marie-No\u00eblle Dupuy<\/p>\n\n\n\n<p>Op\u00e9ra bouffe en trois actes et quatre tableaux sur un livret de Ludovic Hal\u00e9vy et Henri Meilhac.<br>Cr\u00e9\u00e9 en 1866 au Th\u00e9\u00e2tre des Vari\u00e9t\u00e9s.<br>Op\u00e9ra de Lyon, du 14.06.2019 au 05.07.2019<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Barbebleue-Gustave-Dore\u0301.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-387\" width=\"290\" height=\"363\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Barbebleue-Gustave-Dore\u0301.jpg 479w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Barbebleue-Gustave-Dore\u0301-240x300.jpg 240w\" sizes=\"(max-width: 290px) 85vw, 290px\" \/><figcaption>Barbe-Bleue, par Gustave Dor\u00e9<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le personnage de <em>La Barbe Bleue<\/em>, plus commun\u00e9ment appel\u00e9 Barbe-Bleue, a \u00e9t\u00e9 rendu c\u00e9l\u00e8bre par Charles Perrault qui lui d\u00e9dia un conte dans son recueil \u00e0 succ\u00e8s <em>Les contes de ma m\u00e8re L&rsquo;Oye<\/em> paru en 1697. Charles Perrault d\u00e9peint un \u00eatre mal\u00e9fique qui a tu\u00e9 ses \u00e9pouses successives et s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 faire de m\u00eame avec la derni\u00e8re en date qui lui a d\u00e9sob\u00e9i et a profit\u00e9 de son absence pour p\u00e9n\u00e9trer dans un cabinet interdit d&rsquo;acc\u00e8s, o\u00f9 elle d\u00e9couvre les d\u00e9pouilles des pr\u00e9c\u00e9dentes \u00e9pouses. Elle sera sauv\u00e9e in extremis par ses fr\u00e8res qui tuent le mari criminel.  Barbe-Bleue a inspir\u00e9 de nombreux compositeurs, que ce soit Andr\u00e9 Gr\u00e9try en 1789, Paul Dukas en 1907 ou B\u00e9la Bart\u00f3k en 1911. Jacques Offenbach lui r\u00e9servera un sort moins funeste mais plus ridicule que dans le conte original.  <\/p>\n\n\n\n<p>Port\u00e9 par le succ\u00e8s\nde <em>La Belle H\u00e9l\u00e8ne <\/em>cr\u00e9\u00e9 en 1864, Jacques Offenbach renouvelle deux ans\nplus tard sa collaboration fructueuse avec les dramaturges Ludovic Hal\u00e9vy et\nHenri Meilhac pour s&rsquo;en prendre \u00e0 nouveau de fa\u00e7on d\u00e9tourn\u00e9e, avec\nl&rsquo;op\u00e9ra-bouffe en trois actes <em>Barbe-Bleue<\/em>, \u00e0 ses contemporains et aux\nt\u00eates couronn\u00e9es d&rsquo;Europe (plus particuli\u00e8rement l&#8217;empereur Napol\u00e9on III). Le\nsucc\u00e8s sera encore au rendez-vous, et apr\u00e8s sa cr\u00e9ation au Th\u00e9\u00e2tre des Vari\u00e9t\u00e9s\n\u00e0 Paris en f\u00e9vrier 1866, l&rsquo;\u0153uvre tournera tr\u00e8s rapidement en Europe et ira m\u00eame\njusqu&rsquo;\u00e0 New York deux ans plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Argument <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>La jeune berg\u00e8re Fleurette aime le berger Saphir, qui lui\nest poursuivi par Boulotte, une jeune paysanne turbulente et entreprenante. \u00c0\nla suite du d\u00e9c\u00e8s de la cinqui\u00e8me \u00e9pouse de Barbe-Bleue, celui-ci confie \u00e0 son alchimiste\nPopolani la mission de lui trouver une nouvelle \u00e9pouse parmi les jeunes vierges\ndu village. Boulotte est tir\u00e9e au sort, au grand soulagement de Saphir. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Fleurette d\u00e9couvre qu&rsquo;elle est en fait la princesse\nHermia qui avait \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e enfant. Son p\u00e8re le roi Bob\u00e8che veut la marier\n\u00e0 un prince qui n&rsquo;est autre que Saphir qui avait \u00e9pous\u00e9 son humble condition\npar amour. Barbe-Bleue, de visite au palais avec sa jeune et encombrante\n\u00e9pouse, tombe amoureux d&rsquo;Hermia. Il demande \u00e0 Popolani de pr\u00e9parer son fameux\nphiltre \u00ab\u00a0anti-\u00e9pouse\u00a0\u00bb pour se d\u00e9barrasser de Boulotte comme ce fut le\ncas avec ses \u00e9pouses pr\u00e9c\u00e9dentes d\u00e8s qu\u2019il s\u2019\u00e9tait lass\u00e9 d\u2019elles. Popolani\ns&rsquo;ex\u00e9cute, \u00e0 la grande satisfaction de Barbe-Bleue. Mais Popolani a tromp\u00e9 son\nma\u00eetre : Boulotte est seulement endormie. Popolani r\u00e9veille Boulotte \u00e0 l&rsquo;aide\nd&rsquo;une machine \u00e9lectrique de son invention, comme il l&rsquo;a fait pour les cinq\n\u00e9pouses pr\u00e9c\u00e9dentes qu&rsquo;il avait cach\u00e9es dans un endroit secret. Il d\u00e9cide\nd&rsquo;aller d\u00e9noncer au roi, avec l\u2019aide des \u00e9pouses \u00e9vinc\u00e9es, les m\u00e9faits de Barbe-Bleue.\nIls se rendent au ch\u00e2teau, d\u00e9guis\u00e9s en boh\u00e9miens.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Au moment o\u00f9 les noces d&rsquo;Hermia et Saphir doivent \u00eatre c\u00e9l\u00e9br\u00e9es, Barbe-Bleue surgit dans le palais, annonce le d\u00e9c\u00e8s de son \u00e9pouse, et apr\u00e8s avoir r\u00e9gl\u00e9 son compte au prince Saphir, obtient du roi Bob\u00e8che la main de la princesse Hermia. Sur ces entrefaites Boulotte, \u00e0 la t\u00eate des boh\u00e9miens, r\u00e9v\u00e8le \u00e0 l&rsquo;assembl\u00e9e les m\u00e9faits de Barbe-Bleue. En conclusion tout est bien qui finit bien, Saphir peut \u00e9pouser Hermia, et Barbe-Bleue restera avec Boulotte qui lui a pardonn\u00e9.<\/em> La musique enlev\u00e9e dont Offenbach a le secret dresse un d\u00e9cor pastoral au d\u00e9but, pour ensuite accompagner tous les retournements de situations, passant de la valse au quadrille, de l\u2019air dramatique au ch\u0153ur endiabl\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Laurent-Pelly2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-395\" width=\"281\" height=\"290\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Laurent-Pelly2.jpg 514w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Laurent-Pelly2-291x300.jpg 291w\" sizes=\"(max-width: 281px) 85vw, 281px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p style=\"text-align:left\"><strong>Mise en sc\u00e8ne<\/strong> <br>Laurent Pelly est un habitu\u00e9 de l\u2019Op\u00e9ra de Lyon o\u00f9 il a fait ses premi\u00e8res armes dans la mise en sc\u00e8ne d\u2019op\u00e9ra apr\u00e8s des d\u00e9buts au th\u00e9\u00e2tre. Il r\u00e9investit le lieu quatre ans apr\u00e8s sa mise en sc\u00e8ne exub\u00e9rante du <em>Roi Carotte<\/em> du m\u00eame Offenbach. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-youtube aligncenter wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Barbe-Bleue - L&#039;Instantan\u00e9 #1\" width=\"840\" height=\"630\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/azyqLgsSNGk?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Toujours attach\u00e9 \u00e0 la justesse des d\u00e9cors et costumes et \u00e0 la pr\u00e9cision de l\u2019interpr\u00e9tation th\u00e9\u00e2trale de tous les personnages, solistes ou choristes, il nous offre une fois encore une mise en sc\u00e8ne rafraichissante.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<p style=\"background-color:#d9f1d1;text-align:right\" class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color\">         <a href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Interview-Sylvie-Malardenti-finale.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"    Chanter \u00e0 l'op\u00e9ra, interview de Sylvie Malardenti par Marie-No\u00eblle Dupuy (pdf) (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">   <\/a><strong><a href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Interview-Sylvie-Malardenti-finale.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"    Chanter \u00e0 l'op\u00e9ra, interview de Sylvie Malardenti par Marie-No\u00eblle Dupuy (pdf) (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\"> <\/a><em><a href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Interview-Sylvie-Malardenti-finale.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"    Chanter \u00e0 l'op\u00e9ra, interview de Sylvie Malardenti par Marie-No\u00eblle Dupuy (pdf) (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Chanter \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra<\/a><\/em><a href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Interview-Sylvie-Malardenti-finale.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"    Chanter \u00e0 l'op\u00e9ra, interview de Sylvie Malardenti par Marie-No\u00eblle Dupuy (pdf) (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">, interview de Sylvie Malardenti<\/a><\/strong><a href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Interview-Sylvie-Malardenti-finale.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"    Chanter \u00e0 l'op\u00e9ra, interview de Sylvie Malardenti par Marie-No\u00eblle Dupuy (pdf) (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\"> par Marie-No\u00eblle Dupuy (pdf)<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-light-green-cyan-background-color\"><em><strong><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\" (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/nixon-in-china-3-FINAL-1.pdf\" target=\"_blank\">Nixon in China<\/a><\/strong><\/em><strong><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\" (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/nixon-in-china-3-FINAL-1.pdf\" target=\"_blank\">, op\u00e9ra<\/a><\/strong><strong><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\" (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/nixon-in-china-3-FINAL-1.pdf\" target=\"_blank\"> de John Adams (1987) et le New Opera, <\/a><\/strong><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\" (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/nixon-in-china-3-FINAL-1.pdf\" target=\"_blank\">par Maia Steinberg<\/a> (Dossier pdf : attention, il s&rsquo;agit d&rsquo;une simulation pour raisons p\u00e9dagogiques  \u2013 le New Opera n&rsquo;existe pas !)  <\/p>\n\n\n\n<p><em>Nixon in China<\/em> appartient au genre de l&rsquo;op\u00e9ra, puisqu\u2019il raconte un \u00e9pisode de l\u2019histoire r\u00e9cente. L\u2019id\u00e9e de cet op\u00e9ra na\u00eet en 1983 dans l\u2019imaginaire de Peter Sellars qui r\u00e9unit le compositeur John Adams et la librettiste Alice Goodman pour travailler sur&nbsp; une \u0153uvre&nbsp; \u00e0 propos&nbsp; de la rencontre entre Richard Nixon et Mao Zadong \u00e0 Pekin en 1972. L\u2019op\u00e9ra s\u2019inscrit dans les sept jours historiques qu\u2019ils ont pass\u00e9 ensemble \u00e0 P\u00e9kin, du 21 au 27 f\u00e9vrier 1972.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but, tant Adams comme Goodman \u00e9taient un peu r\u00e9fractaires \u00e0 cr\u00e9er&nbsp; un op\u00e9ra sur un tel sujet, mais finalement ces deux anciens de Harvard se sont mis \u00e0 collaborer&nbsp; ensemble avec Sellars. C\u2019est une des rares occasions, si ce n\u2019est pas la premi\u00e8re, dans laquelle un metteur en sc\u00e8ne fait appel \u00e0 un compositeur d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et \u00e0 un librettiste de l\u2019autre qui ne se connaissent pas. L\u2019op\u00e9ra est donc compos\u00e9 entre 1985 et 1987 et sa premi\u00e8re repr\u00e9sentation est le 22 octobre 1987 \u00e0 Houston. Cette premi\u00e8re repr\u00e9sentation a eu des fortes critiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-light-green-cyan-background-color\"><strong><em>Karmen avec une fin heureuse<\/em>, op\u00e9ra de Goran Bregovic<\/strong>, par Armelle Vautrin (notice)<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ne vous attendez pas \u00e0 la trag\u00e9die de Georges Bizet&nbsp;: le&nbsp;<em>Karmen avec une fin heureuse<\/em> de Goran Bregovic vous transporte dans un monde haut en couleurs et en sonorit\u00e9s. L&rsquo;histoire de M\u00e9rim\u00e9e et les grands airs de Bizet sont revisit\u00e9s par le compositeur Goran Bregovic qui l&rsquo;a aussi mis en sc\u00e8ne. Ce nouvel op\u00e9ra tr\u00e8s largement inspir\u00e9 par la musique traditionnelle des Balkans, avec une sc\u00e8ne d&rsquo;introduction th\u00e9\u00e2tralis\u00e9e, nous offre une version tr\u00e8s dynamique.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/photo1-1.jpg\" alt=\"L\u2019attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est photo1-1.jpg.\" width=\"257\" height=\"258\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Goran Bregovic est un compositeur n\u00e9 dans la ville tr\u00e8s cosmopolite de Sarajevo en 1950. Apr\u00e8s une formation classique, il a commenc\u00e9 sa carri\u00e8re comme rock star puis s&rsquo;est peu \u00e0 peu tourn\u00e9 vers la composition. En collaboration avec le r\u00e9alisateur et compatriote Emir Kusturica, il cr\u00e9e la bande originale des films&nbsp;<em>Letemps des gitans<\/em>(1990) et&nbsp;<em>Underground<\/em>(1995). Il compte aujourd&rsquo;hui plus d&rsquo;une dizaine de compositions de bandes sons de films.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;En tant que musicien, depuis les ann\u00e9es 90 il sillonne l&rsquo;Europe avec l&rsquo;Orchestre des Mariages et des Enterrements offrant une musique qui est une c\u00e9l\u00e9bration de l&rsquo;esprit traditionnel des Balkans.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cr\u00e9\u00e9 en Avril 2004 en Italie et pr\u00e9sent\u00e9 pour la premi\u00e8re fois sur une sc\u00e8ne importante de l&rsquo;art lyrique italien, le th\u00e9\u00e2tre Stabile \u00e0 Turin,<em>Karmen avec une fin heureuse<\/em>f\u00fbt par la suite jou\u00e9 dans toute l&rsquo;Italie, en Espagne, en Argentine et en France en D\u00e9cembre 2005 au Cabaret Sauvage. C&rsquo;est tout naturellement que&nbsp;<em>Karmen<\/em>revisit\u00e9 par Goran Bregovic et accompagn\u00e9 par l&rsquo;Orchestre des Mariages et des Enterrements est impr\u00e9gn\u00e9 de musique tzigane.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L&rsquo;op\u00e9ra d\u00e9bute sur des dialogues assez sordides nous pr\u00e9sentant les personnages, par une mise en ab\u00eeme&nbsp;: ils nous expliquent comment cet op\u00e9ra a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit par Fouad (compositeur et chef de la fanfare) par amour \u00e9perdu pour la fameuse Karmen, prostitu\u00e9e \u00e0 la voix magnifique. Mais Fouad d\u00e9c\u00e8de, et Kl\u00e9opatra, voyante c\u00e9l\u00e8bre et amie de Fouad, se donne pour but de jouer cet op\u00e9ra en r\u00e9unissant les musiciens de la fanfare pour le reconstituer.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/photo2-1.jpg\" alt=\"L\u2019attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est photo2-1.jpg.\" width=\"328\" height=\"185\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les costumes des personnages sont \u00e0 l&rsquo;image du style musical utilis\u00e9: des tenues traditionnelles du folklore balkanique tr\u00e8s color\u00e9es.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Puis la musique commence sur des notes festives \u00e9gren\u00e9es et rythm\u00e9es par les cuivres. Cette fanfare constitue la base affirm\u00e9e de cette \u0153uvre. Introduction un peu folle sur le besoin de c\u00e9l\u00e9brer chaque jour nouveau en proie \u00e0 la fatalit\u00e9 de la vie. Puis entre en sc\u00e8ne Karmen dont les chants sont magnifi\u00e9s par une voix cristalline au timbre presque pr\u00e9pub\u00e8re. Tant\u00f4t pleureuse accompagn\u00e9e par des cuivres aux sonorit\u00e9s chaleureuses et douces, tant\u00f4t cajoleuse en duo avec son amant \u00e9conduit Fouad (Escamillo) tant\u00f4t enj\u00f4leuse ironisant sur la condition des prostitu\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Vient alors un air d\u00e9j\u00e0 entendu mais transform\u00e9 par des accents d&rsquo;une grande m\u00e9lancolie. On y reconna\u00eet \u00ab&nbsp;l&rsquo;amour est enfant de boh\u00e8me, il n&rsquo;a jamais connu de loi, si tu ne m&rsquo;aimes pas je t&rsquo;aime, si je t&rsquo;aime prends garde \u00e0 toi&#8230;&nbsp;\u00bb si caract\u00e9ristique de la habanera du premier acte de Bizet, mais charg\u00e9 d&rsquo;une telle tristesse qu&rsquo;elle sonne comme une marche fun\u00e8bre. Chez Bregovic&nbsp;: \u00ab&nbsp;L&rsquo;amour, ton doux amour, ton amour est tel un oiseau gitan des fois il vole tout seul, des fois il vole avec moi&#8230;&nbsp;\u00bb. N\u00e9anmoins ce c\u00e9l\u00e8bre th\u00e8me est repris, \u00e0 la fin de l&rsquo;op\u00e9ra, de mani\u00e8re tr\u00e8s festive gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;association de la fanfare et des voix. L&rsquo;oeuvre ne se termine pas tragiquement comme dans le drame initial, mais par un double mariage au summum de l&rsquo;esprit de f\u00eate.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La musique traditionnelle tzigane est le c\u0153ur, la signature, la m\u00e9tamorphose de cet op\u00e9ra \u00e9crit \u00e0 la base par un compositeur \u00e0 la fois romantique et r\u00e9aliste.&nbsp;&nbsp;Dans l\u2019\u0153uvre originale, le destin de Carmen se termine sous les coups de couteaux terribles de son ancien amant le brigadier Don Jos\u00e9 quand dans la version r\u00e9cente Karmen se marie avec le gitan Fouad (que l&rsquo;on peut rapprocher du torero Escamillo) et le gendarme Emilio (Don Jos\u00e9) se marie avec Mica\u00ebla (elle porte le m\u00eame nom dans les deux op\u00e9ras) sa promise.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L&rsquo;op\u00e9ra gitan s&rsquo;inspire tr\u00e8s librement du&nbsp;<em>Carmen<\/em> de Georges Bizet, les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 G.Bizet dans la musique ne se font que par citations \u00e9parses. C&rsquo;est une r\u00e9appropriation de cette trag\u00e9die gitane par les gitans eux-m\u00eame, avec une fin heureuse comme ils les aiment. Paragraphe <\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;En 2018 l&rsquo;op\u00e9ra de Florence proposait aussi une nouvelle fin \u00e0&nbsp;<em>Carmen&nbsp;<\/em>avec lamise en sc\u00e8ne par Leo Muscato. Dans cette version, c&rsquo;est Carmen qui tue Don Jos\u00e9 \u00e0 la fin de l&rsquo;op\u00e9ra. C&rsquo;est la volont\u00e9 de d\u00e9noncer les violences faites aux femmes qui a motiv\u00e9 le metteur en sc\u00e8ne \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 les voix f\u00e9minines sont de plus en plus entendues et prises en compte. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-light-green-cyan-background-color\"><strong><em>Monkey Journey to the West<\/em><\/strong>, <strong>op\u00e9ra pop<\/strong>, par Teddy Merchadier<\/p>\n\n\n\n<p>Conception\net mise en sc\u00e8ne: Chen Shi-Zheng \u2013 Composition: Damon Albarn \u2013 Concept visuel,\ncostumes, d\u00e9cors, animation: Jamie Hewlett \u2013 Direction de l&rsquo;orchestre : Andr\u00e9\nde Ridder.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/monkey-journey-picture-2-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-246\" width=\"343\" height=\"249\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/monkey-journey-picture-2-1.jpg 536w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/monkey-journey-picture-2-1-300x218.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 343px) 85vw, 343px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><strong><em>Monkey Journey to the West<\/em><\/strong> est un Op\u00e9ra Pop compos\u00e9 par Damon Albarn en 2007.\nStructur\u00e9 de neuf tableaux, il int\u00e8gre diff\u00e9rentes disciplines artistiques\ntelles que le chant, la musique, les arts martiaux, le cirque chinois,\nl&rsquo;acrobatie et le dessin anim\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Chanteur et compositeur, fondateur des groupes \u00ab Blur \u00bb,\n\u00ab The Good, the Bad and the Queen \u00bb ainsi que \u00ab Gorillaz \u00bb, Damon Albarn\ncollabore avec Jamie Hewlett (auteur de bande dessin\u00e9e et graphiste). <\/p>\n\n\n\n<p>Cet \u0153uvre co-cr\u00e9\u00e9e par le th\u00e9\u00e2tre du Chatelet de Paris, le Staatsoper Unter den Linden de Berlin et le Manchester International Festival, est une adaptation d&rsquo;une l\u00e9gende chinoise <em>\u00ab La P\u00e9r\u00e9grination vers l&rsquo;Ouest <\/em>\u00bb. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/monkey-journey-picture-5.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-249\" width=\"362\" height=\"203\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/monkey-journey-picture-5.jpg 696w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/monkey-journey-picture-5-300x168.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 362px) 85vw, 362px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est en 646, dans le \u00ab<em>Rapport du voyage en Occident \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque des grands Tang <\/em>\u00bb qu&rsquo;est d\u00e9crit l&rsquo;exp\u00e9dition en Inde du moine Bouddhiste Xuan Zang. Ce moine avait pour&nbsp; mission de rapporter les authentiques textes bouddhistes de la \u00ab conscience seule \u00bb afin de les traduire en chinois. Au XVIe si\u00e8cle, le roman \u00ab <em>La P\u00e9r\u00e9grination vers l&rsquo;Ouest<\/em> \u00bb, inspir\u00e9 du voyage de Xuan Zang, est publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois. Il fait partie des \u00ab&nbsp;<em>Quatre livres extraordinaires<\/em> \u00bb, chef d\u2019\u0153uvre de la litt\u00e9rature chinoise consid\u00e9r\u00e9 comme le plus grand et le plus influent. Chacun des livres repr\u00e9sentant un genre litt\u00e9raire, \u00ab <em>La P\u00e9r\u00e9grination vers l&rsquo;ouest<\/em> \u00bb s&rsquo;inscrit dans celui du fantastique. Toutefois, ce roman, \u00e9crit \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque Ming propose plusieurs niveaux de lecture. Outre le c\u00f4t\u00e9 fantastique et \u00e9pique, l&rsquo;auteur, \u00e0 la mani\u00e8re de Moli\u00e8re ou de La Fontaine, d\u00e9crit la soci\u00e9t\u00e9 de son \u00e9poque (pouvoir, religion, m\u0153urs) par la satire.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette qu\u00eate des so\u00fbtras sacr\u00e9s, le moine San Zang\ncroisera le chemin de diff\u00e9rents monstres qui chercheront \u00e0 le d\u00e9vorer. Mais\nnotre h\u00e9ros sera aid\u00e9 notamment de quatre protecteurs envoy\u00e9s par Bouddha&nbsp;:\nun singe immortel (Sun Wu Kong), un dragon (Longwang Sanjun), un cochon (Zhu Ba\nJi\u00e9) et un bonze des sables (Sha H\u00e9 Shang). Ce voyage, parsem\u00e9 de rencontre de\ncr\u00e9atures et d\u00e9couvertes de lieux diff\u00e9rents devra se terminer dans le royaume\nde Bouddha qui leur remettra les \u00e9critures sacr\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/monkey-journey-picture-3.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-247\" width=\"326\" height=\"184\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/monkey-journey-picture-3.jpg 693w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/monkey-journey-picture-3-300x169.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 326px) 85vw, 326px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Dans cet op\u00e9ra, les textes chant\u00e9s en chinois sont sur-titr\u00e9s sur sc\u00e8ne. Ils traitent essentiellement des diff\u00e9rentes rencontres, des personnages principaux et de leur qu\u00eate. La musique oscillent entre \u00e9lectro et rock tout en s&rsquo;inscrivant dans les principes de composition de musiques chinoises. Damon Albarn explique:  <em>\u201cJe ne sais pas trop comment la musique traditionnelle chinoise produit cet effet, mais j\u2019ai \u00e9tudi\u00e9 quelques-unes des tr\u00e8s vieilles rythmiques, je les ai apprises et ai essay\u00e9 d\u2019y coller au plus pr\u00e8s. J\u2019ai rencontr\u00e9 un compositeur qui vivait \u00e0 trois cents kilom\u00e8tres de P\u00e9kin, je lui ai demand\u00e9 s\u2019il y avait des r\u00e8gles parce que \u00e7a m\u2019int\u00e9ressait vraiment d\u2019apprendre les \u00e9l\u00e9ments de la chanson chinoise traditionnelle. Il m\u2019a montr\u00e9 ses anthologies de la musique chinoise \u2013 une vingtaine de petits livres.\u201d <\/em>(article de Johanna Seban \/ <em>Les Inrockuptibles<\/em> \/ 01\/09\/08). Ainsi, des m\u00e9lodies traditionnelles chinoises jou\u00e9es par des instruments eux aussi traditionnels chinois comme le pipa, le zhongruan ou encore le zheng se m\u00e9langent aux sonorit\u00e9s \u00e9lectroniques de machines modernes telles que les synth\u00e9tiseurs et sampleurs menant les parties ryhtmiques, le tout accompagn\u00e9 d\u2019instruments classiques comme les violons, violoncelles, trombone et contrebasse.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/monkey-journey-picture-4.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-248\" width=\"316\" height=\"210\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/monkey-journey-picture-4.jpg 585w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/monkey-journey-picture-4-300x200.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 316px) 85vw, 316px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Ainsi, <em>Monkey Journey to the West<\/em> transporte le spectateur dans un univers chinois presque mythologique, illustr\u00e9 de nombreuses couleurs \u00e0 travers les costumes, les d\u00e9cors et les s\u00e9quences de dessins anim\u00e9s cr\u00e9\u00e9s par Jamie Hewlett, de moments de cirque, d&rsquo;acrobaties, de danse et d&rsquo;arts martiaux, le tout rythm\u00e9 par une musique \u00e9lectro-rock parfois psych\u00e9d\u00e9lique aux sonorit\u00e9s chinoises compos\u00e9e avec pr\u00e9cision par Damon Albarn.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-light-green-cyan-background-color\"><em><strong>Mary Poppins<\/strong><\/em><strong>, film de Walt Disney (1964)<\/strong>, film &#8211; com\u00e9die musicale, par Jeanne Drouet<\/p>\n\n\n\n<p>La\nmusique fait partie int\u00e9grante du cin\u00e9ma. L\u2019image et la musique sont deux\nsupports qui sont au service l\u2019un de l\u2019autre, ils peuvent interagir, se\nsuperposer et devenir v\u00e9ritablement compl\u00e9mentaires. Le genre de la com\u00e9die\nmusicale s\u2019inscrit ainsi totalement dans cette forme multimodale. Il na\u00eet d\u00e8s\nl&rsquo;arriv\u00e9e du cin\u00e9ma parlant dans les ann\u00e9es 20 puis se d\u00e9veloppe sous une forme\nth\u00e9\u00e2tralis\u00e9e par le biais de mises&nbsp;en sc\u00e8nes anim\u00e9es chant\u00e9es et dans\u00e9es.\n\u00c9tant donn\u00e9 l&rsquo;ampleur du succ\u00e8s de ce genre unique et les prouesses techniques\nmises au service du cin\u00e9ma, la com\u00e9die musicale au th\u00e9\u00e2tre \u00e9volue ensuite derri\u00e8re\nles \u00e9crans&nbsp;: on parle ainsi de com\u00e9die musicale film\u00e9e&nbsp;ou de film\nmusical. On ne peut d\u2019ailleurs passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des grands classiques du pass\u00e9. <em>Un am\u00e9ricain \u00e0 Paris<\/em>, <em>Une \u00e9toile est n\u00e9e<\/em>, <em>West Side Story<\/em>, <em>Hair<\/em>, <em>Moulin Rouge<\/em> : la liste est longue tant\nles films du genre ont du succ\u00e8s.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le\nfilm<em> Mary Poppins<\/em> s&rsquo;inscrit ainsi\ndans le genre de la com\u00e9die musicale film\u00e9e. L&rsquo;\u0153uvre na\u00eet d\u2019une s\u00e9rie de livres\npour enfants \u00e9crits par Pamela Lyndon Travers, auteur qui rencontre un\nv\u00e9ritable succ\u00e8s lors de la parution de son roman <em>Mary Poppins<\/em>, le premier livre d&rsquo;une longue s\u00e9rie qui d\u00e9crit les\naventures de la c\u00e9l\u00e8bre nourrice Mary Poppins. Walt Disney souhaite\nprofond\u00e9ment adapter l&rsquo;histoire de <em>Mary\nPoppins<\/em> au cin\u00e9ma, l&rsquo;id\u00e9e lui \u00e9tant insuffl\u00e9e par sa fille, Diane, qui est\nune grande lectrice de Pamela Lyndon Travers. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/marypoppins1-1-1024x771.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-254\" width=\"305\" height=\"229\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/marypoppins1-1-1024x771.jpg 1024w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/marypoppins1-1-300x226.jpg 300w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/marypoppins1-1-768x579.jpg 768w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/marypoppins1-1.jpg 1200w\" sizes=\"(max-width: 305px) 85vw, 305px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><em>L\u2019histoire se d\u00e9roule \u00e0\nLondres en 1910 : d\u00e9pass\u00e9 par les frasques des enfants de Mr et Mme Banks, la\nderni\u00e8re nourrice de la famille a d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9missionner et aucun des parents\nne souhaite s&rsquo;occuper de leurs enfants Michael et Jane. Mary Poppins est donc\nrecrut\u00e9e dans l&rsquo;urgence pour pallier aux difficult\u00e9s familiales et r\u00e9ussit \u00e0\ncanaliser l\u2019\u00e9nergie des deux ch\u00e9rubins en les invitant dans son univers\nmerveilleux ponctu\u00e9 de rires et de chansons<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>Emball\u00e9 par l&rsquo;histoire de la c\u00e9l\u00e8bre nourrice, Walt Disney formule officiellement sa demande aupr\u00e8s de Pamela Lyndon Travers&nbsp;mais essuie un refus car celle-ci ne souhaite pas voir l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne de ses livres adapt\u00e9e au cin\u00e9ma. Au bout de dix ans de n\u00e9gociations, elle finit par accepter le projet, en posant ses conditions. Cette p\u00e9riode fait d&rsquo;ailleurs l&rsquo;objet d&rsquo;un film <em>Dans l&rsquo;ombre de Mary<\/em> r\u00e9alis\u00e9 par John Lee Hancock en 2013 qui retrace le travail autour du film. Le choix du r\u00f4le de Mary Poppins se porte sur Julie Andrews qui accepte, aupr\u00e8s de Walt Disney. Le film rencontre un succ\u00e8s ph\u00e9nom\u00e9nal: il est nomin\u00e9 treize fois aux Oscars d&rsquo;Hollywood. La nostalgie de l&rsquo;histoire est telle qu&rsquo;une suite est m\u00eame adapt\u00e9e au cin\u00e9ma en 2018 avec <em>Le Retour de Mary Poppins<\/em>. Cette suite est invent\u00e9e pour r\u00e9pondre \u00e0 la volont\u00e9 des spectateurs de retrouver leur nourrice pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e. Mais l&rsquo;enthousiasme suscit\u00e9 n&rsquo;est rien compar\u00e9 \u00e0 celui de la version originale.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;une\ndes raisons principales de ce succ\u00e8s est tr\u00e8s certainement li\u00e9 \u00e0 son aspect\nmultimodal : cin\u00e9ma, musique, chant, s\u00e9quences anim\u00e9es, danse : la mati\u00e8re du\nfilm est extr\u00eamement riche ! On ne peut oublier la fameuse s\u00e9quence m\u00ealant\ndessins anim\u00e9s et personnages r\u00e9els dans laquelle Mary Poppins accompagn\u00e9e des\nenfants et de Dick Van Dyke se prom\u00e8nent \u00e0 travers des paysages fantastiques\ntout en chantant et dansant.&nbsp;Le film est d&rsquo;ailleurs d\u00e9crit comme \u00e9tant la\ncom\u00e9die musicale la plus inventive de son \u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/marypoppins2-1-1024x578.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-255\" width=\"512\" height=\"289\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/marypoppins2-1-1024x578.jpg 1024w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/marypoppins2-1-300x169.jpg 300w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/marypoppins2-1-768x433.jpg 768w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/marypoppins2-1-1200x677.jpg 1200w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/marypoppins2-1.jpg 1950w\" sizes=\"(max-width: 512px) 85vw, 512px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Walt Disney confie l&rsquo;\u00e9criture du sc\u00e9nario \u00e0 Bill Walsh (<em>Le fant\u00f4me de barbe noire,<\/em> <em>L\u2019apprentie sorci\u00e8re<\/em>, <em>Les m\u00e9saventures de Merlin Jones<\/em>) et l&rsquo;\u00e9criture de la musique \u00e0 Richard et Robert Sherman (<em>Les Aristochats<\/em>, <em>L\u2019apprentie sorci\u00e8re<\/em>, <em>Tom Sawyer<\/em>, <em>Le Livre de la jungle<\/em> \u2026). Les fr\u00e8res Sherman vont beaucoup s&rsquo;investir dans l&rsquo;\u00e9criture de la musique pour motiver Pamela Lyndon Travers \u00e0 continuer le projet d\u2019\u00e9criture du film. Ce qui ne devait \u00eatre finalement qu&rsquo;un film \u00e0 interludes musicales devient une v\u00e9ritable com\u00e9die musicale puisqu\u2019ils n\u2019\u00e9criront pas moins de 24 chansons. <em>Supercalifragilisticexpalidocious<\/em>, <em>Chem Chemin\u00e9e<\/em>, <em>Un morceau de sucre <\/em>sont les plus connues du grand public. En parall\u00e8le, le travail chor\u00e9graphique est confi\u00e9 \u00e0 Marc Breaux et Dee Dee Wood. La danse a \u00e9galement un r\u00f4le primordial dans <em>Mary Poppins<\/em> puisqu&rsquo;elle est au service de la musique et des dialogues. La pr\u00e9sence sc\u00e9nique est un outil suppl\u00e9mentaire pour compl\u00e9ter la narration. Enfin,&nbsp;la supervision des effets sp\u00e9ciaux est confi\u00e9e \u00e0 Peter&nbsp;Ellenshaw. Son travail le plus embl\u00e9matique reste les trucages sur verre (mattepaintings) qui servirent de d\u00e9cors et de paysages dans de nombreux plans du film.<\/p>\n\n\n\n<p>Outre les prouesses techniques, le succ\u00e8s d\u00e9coule aussi de la qualit\u00e9 artistique et \u00e9motionnelle. L\u2019optimisme et la magie du film sont au service de notre imaginaire et plus encore, de nos \u00e2mes d\u2019enfants, m\u00eame les plus enfouies qui ne demandent qu\u2019\u00e0 r\u00eaver. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-light-green-cyan-background-color\"><strong><em>Rom\u00e9o et Juliette, de la Haine \u00e0 l\u2019Amour<\/em> de G\u00e9rard Presgurvic (1999), com\u00e9die musicale,<\/strong> par Alexia Douheret (notice)<\/p>\n\n\n\n<p>Cr\u00e9ation&nbsp;: 19 janvier 2001 au Palais des Congr\u00e8s \u00e0 Paris<\/p>\n\n\n\n<p><em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em>,\nces amants de V\u00e9rone tragiquement c\u00e9l\u00e8bres issus de la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre \u00e9crite\npar William Shakespeare, a constitu\u00e9 l\u2019inspiration de G\u00e9rard Presgurvic.<\/p>\n\n\n\n<p>G\u00e9rard Presgurvic, auteur compositeur, a d\u00e9but\u00e9 sa carri\u00e8re\ndans les ann\u00e9es 1980 dans le milieu du cin\u00e9ma (r\u00e9alisation de courts m\u00e9trages,\nde musique de film) avant d\u2019\u00e9crire pour de nombreux interpr\u00e8tes de chanson\nfran\u00e7aise tels que Patrick Bruel, Florent Pagny, Liane Foly, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>Fascin\u00e9 depuis son enfance par les films musicaux mettant\nen lumi\u00e8re Liza Minelli ou Fred Astaire et encourag\u00e9 dans le milieu de la\ncom\u00e9die musicale avec <em>West Side Story<\/em>\naux Etat-Unis puis <em>Starmania<\/em> en\nFrance, G\u00e9rard Presgurvic suit rapidement le mouvement. Il associe enfin, en\n1999, ses deux passions que sont la com\u00e9die et la musique.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s le succ\u00e8s de la com\u00e9die musicale <em>Notre Dame de Paris<\/em> en France en 1998, il choisit d\u2019adapter la plus\ngrande histoire d\u2019amour de tous les temps&nbsp;: <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em>. Cette pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre originellement con\u00e7ue en\ncinq actes est r\u00e9duite ici \u00e0 deux actes.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u0153uvre originale de William Shakespeare raconte l\u2019histoire\nde deux amants issus de familles, les Montaigu et les Capulet, litt\u00e9ralement\noppos\u00e9s, qui tombent amoureux d\u00e8s leur premi\u00e8re rencontre. \u00c0 cause de leurs\nfamilles respectives, ils ne peuvent vivre leur amour au grand jour et\nfinissent par se donner la mort face \u00e0 leur impuissance. Seule leur mort finira\npar r\u00e9concilier les deux familles.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-youtube alignright wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Romeo et Juliette 7. J&#039;ai Peur (English Subtitles)\" width=\"840\" height=\"630\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/3N_4adjQT4s?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>En France, le succ\u00e8s des com\u00e9dies musicales n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 toujours garanti (par exemple le \u00ab&nbsp;flop&nbsp;\u00bb des Mis\u00e9rables en France en 1991, malgr\u00e9 une belle r\u00e9ussite en Grande-Bretagne auparavant). Malgr\u00e9 le succ\u00e8s de l\u2019adaptation du roman de Victor Hugo, <em>Notre Dame de Paris<\/em>, en 1998, qui associe uniquement le chant et la danse avec un d\u00e9cor sobre, G\u00e9rard Presgurvic prend ainsi un certain risque avec sa com\u00e9die musicale, et ce malgr\u00e9 l\u2019\u0153uvre immense qu\u2019est <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em>. Pour ce spectacle, son pari est de conserver l\u2019id\u00e9e originale de William Shakespeare avec une partie th\u00e9\u00e2trale, tout en cherchant \u00e0 apporter une certaine modernit\u00e9 dans les textes. Il choisit donc de r\u00e9adapter les dialogues dans un langage plus actuel mais qui n\u2019alt\u00e8re pas l\u2019\u0153uvre originale pour autant. Par exemple, la r\u00e9plique la plus c\u00e9l\u00e8bre de l\u2019\u0153uvre \u00ab&nbsp;quelle est cette lumi\u00e8re, qui perce l\u00e0-bas \u00e0 travers cette fen\u00eatre ? Cette fen\u00eatre est l\u2019orient et Juliette est le soleil !&nbsp;\u00bb est r\u00e9adapt\u00e9e en chanson avec des paroles diff\u00e9rentes qui r\u00e9sument parfaitement les sentiments et les \u00e9motions de Rom\u00e9o face \u00e0 Juliette. D\u2019autre part, G\u00e9rard Presgurvic ajoute un personnage repr\u00e9sentant la mort&nbsp;: une danseuse qui suit les personnages et \u00ab&nbsp;plane&nbsp;\u00bb au-dessus d\u2019eux comme un fant\u00f4me tout au long du spectacle. Gr\u00e2ce \u00e0 ce personnage, on ne perd jamais l\u2019aspect tragique et la fatalit\u00e9 de cette histoire&nbsp;: la mort r\u00f4de en permanence sur la ville de V\u00e9rone.<\/p>\n\n\n\n<p>On d\u00e9couvre un tout nouveau genre gr\u00e2ce \u00e0 ce spectacle car G\u00e9rard Presgurvic cherche \u00e0 retranscrire dans chaque chanson et dans chaque musique le caract\u00e8re de chaque personnage. Les personnages sont ainsi mis en valeur et trouvent leur place dans l\u2019histoire. Par exemple, le Prince de V\u00e9rone, qui appara\u00eet directement apr\u00e8s l\u2019introduction, plante le d\u00e9cor d\u00e8s son arriv\u00e9e sur sc\u00e8ne avec la chanson <em>V\u00e9rone<\/em> d\u00e9gageant une force incontestable&nbsp;: le Prince semble affirmer son pouvoir sur la ville et sur les deux familles oppos\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-youtube alignleft wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Rom\u00e9o et Juliette V\u00e9rone\" width=\"840\" height=\"630\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/nk1x2bwVcJI?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p> Tout l\u2019orchestre du spectacle (pr\u00e9sent physiquement dans le public) accompagne cette chanson o\u00f9 le soliste montre une puissance vocale face \u00e0 un ensemble de chanteurs. Mais ce qui plonge pleinement le spectateur dans l\u2019univers de ce <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em> est l\u2019utilisation d\u2019un ostinato alors assimil\u00e9 \u00e0 des battements de c\u0153ur, qui accentue un peu plus ce sentiment de puissance. Bien \u00e9videmment, la mise en sc\u00e8ne joue beaucoup pour mettre \u00e9galement en valeur la qualit\u00e9 de la musique&nbsp;: on peut voir des \u00ab&nbsp;arr\u00eats sur image&nbsp;\u00bb o\u00f9 tous les com\u00e9diens et chanteurs se figent pour que seule la voix du soliste ressorte, ou encore des chor\u00e9graphies tr\u00e8s saccad\u00e9es pour s\u2019accorder avec l\u2019ostinato. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-youtube alignright wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Rom\u00e9o &amp; Juliette I \/ 01\" width=\"840\" height=\"630\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/videoseries?list=PL8ACF7AC892DFD2B2\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"text-align:left\">La rencontre des autres personnages se fait au fur et \u00e0 mesure de l\u2019histoire et nous d\u00e9couvrons \u00e0 chaque fois une musique se focalisant sur leurs \u00e9motions et leur caract\u00e8re. Les compositions&nbsp; de G\u00e9rard Presgurvic viennent sublimer chaque personnage et captivent le spectateur tout au long du spectacle. <\/p>\n\n\n\n<p>En effet, d\u00e8s la musique d\u2019introduction et les premi\u00e8res paroles, le spectateur se sent embarqu\u00e9 dans l\u2019univers recr\u00e9\u00e9 par G\u00e9rard Presgurvic&nbsp;: <\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<ul><li>\u00ab&nbsp;Toutes les histoires commencent pareil. <\/li><li>Rien de nouveau sous la lune.<\/li><li>Pour qu&rsquo;une \u00e9toile s&rsquo;\u00e9teigne, il faut qu&rsquo;une autre s&rsquo;allume.<\/li><li>Bien s\u00fbr, la pluie, et le hasard, la nuit et les guitares, on peut y croire.<\/li><li>Chacun ses mots et ses regards, toutes les histoires ont leur histoire.<\/li><li>N&rsquo;\u00e9coutez pas ce qu&rsquo;on vous raconte, l&rsquo;amour, y a que \u00e7a qui compte.<\/li><li>On s&rsquo;aimera toujours, on s&rsquo;aimera si fort, et puis, doucement, sans le vouloir, on passe du c\u0153ur \u00e0 la m\u00e9moire.<\/li><li>Toutes les histoires, commencent pareil.<\/li><li>Rien de nouveau sous la lune.<\/li><li>Voici celle de Rom\u00e9o et Juliette.<a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>&nbsp;\u00bb<br><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Presgurvic, G. (2001). <em>Rom\u00e9o et Juliette, de la haine \u00e0 l\u2019amour<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-light-green-cyan-background-color\"><strong><em>Pr\u00e9lude \u00e0 l\u2019Apr\u00e8s-midi d\u2019un faune<\/em>, ballet de Nijinski sur une musique de Debussy (1912),<\/strong> par Oc\u00e9ane Bosco et Marie Mottet<\/p>\n\n\n\n<p>En 1912, dix-huit ann\u00e9es apr\u00e8s la cr\u00e9ation du <em>Pr\u00e9lude \u00e0 l\u2019apr\u00e8s midi d\u2019un faune<\/em> du compositeur symboliste Debussy,  Nijinski d\u00e9cide d&rsquo;en faire une chor\u00e9graphie. Nijinski y met en sc\u00e8ne un danseur repr\u00e9sentant le faune ainsi que sept danseuses, les nymphes du po\u00e8me de Mallarm\u00e9. Bien loin de l\u2019esth\u00e9tique classique de la danse, les gestes des danseurs sont anguleux et hach\u00e9s, donnant une nouvelle dimension au langage du corps. Tels des personnages d\u2019\u0153uvres cubistes, les danseurs sont pr\u00e9sent\u00e9s de mani\u00e8re frontale et de profil, et leurs d\u00e9placements sont lin\u00e9aires. La sc\u00e8ne semble n\u2019avoir que tr\u00e8s peu de profondeur, comme un tableau en deux dimensions. En effet, probablement en rappel des faunes de la mythologie grecque, Nijinski s\u2019est inspir\u00e9 des figures de profil des vases antiques. En stylisant ses danseurs et en diminuant la perspective, il en \u00e9pure les mouvements et cherche ainsi \u00e0 ne montrer que l\u2019essence de l\u2019\u0153uvre. Ainsi, le style adopt\u00e9 par Nijinski, stylis\u00e9 et quasi cubiste, pourrait para\u00eetre plut\u00f4t \u00e9loign\u00e9 de celui de Debussy, tout en suggestion et dans un grand geste legato.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-light-green-cyan-background-color\"><strong><em>Le Sacre du printemps <\/em>de Stravinski mis en chor\u00e9graphie par Nijinski (1913)<\/strong>, par Benjamin Tilmont (notice)<br> <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/sacre.jpeg\" alt=\"L\u2019attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est sacre.jpeg.\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Musique<\/strong>&nbsp;: Igor Stravinsky<\/p>\n\n\n\n<p>Chor\u00e9graphie&nbsp;: Vaslav Nijinski<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;C&rsquo;est une s\u00e9rie de c\u00e9r\u00e9monies de l&rsquo;ancienne Russie&nbsp;\u00bb expliquait Igor Stravinsky lors d\u2019une interview le 13 f\u00e9vrier 1913. L\u2019argument met en sc\u00e8ne dans un premier acte l\u2019adoration de la terre par laquelle des Hommes s\u2018interrogent sur l\u2019avenir selon les rites ancestraux, des sages glorifient le printemps. Le sacrifice arrivera dans le deuxi\u00e8me acte, aboutissant \u00e0 l\u2019illustre danse sacrale. Les limites se repoussent, que ce soit dans une danse endiabl\u00e9e avec des rythmes asym\u00e9triques o\u00f9 la musique et les pas de la chor\u00e9graphie de Nijinski sont semblables, ou encore dans une musique avec ses nombreux agr\u00e9gats, qui nous projettent avec violence dans ce monde pa\u00efen o\u00f9 le sacrifice d\u2019une femme aura lieu. Cette jeune femme a \u00e9t\u00e9 choisie par le peuple pour \u00eatre offerte aux dieux. Par des jeux mythiques on l\u2019acclame et la glorifie jusqu\u2019\u00e0 sa mort sur une chor\u00e9graphie interpr\u00e9t\u00e9e par les Ballets Russes.<\/p>\n\n\n\n<p> Musicalement ce <em>Sacre<\/em> est antisymphonique, il ne reprend pas les \u00ab&nbsp;codes&nbsp;\u00bb d\u2019une symphonie basique. Il y a une juxtaposition de th\u00e8mes divers et vari\u00e9s, dont certains sont fortement accentu\u00e9s. Les deux parties se terminent dans des explosions de son. Avec un orchestre exceptionnellement grand, beaucoup de jeux d\u2019ostinatos et d\u2019accentuations sont faites par les cordes, et incitent les danseurs \u00e0 cr\u00e9er un \u00e9tat de transe, poss\u00e9d\u00e9s par le caract\u00e8re obsessionnel de la danse sacrale.  <\/p>\n\n\n\n<p>Si Stravinsky casse de nombreux codes dans sa musique, Nijinski fera de-m\u00eame avec la danse, avec la cr\u00e9ation de nouveaux pas. En effet les danseurs ont souvent les pieds rentr\u00e9s vers l\u2019int\u00e9rieur en adoptant des formes g\u00e9om\u00e9triques. C\u2019est le cas, dans la derni\u00e8re pi\u00e8ce, de la jeune femme sacrifi\u00e9e qui danse un rituel, enclav\u00e9e au milieu des autres danseurs qui la v\u00e9n\u00e8rent avant que son \u00e2me ne disparaisse vers les dieux. Une tension donne une force suppl\u00e9mentaire aux gestes des danseurs&nbsp;: poings ferm\u00e9s, bras tendus, mouvements saccad\u00e9s et coordonn\u00e9s. Ces nouvelles formes gestuelles r\u00e9volutionnent le style traditionnel de la danse. Ces nombreux et nouveaux pas, cr\u00e9\u00e9s par le g\u00e9nie de Nijinski, ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s novateurs pour l\u2019\u00e9poque. Tout comme la musique de Stravinsky, cette chor\u00e9graphie n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 comprise d\u00e8s le d\u00e9but.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce monde traditionnel russe o\u00f9 le sacrifice est mis en avant par les mouvements chor\u00e9graphiques, il faut essayer de mesurer l\u2019ampleur et rentrer directement en contact avec une musique polytonale et une danse tortur\u00e9e de tensions. Stravinsky et Nijinski nous invitent \u00e0 rentrer en transe et en contact avec l\u2019au-del\u00e0 et les croyances pa\u00efennes, pour une submersion totale entre musique et danse venue d\u2019un autre monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Sitographie&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Le_Sacre_du_printemps\">https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Le_Sacre_du_printemps<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.francemusique.fr\/emissions\/klassiko-dingo\/l-histoire-du-sacre-du-printemps-de-stravinsky-momo-kodama-nous-parlera-stravinsky-9561\">https:\/\/www.francemusique.fr\/emissions\/klassiko-dingo\/l-histoire-du-sacre-du-printemps-de-stravinsky-momo-kodama-nous-parlera-stravinsky-9561<\/a> <\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#c4c2c2\" class=\"has-background has-medium-font-size\"><strong>2. Th\u00e9\u00e2tre avec musique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La musique enrichit tr\u00e8s souvent une pi\u00e8ce th\u00e9\u00e2trale et sa mise en sc\u00e8ne. Dans les exemples qui suivent, la musique (parties instrumentales, parties chant\u00e9es) n&rsquo;est pas une simple ornementation, mais au contraire constitue la partie essentielle du spectacle. \u00c0 la diff\u00e9rence des \u0153uvres qui pr\u00e9c\u00e8dent, les voix sont essentiellement parl\u00e9es, et les jeux de sc\u00e8nes importants s&rsquo;apparentent donc naturellement au th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-light-green-cyan-background-color\"><strong><em>Pierre and the loup<\/em>, conte musical de jazz pour enfants, par les Heavy Fingers (2014), <\/strong>par Phoeb\u00e9 Constant (notice)<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Affiche-pierre-and-the-loup.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-262\" width=\"311\" height=\"281\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Affiche-pierre-and-the-loup.jpg 474w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Affiche-pierre-and-the-loup-300x272.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 311px) 85vw, 311px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>La\npeur du loup qui r\u00f4de, les envol\u00e9es guillerettes de la fl\u00fbte traversi\u00e8re, la\nvoix bourrue mais rassurante d\u2019un grand-p\u00e8re\u2026 Qu\u2019il ait simplement crois\u00e9 notre\nchemin ou bien berc\u00e9 notre enfance, le conte musical <em>Pierre et le Loup <\/em>a sem\u00e9 ses notes \u00e0 travers des g\u00e9n\u00e9rations. Cette\n\u0153uvre, devenue \u00e0 pr\u00e9sent anthologique, fut interpr\u00e9t\u00e9e, r\u00e9arrang\u00e9e\nd\u2019innombrables fois au fil du temps. Mais les <em>Heavy Fingers<\/em> nous proposent une toute nouvelle version du conte,\ndans un univers plus actuel, des instruments autres, et diff\u00e9rentes couleurs\nmusicales qui viennent s\u2019assembler pour cr\u00e9er un voyage sonore riche et\np\u00e9tillant.<\/p>\n\n\n\n<p>Le\nnom de&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Heavy Fingers&nbsp;\u00bb <\/em>vient\nde cette sensation des doigts lourds et ab\u00eem\u00e9s que peut ressentir un musicien\napr\u00e8s une longue journ\u00e9e \u00e0 travailler son instrument. Jacques Ponthus, Arno\nJourdy et Manuel Fillat, les trois musiciens \u00e0 l\u2019initiative du groupe se sont\nrassembl\u00e9s autour de leur passion commune&nbsp;: le saxophone. <\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s\ndix ann\u00e9es de succ\u00e8s \u00e0 travers divers festivals, tourn\u00e9es partout en France\ndans univers musical qu\u2019ils qualifient de \u00ab&nbsp;Jazz original&nbsp;\u00bb, le\ngroupe a senti le besoin d\u2019ouvrir leurs horizons aussi bien en s\u2019alliant \u00e0\nd\u2019autres arts tels que le th\u00e9\u00e2tre et le conte, qu\u2019en variant les publics\nauxquels ils sont destin\u00e9s (notamment publics d\u2019enfants) ou encore au sein m\u00eame\nde leur musique, en exp\u00e9rimentant de nouveaux styles via des arrangements de\nplus en plus pouss\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est\ncette volont\u00e9 de trouver un nouveau regard sur leur pratique musicale qui est\nmise \u00e0 l\u2019\u0153uvre pour le spectacle <em>Pierre\nand the Loup.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dans\nsa conception originelle, l\u2019\u0153uvre du compositeur russe Sergue\u00ef Prokofiev\n(1891-1953) \u00e9tait constitu\u00e9e d\u2019une histoire cont\u00e9e par un r\u00e9citant ainsi que\nd\u2019interm\u00e8des musicaux jou\u00e9s par un orchestre, qui venaient ponctuer le r\u00e9cit,\ncomme des images sonores d\u2019un album \u00e0 \u00e9couter. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Heavy-Fingers.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-263\" width=\"307\" height=\"172\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Heavy-Fingers.jpg 600w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Heavy-Fingers-300x169.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 307px) 85vw, 307px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Ecrit\nen 1936 suite \u00e0 des \u00e9changes avec la directrice Natalia Saz du Th\u00e9\u00e2tre Central\npour enfants de Moscou, ce conte musical avait avant tout pour objectif de\nfamiliariser les jeunes avec certains instruments de l\u2019orchestre symphonique.\nAinsi ces objets intrigants qui semblaient alors bien compliqu\u00e9s et\ninaccessibles \u00e0 un public d\u2019enfants furent personnifi\u00e9s afin de devenir les\nprotagonistes de l\u2019histoire&nbsp;: la clarinette pour le chat, le basson pour\nle grand-p\u00e8re, les cors pour le loup\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Les <em>Heavy Fingers <\/em>ont choisi de ne pas\npoursuivre cette distribution. En effet, au lieu d\u2019un orchestre de soixante\ninstrumentistes, la compagnie est ici compos\u00e9e d\u2019un com\u00e9dien dont le r\u00f4le\noscille entre narrateur de l\u2019histoire et ma\u00eetre de c\u00e9r\u00e9monie, ainsi que de\nquatre saxophonistes qui prennent en charge \u00e0 eux seuls l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de\nl\u2019interpr\u00e9tation musicale de l\u2019\u0153uvre. En revanche, si la volont\u00e9 initiale de\nProkofiev visant \u00e0 rencontrer les instruments d\u2019un orchestre n\u2019a pas \u00e9t\u00e9\nrespect\u00e9e, les enfants font la connaissance de quatre saxophones\ndiff\u00e9rents&nbsp;: Baryton, T\u00e9nor, Alto et Soprano.<\/p>\n\n\n\n<p>Par\nailleurs, l\u2019id\u00e9e de proposer une ouverture culturelle et musicale \u00e0 destination\ndes enfants est pr\u00e9sente mais sous un aspect moins conventionnel&nbsp;: le\npublic est amen\u00e9 \u00e0 reconna\u00eetre le rock, le classique, le jazz ou m\u00eame le hip\nhop, et ce sans oublier une r\u00e9elle ouverture vers les musiques du monde par des\narrangements allant du jazz \u00e0 la salsa en passant par la funk ou m\u00eame par le\nreggae.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-light-green-cyan-background-color\"><strong><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\" (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Un-Hommage-version-finale.pdf\" target=\"_blank\"><em>Frida Kahlo, esquisse de ma vie<\/em>, <\/a><\/strong><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\" (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Un-Hommage-version-finale.pdf\" target=\"_blank\">par Anne-Lise Rochoux<\/a> (dossier pdf)<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright\"><img loading=\"lazy\" width=\"218\" height=\"300\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Affiche-218x300.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-286\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Affiche-218x300.jpg 218w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Affiche.jpg 474w\" sizes=\"(max-width: 218px) 85vw, 218px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Spectacle hommage retra\u00e7ant les \u00e9v\u00e8nements forts de la vie et de l\u2019\u0153uvre de Frida Kahlo&nbsp;: ses douleurs, son imp\u00e9tueuse envie de vivre, ses amours, son militantisme, sa peinture. Une narration sinc\u00e8re et \u00e9mouvante d\u2019une femme, d\u2019une artiste dans ses derniers instants de vies, la mort comme dernier compagnon r\u00f4dant autour d\u2019elle en musique et en chanson. La po\u00e9sie, la peinture, la musique se rencontrent sur sc\u00e8ne afin de faire revivre le temps d\u2019un spectacle cette grande dame qu\u2019\u00e9tait Frida Kahlo<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-light-green-cyan-background-color\"><strong><em><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Casimir et Caroline, pi\u00e8ce de \u00d6d\u00f6n von Horv\u00e1th, par Juliette Barras  (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Oeuvres-plurimodales-2\u00e8me-Juliette-Barras.pdf\" target=\"_blank\">Casimir et Caroline<\/a><\/em><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Casimir et Caroline, pi\u00e8ce de \u00d6d\u00f6n von Horv\u00e1th, par Juliette Barras  (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Oeuvres-plurimodales-2\u00e8me-Juliette-Barras.pdf\" target=\"_blank\">, pi\u00e8ce de \u00d6d\u00f6n von Horv\u00e1th<\/a><\/strong><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Casimir et Caroline, pi\u00e8ce de \u00d6d\u00f6n von Horv\u00e1th, par Juliette Barras  (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Oeuvres-plurimodales-2\u00e8me-Juliette-Barras.pdf\" target=\"_blank\">, par Juliette Barras <\/a>(Dossier pdf : attention, il s&rsquo;agit d&rsquo;une simulation pour raisons p\u00e9dagogiques \u2013 les d\u00e9tails concernant la mise en sc\u00e8ne ne sont pas forc\u00e9ment justes !) <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright\"><img loading=\"lazy\" width=\"300\" height=\"200\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/w_p_090722_rdl_660-300x200.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-297\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/w_p_090722_rdl_660-300x200.jpg 300w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/w_p_090722_rdl_660.jpg 640w\" sizes=\"(max-width: 300px) 85vw, 300px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Cette pi\u00e8ce populaire de \u00d6d\u00f6n von Horv\u00e1th nous plonge dans la soci\u00e9t\u00e9 allemande du d\u00e9but des ann\u00e9es 1930. En effet, c\u2019est au c\u0153ur de la f\u00eate de bi\u00e8re \u00e0 Munich en 1932 que nous assistons \u00e0 une lutte des classes repr\u00e9sent\u00e9e par le couple de Casimir et de Caroline. Cette critique ironique, \u00e0 la fois dr\u00f4le et dramatique, met en lumi\u00e8re les probl\u00e9matiques de cette p\u00e9riode d\u2019avant-guerre et de mont\u00e9e du nazisme. La pi\u00e8ce, lumineuse au d\u00e9part, n\u2019est qu\u2019un plongeon vers quelque chose de plus en plus grave. Les personnages s\u2019assombrissent, l\u2019histoire se tend et nous entra\u00eene dans un tourbillon dramatique. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-light-green-cyan-background-color\"><strong><em>Oba Koso<\/em>, par la Duo Lapido Company, <\/strong>par Louis Roudaut (Dossier : attention, il s&rsquo;agit d&rsquo;une simulation ! <em>Oba Koso<\/em> n&rsquo;est pas programm\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Lyon !)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le roi ne s\u2019est pas pendu<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/oba-koso-couverture.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-264\" width=\"303\" height=\"161\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/oba-koso-couverture.jpg 750w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/oba-koso-couverture-300x160.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 303px) 85vw, 303px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><em>Oba Koso<\/em> r\u00e9sonne\ndans l\u2019histoire du Nig\u00e9ria comme un cri de renouveau, de gloire et de fiert\u00e9.\n\u00ab&nbsp;<em>Le roi ne s\u2019est pas pendu<\/em>&nbsp;\u00bb\na secou\u00e9 tout le sud Ouest du pays \u00e0 partir de 1963 puis l\u2019Europe et la Grande\nBretagne d\u00e8s 1965. Cette pi\u00e8ce reste dans son pays et sa tradition d\u2019origine un\nmythe, un des monuments du <em>Yoruba\nTraditionnal Theatre<\/em> &#8211; qu\u2019elle a engendr\u00e9 et qui semble s\u2019\u00eatre brutalement\neffondr\u00e9 depuis le milieu des ann\u00e9es 1980. <\/p>\n\n\n\n<p>Parler de cette pi\u00e8ce n\u2019est d\u00e9j\u00e0 pas une chose facile que ce soit sur le plan artistique aussi bien qu\u2019historique, tant elle semble avoir cristallis\u00e9 le patrimoine mill\u00e9naire du peuple yoruba dans une de ses formes les plus vitales et complexes. La r\u00e9interpr\u00e9ter semble donc compl\u00e8tement impossible, c\u2019est pourtant le pari fou que s\u2019est lanc\u00e9 la Duro Ladipo company sur les planches de l\u20190p\u00e9ra de Lyon pour cet \u00e9t\u00e9, et en tourn\u00e9e dans le reste du monde jusqu\u2019en 2020.<\/p>\n\n\n\n<p>Collectif de 19 musiciens, danseurs, dramaturges et\npeintres, la troupe s\u2019est cr\u00e9\u00e9 en 1992 \u00e0 partir de la Duro Ladipo moving&nbsp; theatre -la troupe originale de Duro Ladipo-,\nsous l\u2019impulsion de ses 3 \u00e9pouses, pr\u00e9sentes dans la troupe avant sa mort. Au\nfil des ans, de nombreux artistes sont venus rejoindre les membres originaux de\nla troupe, pour y apporter leurs savoirs faires, et leur vision d\u2019un op\u00e9ra\nfolklorique toujours d\u2019actualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En plus des oeuvres les plus connues de Duro Ladipo, ce\ncollectif a aussi repris d\u2019autres classiques du mouvement <em>Yoruba Traditionnal Theatre<\/em>, de Wole Soyinka \u00e0 Hubert Ogunde.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Folklore et divinit\u00e9s<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019origine d\u2019Oba Koso, il y a un peuple et une tradition,\nles yorubas, qui pratiquent les danses et histoires d\u2019Oba Koso depuis plus de\n500 ans, en l\u2019honneur de leurs divinit\u00e9s, les orishas. Mais il y aussi Duro\nLadipo, acteur, dramaturge, musicien et compositeur de musique d\u2019\u00e9glise, qui a port\u00e9\nOba Koso sur sc\u00e8ne en ayant adapt\u00e9 les l\u00e9gendes des divinit\u00e9s yoruba, en digne\nrepr\u00e9sentant des pi\u00e8ces du mouvement <em>Yoruba\nTraditionnal Theatre (<\/em>ou <em>Yoruba folk\nopera)<\/em>, qui amena le folklore yoruba sur les planches du monde entier.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque divinit\u00e9 (orisha) correspond \u00e0 un domaine de la\nnature, et poss\u00e8de des traits de caract\u00e8res qui lui sont propres, des couleurs symboliques,\nainsi que des chants et des danses qui permettent de la c\u00e9l\u00e9brer de mani\u00e8re\nrituelle. Selon la croyance des yorubas, chaque personne poss\u00e8de des attributs\npropres \u00e0 une orisha, qui lui seront r\u00e9v\u00e9l\u00e9s lors de son initiation et qui le\nsuivront tout au long de sa vie. <\/p>\n\n\n\n<p>En tant qu\u2019acteur, Duro Ladipo a choisi d\u2019interpr\u00e9ter Sango,\nl\u2019orisha de la foudre et de la justice, symbolis\u00e9 par une hache \u00e0 deux t\u00eates.\nIl est aussi le ma\u00eetre du tambour bat\u00e0 \u00e0 deux faces, ainsi que de l\u2019art de la\nmusique, de la danse et du spectacle. Ces arts sont utilis\u00e9s dans les\nc\u00e9r\u00e9monies bat\u00e0s au Nig\u00e9ria et \u00e0 Cuba, o\u00f9 le tambour du m\u00eame nom est utilis\u00e9\npour parler aux orishas, chaque orisha \u00e9tant symbolis\u00e9 par un encha\u00eenement de\nrythme. La finalit\u00e9 d\u2019une bat\u00e0 peut \u00eatre de rendre hommage \u00e0 un d\u00e9funt,\ndemander la protection d\u2019une orisha, ou de c\u00e9l\u00e9brer un passage \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte,\npar exemple.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un bref r\u00e9sum\u00e9 <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Sango est la 3<\/em><sup><em>\u00e8me<\/em><\/sup><em> orisha \u00e0 r\u00e9gner sur le royaume d\u2019Oyo, o\u00f9 il est aim\u00e9 et admir\u00e9 pour y avoir apport\u00e9 la prosp\u00e9rit\u00e9. Agac\u00e9 par le bellicisme de deux de ses g\u00e9n\u00e9raux Timi et Gbonka, Sango envoie ces deux derniers au front dans le but de s\u2019en d\u00e9barrasser, mais Timi et Gbonka survivent \u00e0 la guerre. Sango d\u00e9cide de les faire s\u2019affronter en duel devant ses sujets, Timi est tu\u00e9, mais Gbonka devient alors un h\u00e9ros aux yeux du peuple et des sujets du roi, et devient alors une grande menace pour Sango. Se sentant trahi par son peuple, le roi tombe dans une fr\u00e9n\u00e9sie meurtri\u00e8re qui le pousse \u00e0 assassiner ses sujets avant de se donner la mort. Les fid\u00e8les de Sango reconnaissant sa grandeur apr\u00e8s sa mort ont alors une devise&nbsp;: \u00ab&nbsp;oba koso&nbsp;! \u00bb qui signifie \u00ab&nbsp;le roi ne s\u2019est pas pendu&nbsp;! \u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une pi\u00e8ce politique toujours d\u2019actualit\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La troupe itin\u00e9rante du Duro Ladipo Moving Theatre a ainsi donn\u00e9 de nombreuses repr\u00e9sentations d\u2019<em>Oba Koso<\/em> dans toutes les conditions possibles et imaginables, en ayant toujours \u00e0 s\u2019adapter aux conditions changeantes de la vie sur la route. Leur minibus les a cependant amen\u00e9s aupr\u00e8s des chefs traditionnels les plus puissants de leur r\u00e9gion, dont sont inspir\u00e9s la plupart des personnages de la pi\u00e8ce. En effet, <em>Oba Koso<\/em> est une pi\u00e8ce politique, ne serait ce que parce qu\u2019elle revendique un h\u00e9ritage morcel\u00e9, des chants musel\u00e9s par des ann\u00e9es d\u2019esclavage (qui ont amen\u00e9s les yorubas jusqu\u2019\u00e0 Cuba) et de colonisation, dans le Nig\u00e9ria fra\u00eechement ind\u00e9pendant des ann\u00e9es 1960 \u2013 L\u2019ind\u00e9pendance fut d\u00e9clar\u00e9 en 1960, soit 3 ans avant la sortie de la pi\u00e8ce. Duro Ladipo reconnait ainsi&nbsp; rendre hommage aux r\u00f4les des chefs traditionnels \u00e0 travers ses pi\u00e8ces, apr\u00e8s que leurs pouvoirs ont \u00e9t\u00e9s fortement diminu\u00e9s par l\u2019administration coloniale. <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019engagement des dramaturges est encore plus urgent\nactuellement qu\u2019il y a 50 ans, car le <em>Yoruba\nTraditionnal Theatre<\/em> et ses valeurs f\u00e9d\u00e9ratrices sont aujourd\u2019hui sur le\nd\u00e9clin. La qualit\u00e9 des pi\u00e8ces est de plus en plus in\u00e9gale et la production tr\u00e8s\nfaible \u2013 le nombre de pi\u00e8ces jou\u00e9es de 1985 \u00e0 aujourd\u2019hui est \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9gal \u00e0\nla production annuelle de pi\u00e8ces au milieu des ann\u00e9es 1960 -. La faute en est\naux conjonctures \u00e9conomique et politique de ces derni\u00e8res ann\u00e9es, qui ont\njet\u00e9es un sort funeste sur le th\u00e9\u00e2tre nig\u00e9rian, qui ne f\u00e9d\u00e8re plus le peuple\nyoruba autour du m\u00eame nationalisme culturel qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque, et qui n\u2019est plus\nassez soutenu par les institutions en charge de le diffuser. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/oba-koso-la-cour-de-Sango-1024x562.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-265\" width=\"395\" height=\"217\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/oba-koso-la-cour-de-Sango-1024x562.jpg 1024w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/oba-koso-la-cour-de-Sango-300x165.jpg 300w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/oba-koso-la-cour-de-Sango-768x421.jpg 768w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/oba-koso-la-cour-de-Sango.jpg 1050w\" sizes=\"(max-width: 395px) 85vw, 395px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><strong>En direct<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sur sc\u00e8ne, Oba Koso se vivifie de tous les arts&nbsp;:\ndanses anim\u00e9es, polyrythmie furieuses et organiques viennent se m\u00ealer \u00e0 un\nch\u0153ur clair et puissant dans la plus pure tradition des bat\u00e0s du Nig\u00e9ria ou de\nCuba. La musique semble \u00eatre l\u2019essence de la pi\u00e8ce \u00e0 partir de laquelle le drama\npeut \u00e9maner. Les parties parl\u00e9es \u2013 peu nombreuses \u2013 sont ici vues comme des\nrespirations permettant de raviver l\u2019attention de l\u2019auditoire apr\u00e8s des parties\nmusicales tr\u00e8s denses et effusives. La th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 d\u2019Oba Koso ne s\u2019arr\u00eate\ncependant jamais, car tous les arts pratiqu\u00e9s ne sont jamais s\u00e9par\u00e9s de la\nparole, et sont indissociables les uns des autres.<\/p>\n\n\n\n<p>La dynamique maintenue sur cette version est impressionnante d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre, et, pour r\u00e9utiliser les termes du New York Times en 1975, <em>Oba Koso<\/em> est \u00ab&nbsp;\u00e9lectrifiant unifiant et plein de joie&nbsp;\u00bb&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Pour autant, il ne s\u2019agit pas d\u2019une p\u00e2le copie de la version\noriginelle. On sent que le savoir faire et l\u2019exp\u00e9rience des plus anciens (dont\nles 4 membres originels) a nourri les plus \u00ab&nbsp;jeunes&nbsp;\u00bb, qui par leur\nengagement corporel et vocal donnent vie aux personnages de Duro Ladipo, dont\nla gloire semble venir de na\u00eetre au grand jour. <\/p>\n\n\n\n<p>Sango est ici brillant d\u2019assurance, et livr\u00e9 dans une\nversion plus nerveuse que celle que Duro Ladipo donnait avec tranquillit\u00e9 \u00e0\nl\u2019\u00e9poque. Ses solos sont remarquables de technique et de spontan\u00e9it\u00e9, tout\nautant que ses dialogues, servis par des second r\u00f4les impeccables (Gbonka, par\nexemple, qui est \u00e0 mourrir de rire), qui n\u2019ont rien \u00e0 envier \u00e0 son dynamisme. <\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u00e0 la principale diff\u00e9rence avec la version originelle, car chaque membre du ch\u0153ur a son moment de gloire. En effet, les femmes de Duro Ladipo ont ressorti des archives de ce dernier 5 chants qui n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s en premi\u00e8re version, dans le but de raccourcir la pi\u00e8ce. Ces derniers pr\u00e9sentent les sujets du Roi, leurs inqui\u00e9tudes quand \u00e0 l\u2019instabilit\u00e9 politique dans laquelle ils vivent, qui rappelle fortement celle que le Nig\u00e9ria a travers\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque de sa d\u00e9colonisation et de l\u2019\u00e9criture de la pi\u00e8ce, et qui s\u2019est poursuivi alors que Duro Ladipo n\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 plus de ce monde, confirmant ses pr\u00e9sages.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019y ajoute un chant fantastique, que Timi incarne avant son\ncombat \u00e0 mort contre Gbonka, dans lequel il s\u2019abandonne \u00e0 une r\u00eaverie \u00e9trange,\nqui l\u2019am\u00e8ne \u00e0 un face \u00e0 face d\u00e9lirant avec son inconscient (un effrayant masque dansant, rappelant les\nc\u00e9r\u00e9monies fun\u00e9raires des moss\u00e9s au Burkina Faso).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sc\u00e9nographie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les d\u00e9cors rouges et blanc &#8211; couleur de l\u2019orisha-Sango \u2013 ont\n\u00e9t\u00e9s modernis\u00e9s. Les peintures originelles sont par moments m\u00e9l\u00e9es \u00e0 de\ngigantesques tableaux projet\u00e9s, rappelant les toiles de Keith Harring ou\nd\u2019Alain Basquiat, qui ont \u00e9t\u00e9s r\u00e9alis\u00e9s pour l\u2019occasion par un collectif de\npeintres nig\u00e9rian, ayant travaill\u00e9 en \u00e9troite collaboration avec les peintres\nde la troupe.<\/p>\n\n\n\n<p>A cela s\u2019ajoute un gros travail sur l\u2019\u00e9clairage qui donne une\nseconde peau \u00e0 la pi\u00e8ce. Les combats sont par exemple teint\u00e9s d\u2019un rouge sombre\npost-apocalyptique, qui tranche avec la lumi\u00e8re blanche du palais de Sango, qui\nfinit par s\u2019\u00e9vanouir au fur et \u00e0 mesure de son d\u00e9clin. Certains solos sont\naussi accompagn\u00e9s par leur propres jeux de lumi\u00e8res, soigneusement assortis aux\ntoiles et au d\u00e9cor originel.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La trag\u00e9die du Roi Sango<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Oba Koso<\/em> est tout d\u2019abord une relecture brillante de l\u2019histoire des orishas ch\u00e8res \u00e0 la tradition Yoruba. \u00c0 partir d\u2019une histoire vieille de plus de 500 ans, Duro Ladipo a su aborder des sujets politiques br\u00fblants, comme la perte du pouvoir traditionnel au profit de l\u2019administration coloniale, et le morcellement subi par le peuple yoruba suite \u00e0 la colonisation de son territoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Oba Koso reste cependant une trag\u00e9die, et l\u2019humour de la\npi\u00e8ce reste teint\u00e9 d\u2019ironie et d\u2019humilit\u00e9, mais aussi d\u2019une grande sagesse. Les\nbeaux jours du royaume sont vite rattrap\u00e9s par un drama intense et \u00e9touffant,\ngard\u00e9 sous cape avec une grande ma\u00eetrise jusqu\u2019\u00e0 ce que Sango se retrouve face\n\u00e0 ses d\u00e9mons, rattrap\u00e9 par un orage de doutes et de souffrances. La sc\u00e8ne\nfinale, o\u00f9 il finit par perdre la raison avant de commettre l\u2019irr\u00e9parable est\nabsolument vibrante de col\u00e8re, de sinc\u00e9rit\u00e9 et de d\u00e9sespoir dans sa nouvelle\ninterpr\u00e9tation. On finit donc par pleurer, et apr\u00e8s avoir cru que la trag\u00e9die\npouvait \u00eatre d\u00e9jou\u00e9e par tant d\u2019\u00e9nergie et de bonne humeur, on r\u00e9alise qu\u2019elle\nvivait dans l\u2019ombre de Sango depuis le d\u00e9but.<\/p>\n\n\n\n<p>On ne pourra s\u2019emp\u00eacher de penser \u00e0 \u00ab&nbsp;La trag\u00e9die du\nRoi Christophe&nbsp;\u00bb d\u2019Aim\u00e9 C\u00e9saire, parue \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode, ou m\u00eame les plus\ngrandes volont\u00e9s du monde (celle de Christophe ou de Sango, ne peuvent d\u00e9jouer\nle sort funeste qui avance sur leur royaume). La proximit\u00e9 historique de ces\ndeux pi\u00e8ces n\u2019est pas un hasard, elle co\u00efncide avec un d\u00e9sir d\u2019\u00e9mancipation et\nune rage br\u00fblante \u00e0 l\u2019\u00e8re de la d\u00e9colonisation de l\u2019Afrique Noire, mais aussi \u00e0\nun constat tragique.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Oba Koso<\/em> est donc un v\u00e9ritable cri de ralliement, mais aussi une injonction \u00e0 garder le patrimoine et l\u2019identit\u00e9 des yorubas en vie. La version magistrale donn\u00e9e par la Duro Ladipo Company fait r\u00e9sonner ce cri comme un nouvel imp\u00e9ratif, car le patrimoine culturel du Nig\u00e9ria s\u2019\u00e9chappe \u00e0 toute vitesse \u00e0 mesure que le pays s\u2019industrialise sous l\u2019impulsion des investisseurs \u00e9trangers. Il est aussi un cri d\u2019espoir pour le Yoruba Traditionnal Theatre qui doit continuer \u00e0 faire vivre la tradition.<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#c4c2c2\" class=\"has-background has-medium-font-size\"><strong>3. Pluri-modalit\u00e9s contemporaines<\/strong> : dans la mouvance du Th\u00e9\u00e2tre musical <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-dark-gray-color\">Les \u0153uvres qui suivent ne partent pas d&rsquo;un argument narratif. Les artistes ne cherchent plus la co\u00efncidence et de synergie des diff\u00e9rentes voies artistiques, mais plut\u00f4t une forme de rencontre et d&rsquo;interaction. La situation de cr\u00e9ation et le geste ont une place importante. Pour le spectateur, la perception temporelle en est tr\u00e8s diff\u00e9rente : la coh\u00e9rence ne lui est plus impos\u00e9e, mais il se la constitue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-light-green-cyan-background-color\"><strong><em>Water Walk<\/em> de John Cage (1959), <\/strong>par Ana Pereda (notice)<\/p>\n\n\n\n<p>Water Walk est une composition qui a \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9e en 1959 dans un programme de t\u00e9l\u00e9vision italien Lascia ou Raddoppio (quitte ou double). Le compositeur, John Cage, \u00e9tait musicien, \u00e9crivain, po\u00e8te et artiste plasticien. Ses incursions artistiques transgressent les limites et les classifications, et se r\u00e9inventent \u00e0 chaque interpr\u00e9tation. Son originalit\u00e9 et l\u2019inventivit\u00e9 sont issues d\u2019une r\u00e9flexion personnelle approfondie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le fait d\u2019avoir con\u00e7u l\u2019\u0153uvre pour la t\u00e9l\u00e9vision r\u00e9v\u00e8le l\u2019importance de son aspect visuel. Il existe une relation entre l\u2019id\u00e9e du th\u00e9\u00e2tre et la composition musicale. En effet, les \u00e9l\u00e9ments sonores se d\u00e9clenchent par des actions sc\u00e9niques. M\u00eame dans la partition, il n\u2019y a pas d\u2019indications de param\u00e8tres sonores mais des actions chronom\u00e9tr\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/john-3.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-388\" width=\"301\" height=\"301\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/john-3.jpg 800w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/john-3-150x150.jpg 150w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/john-3-300x300.jpg 300w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/john-3-768x768.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 301px) 85vw, 301px\" \/><figcaption>Extrait de la partition. Pinterest.es <\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Cage utilise dans ce travail 34 \u00e9l\u00e9ments diff\u00e9rents. La plupart des objets sont en relation avec l\u2019eau comme une baignoire, un poisson-jouet, une casserole \u00e0 pression, des gla\u00e7ons \u2013 avec un batteur \u00e9lectrique pour les broyer \u2013 un canard de bain, une bouteille de vin, cinq radios, etc. Mais le compositeur n\u2019utilise qu\u2019un seul instrument conventionnel : un piano \u00e0 queue.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019\u00e9dition de la partition il y a l\u2019indication \u00ab Solo pour interpr\u00e8te de t\u00e9l\u00e9vision \u00bb, et le temps est pr\u00e9sent\u00e9 comme l\u2019\u00e9pine dorsale de l&rsquo;\u0153uvre. Elle est compos\u00e9e de 3 feuilles, dont chaque page est marqu\u00e9e par une ligne temporelle d&rsquo;une minute, chaque page \u00e9tant divis\u00e9e en instants de 5 secondes. Cela permet une grande libert\u00e9 \u00e0 l\u2019interpr\u00e8te, qui doit respecter seulement les temps et l\u2019ordre dans la s\u00e9quence d\u2019actions. N\u00e9anmoins, si l&rsquo;on compare avec la performance enregistr\u00e9e en vid\u00e9o, nous pouvons voir que l\u2019ex\u00e9cution est vraiment minutieuse, laissant tr\u00e8s peu de d\u00e9marche \u00e0 l\u2019improvisation. Parmi les actions figurent par exemple: \u00ab apr\u00e8s l\u2019activation du poisson, mettez-le sur les cordes du piano dans la tessiture medium ou grave de mani\u00e8re que ce soit la queue mobile qui fait vibrer les cordes \u00bb ou \u00ab Arroser les roses avec l\u2019arrosoir&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Si nous divisons l\u2019\u0153uvre en trois sections (A, B et C) \u2013 qui\ncorrespondent \u00e0 chaque page d\u2019une minute \u2013, nous remarquons que le son de la\nvapeur qui s\u2019\u00e9chappe de la casserole \u00e0 pression est un motif r\u00e9current qui\napparait de fa\u00e7on syst\u00e9matique \u00e0 la fin de\nchacune des sections (fonctionnant comme une sorte d\u2019interm\u00e8de entre chacune des parties), &nbsp;ainsi\n\u00e9galement \u00e0 la fin de l\u2019\u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/john-5-941x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-401\" width=\"302\" height=\"328\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/john-5-941x1024.jpg 941w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/john-5-276x300.jpg 276w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/john-5-768x836.jpg 768w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/john-5-1200x1306.jpg 1200w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/john-5.jpg 1470w\" sizes=\"(max-width: 302px) 85vw, 302px\" \/><figcaption>Journeau Italian. Periodico arteria.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Les sons d\u2019origine instrumentale (c\u2019est \u00e0 dire, provenant de\nl\u2019interaction avec les instruments) se produisent avec d\u2019autres de nature\n\u00e9lectrique (appareil tel que le mixeur) et m\u00e9canique (par l\u2019action du pot\nsiphon ou la casserole \u00e0 pression) dans un univers sonore aquatique o\u00f9 l\u2019eau\nest le leitmotiv musical : en liquide, solide (le gla\u00e7on) et gaz (sous forme de\nvapeur d\u2019eau).<\/p>\n\n\n\n<p>Peut-on ainsi d\u00e9duire de cette analyse que <em>Water Walk<\/em> est une \u0153uvre musicale ? Est-elle plut\u00f4t une \u0153uvre\nth\u00e9\u00e2trale ? Comment la classer ? Serait-ce une forme de th\u00e9\u00e2tre musical?\nL\u2019importance de l\u2019image, la dimension exp\u00e9rimentale, la mise en sc\u00e8ne, la\nparticipation du public \u00e0 travers sa r\u00e9action sous la forme de rire&#8230; nous\npermettent d\u2019envisager cette composition avant tout comme une performance.<\/p>\n\n\n\n<p>Car la performance est une forme d\u2019art domin\u00e9e par l\u2019action, men\u00e9e\npar une seule personne ou par\nplusieurs. La performance peut utiliser le th\u00e9\u00e2tre (narratif et non narratif), les arts visuels, la musique exp\u00e9rimentale et\nl\u2019art vid\u00e9o. C\u2019est la pr\u00e9sence et la participation du spectateur qui fait\nna\u00eetre et mourir la composition.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"John Cage &quot;Water walk&quot;\" width=\"840\" height=\"473\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/gXOIkT1-QWY?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption>Video de la performance de 1960 de youtube.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<p class=\"has-background has-light-green-cyan-background-color\"><strong><em>Quatuor pour quatre h\u00e9licopt\u00e8res<\/em> de Stockhausen (1993)<\/strong>, par Caio Bosco D\u2019amore de Avezedo<\/p>\n\n\n\n<p>En 1991, Stockhausen\nre\u00e7oit du festival de Salzburg la commande d\u2019un quatuor \u00e0 cordes, ce qui lui\npose un vrai probl\u00e8me, car il n\u2019a alors jamais fait de compositions pour quatuor\n\u00e0 cordes (qui est, selon lui, un genre du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle). Mais, en\nr\u00eave, Stockhausen \u00e9coute et voit les quatre musiciens en train de jouer dans\nquatre h\u00e9licopt\u00e8res diff\u00e9rents volant dans le ciel, le public au sol dans une\nsalle audio-visuelle, \u00e0 regarder et \u00e9couter chaque colonne d\u2019\u00e9crans et de\nhaut-parleurs assign\u00e9s \u00e0 chaque h\u00e9licopt\u00e8re. Quand le compositeur s\u2019\u00e9veille, il\ncommence \u00e0 \u00e9crire cette pi\u00e8ce, l\u2019int\u00e9grant \u00e0 la 3<sup>e<\/sup> journ\u00e9e de <em>Licht<\/em> (Lumi\u00e8re), un cycle de sept op\u00e9ras\n\u2013 pour chaque jour de la semaine \u2013 et qui dure au total vingt-neuf heures.\nStockhausen avait commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire cette gigantesque fresque en 1977. Il\nprendra le temps de composer <em>Helikopter-Streichquartett<\/em>\nentre 1992 et 1993. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-youtube alignleft wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Karlheinz Stockhausen &quot;Helicopter String Quartet&quot;\" width=\"840\" height=\"630\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/13D1YY_BvWU?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Pour r\u00e9aliser cette pi\u00e8ce complexe, le composeur a utilis\u00e9 : un quatuor \u00e0 cordes, quatre h\u00e9licopt\u00e8res avec pilotes, quatre techniciens de son, quatre transmetteurs de t\u00e9l\u00e9visions, 4 \u00d7 3 transmetteurs de son, un auditorium avec quatre colonnes de t\u00e9l\u00e9vision et quatre colonnes de haut-parleurs, un projectionniste du son avec une table de mixage. <\/p>\n\n\n\n<p>La performance commence par l\u2019entr\u00e9e, en direction du podium en face du public, des quatre musiciens munis de leurs archets : le violoncelliste, l&rsquo;altiste, le deuxi\u00e8me et enfin le premier violoniste. Chaque musicien se pr\u00e9sente \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;\u00e9cran et du haut-parleur qui vont respectivement projeter son image et diffuser son interpr\u00e9tation musicale. Les cam\u00e9ras suivent les musiciens \u00e0 chaque moment : la pr\u00e9sentation au public, leur arriv\u00e9e sur le podium, la rentr\u00e9e de chaque musicien dans l\u2019h\u00e9licopt\u00e8re respectif, o\u00f9 si\u00e8ge d\u00e9j\u00e0 l\u2019instrument et \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur duquel l\u2019instrumentiste prend place. D\u00e9sormais, la cam\u00e9ra peut aussi filmer le paysage&nbsp; entre les fen\u00eatres en verre des h\u00e9licopt\u00e8res. Dans un premier temps, les turbines s\u2019allument et quand les h\u00e9lices commencent \u00e0 tourner, les musiciens commencent \u00e0 jouer la premi\u00e8re page de la partition qui s\u2019appelle \u201cAufstieg\u201d (Ascension). Jusqu\u2019ici, il n\u2019y a pas encore de synchronisation. \u00ab&nbsp;Ascension&nbsp;\u00bb dure \u00e0 peu pr\u00e8s trois minutes, jusqu\u2019au moment o\u00f9 les pilotes attendent l\u2019altitude d\u00e9sir\u00e9e. La pr\u00e9sence d\u2019au moins trois microphones dans chaque h\u00e9licopt\u00e8re permet une captation fusionn\u00e9e des sons de l\u2019instrument avec les sons des h\u00e9lices et de l\u2019engin. Les douze signaux des microphones sont transmis individuellement sur diff\u00e9rentes pistes sonores \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une table de mixage. De leur c\u00f4t\u00e9, les musiciens sont synchronis\u00e9s par la diffusion d&rsquo;une pulsation de m\u00e9tronome dans leur corps. Puis les musiciens commence \u00e0 faire des tremolo et des glissando. \u00c0, pr\u00e9cis\u00e9ment, 21\u201937.8\u2019\u2019, les musiciens donnent aux pilotes la consigne de descendre (\u00ab&nbsp;Abstieg&nbsp;\u00bb) et ils continuent \u00e0 jouer jusqu\u2019\u00e0 ce que les h\u00e9licopt\u00e8res arrivent au sol et les moteurs s\u2019\u00e9teignent. Suivis par les cam\u00e9ras, les musiciens rentrent alors l\u2019un apr\u00e8s dans l\u2019auditorium, se positionnant eux-m\u00eames sur le podium accompagn\u00e9s des pilotes. Le projecteur du son \/ mod\u00e9rateur pr\u00e9sente les pilotes et entame une conversation avec chaque musicien, avec les pilotes et finalement avec le public. <\/p>\n\n\n\n<p>Il est tr\u00e8s int\u00e9ressant,\ncomme suppl\u00e9ment informationnel et comme document historique, de voir le\ndocumentaire disponible sur DVD <em>Helicopter\nString Quartet<\/em> (dirig\u00e9 par le r\u00e9alisateur hollandais Frank Scheffer, 1996)&nbsp; qui montre la pr\u00e9paration logistique et les\nr\u00e9p\u00e9titions pour la premi\u00e8re performance mondiale en 1995, interpr\u00e9t\u00e9e par le\nquatuor anglais Arditti et dirig\u00e9e par Stockhausen lui-m\u00eame \u00e0 la table de\nmixage. Les h\u00e9licopt\u00e8res proviennent de la force a\u00e9rienne hollandaise royale.\nDans le film on voit Stockhausen, jovial, v\u00eatu d\u2019un pantalon \u00e0 bretelles rouges\net d\u2019une chemise \u00e0 volants, qui, \u00e0 plus de 65 ans, dirige les musiciens pendant\nles r\u00e9p\u00e9titions avec une grande ma\u00eetrise et un enthousiasme intarissable. Il\nraconte \u00e0 la fois le r\u00eave qui l\u2019a amen\u00e9 \u00e0 composer cette pi\u00e8ce (il volait\nau-dessus des montagnes) mais aussi &nbsp;certains\nd\u00e9tails de son processus de cr\u00e9ation. Le documentaire nous montre un petit\naper\u00e7u de ce compositeur ego maniaque, g\u00e9nial et encore tellement\navant-gardiste.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-light-green-cyan-background-color\"><strong><em>Avis de Temp\u00eate<\/em> d\u2019Aperghis, <\/strong>par Armelle Vautrin et Marie-No\u00eblle Dupuy<\/p>\n\n\n\n<p>Le travail du compositeur grec Georges Aperghis s&rsquo;inscrit dans la\nmouvance du th\u00e9\u00e2tre musical qui rejette l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;art total telle que Wagner\nl&rsquo;envisageait. Ici les diff\u00e9rents domaines sensoriels se rencontrent mais ne\nfusionnent pas. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans son \u0153uvre <em>Avis de temp\u00eate<\/em>, Aperghis privil\u00e9gie le fragment et pr\u00e9tend ne pas avoir de vision d&rsquo;ensemble, comme souhaitant que chaque spectateur \u00e0 partir de sa propre vie trouve la coh\u00e9rence \u00e0 tous ces fragments, qu\u2019il s\u2019agisse de fragments visuels g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par le d\u00e9cor (r\u00e9els ou virtuels), ou de fragments sonores avec musique bruitiste et dialogues. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/AvisDeTempete-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-451\" width=\"437\" height=\"291\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/AvisDeTempete-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/AvisDeTempete-300x200.jpg 300w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/AvisDeTempete-768x512.jpg 768w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/AvisDeTempete-1200x800.jpg 1200w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/AvisDeTempete.jpg 1800w\" sizes=\"(max-width: 437px) 85vw, 437px\" \/><figcaption>Avis de Temp\u00eate, d&rsquo;Aperghis<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Des \u00e9l\u00e9ments mat\u00e9riels et virtuels se juxtaposent, les\nacteurs\/chanteurs apparaissant soit sur sc\u00e8ne soit par le biais d&rsquo;\u00e9crans. Ils\nn&rsquo;incarnent pas des personnages, ils disent leur texte sans intention\nparticuli\u00e8re, en se focalisant sur l&rsquo;action que leur demande le compositeur\n(tourner sur soi-m\u00eame, monter \u00e0 l\u2019\u00e9chelle\u2026). Ici l\u2019intensit\u00e9 de l\u2019action g\u00e9n\u00e8re\nune intonation et des sonorit\u00e9s qui pr\u00e9valent sur le sens des mots, tout comme\ndans <em>Jactations<\/em>, une \u0153uvre pour voix\nseule compos\u00e9e pour Lionel Peintre, uniquement \u00e0 base de sons et d\u2019onomatop\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>La temp\u00eate chamboule les lois \u00e9tablies, fait table rase pour permettre\nm\u00e9taphoriquement la construction d\u2019un langage nouveau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-light-green-cyan-background-color\"><strong><em> Stifters Dinge <\/em>d&rsquo;Heiner Goebbels, <\/strong>par Ana Pereda et Emiliano Germain<\/p>\n\n\n\n<p><em>Stifters Dinge <\/em>est une \u0153uvre d\u2019art de Heiner Goebbels (n\u00e9 en 1952) enti\u00e8rement m\u00e9canis\u00e9e, sans interpr\u00e8tes. Sur sc\u00e8ne on aper\u00e7oit une installation quasi sculpturale faite de deux pianos droits MIDI, trois pianos d\u00e9soss\u00e9s et motoris\u00e9s, trois ponts roulants, un bassin, et un arbre dess\u00e9ch\u00e9. L\u2019\u0153uvre s\u2019inscrit dans le Th\u00e9\u00e2tre Musical, mouvance des ann\u00e9es 1950 en r\u00e9action \u00e0 l\u2019\u0152uvre d\u2019Art Totale (<em>Gesamtkunstwerk<\/em>) de Richard Wagner qui pr\u00f4nait une fusion des m\u00e9diums artistiques et des sensorialit\u00e9s. Goebbels, lui, propose une \u0153uvre fragment\u00e9e, d\u00e9pourvue \u00e0 priori de signification imm\u00e9diate, de narration donc de temporalit\u00e9 lin\u00e9aire, et de lien entre les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments perceptibles sur sc\u00e8ne. Les fragments sont juxtapos\u00e9s mais non unifi\u00e9s&nbsp;: c\u2019est au spectateur de les assembler et d\u2019y insuffler un sens.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/stifters-01-by-mario-del-curto-1024x692.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-454\" width=\"439\" height=\"296\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/stifters-01-by-mario-del-curto-1024x692.jpg 1024w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/stifters-01-by-mario-del-curto-300x203.jpg 300w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/stifters-01-by-mario-del-curto-768x519.jpg 768w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/stifters-01-by-mario-del-curto.jpg 1181w\" sizes=\"(max-width: 439px) 85vw, 439px\" \/><figcaption>Stifters Dinge, de Goebbels<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Dans cette \u0153uvre\nlongue de soixante-quinze minutes, des \u00e9l\u00e9ments sonores aussi divers que le <em>Concerto italien<\/em> de J-S Bach, une\ninterview de Claude Levi-Strauss\npar Jacques Chancel, des bruitages, des sons aquatiques, ou des sons des pianos\npr\u00e9par\u00e9s install\u00e9s sur sc\u00e8ne se m\u00e9langent \u00e0 des \u00e9l\u00e9ments lumineux, plastiques,\npicturaux, parfois quasi tactiles, sans relations manifestes les uns avec les\nautres.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#c4c2c2\" class=\"has-background\"><strong>4. Pluri-modalit\u00e9s contemporaines<\/strong> <strong>: nouveaux genres populaires<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-light-green-cyan-background-color\"><strong><em>Fills Monkey<\/em><\/strong>, par Maxime Hivert (notice)<\/p>\n\n\n\n<p>Les Fills Monkey, c\u2019est un spectacle de batterie et d\u2019humour. Ce\nm\u00e9lange permet au duo de cr\u00e9er un spectacle original qui fait un gros succ\u00e8s\npartout dans le monde. La barri\u00e8re de la langue ? Et non, les Fills Monkey ne\nparlent pas, leur humour s\u2019inspire du cin\u00e9ma muet (ou presque) et burlesque.\nLes gaffes peuvent faire penser aux innombrables cocasseries d\u2019un certain\nBuster Keaton. Ou encore leur extravagance loufoque peut nous rappeler le\nl\u00e9gendaire Charlie Chaplin. Ce duo si compl\u00e9mentaire alterne entre\nchamailleries absurdes et collaboration inutiles. Laurel et Hardy se\nseraient-ils transform\u00e9s en batteur fou ?<\/p>\n\n\n\n<p>Car nos deux comp\u00e8res sont avant tout batteurs ! Avant de monter\nce spectacle, ils \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 de fins techniciens. Leur exp\u00e9rience en\nt\u00e9moigne. Tout d\u2019abord, il y a S\u00e9bastien Rambaud, batteur depuis tout petit,qui\ntire ses influences de tous styles \u2013 en t\u00e9moigne son groupe JPMZ qui oscille\nentre rock industriel, rythmiques tribales et Dub, avec \u00e0 leur actif pas moins\nde 500 concerts dans le monde. Son co-\u00e9quipier, Yann Coste, a quant \u00e0 lui\ncommenc\u00e9 la batterie \u00e0 11 ans, \u00e0 la prestigieuse \u00e9cole Agostini r\u00e9put\u00e9e pour la\nrigueur de leur formation. Il se frotte \u00e0 tous les styles, du hip-hop en\npassant par le m\u00e9tal, le rock, les musiques \u00e9lectroniques etc&#8230; Il est\nd\u2019ailleurs le fondateur du groupe DOPPLeR, groupe exp\u00e9rimental. En 2005, les\ndeux comp\u00e8res se rencontrent \u00e0 une d\u00e9monstration de batterie pour une marque de\ncymbales. D\u00e8s lors naissent une amiti\u00e9 et une envie de repousser les limites de\nla batterie. D\u2019o\u00f9 leur id\u00e9e de cr\u00e9er les Fills Monkey.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s un premier spectacle couronn\u00e9 de succ\u00e8s nomm\u00e9 \u00ab&nbsp;Incredible Drum Show&nbsp;\u00bb, ils produisent maintenant leur deuxi\u00e8me, \u00ab&nbsp;&nbsp;We Will Drum&nbsp;You \u00bb. Nos deux amis ont vu ici leur show en plus grand : leur kit de batterie double de volume, et ils utilisent beaucoup plus de percussions. Nous les voyons avec des costumes loufoques tels leurs tenues constitu\u00e9es d\u2019origlams qui les transforment en homme-orchestre.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019humour devient de plus en plus pr\u00e9sent dans ce spectacle. Pour\nnotre plus grand plaisir car cela rend le show plus accessible et plus\nfamilial. Vous n\u2019y connaissez rien en batterie&nbsp;? Pas de panique, vous\nrigolerez&nbsp;! Il y a nombre d\u2019id\u00e9es originales qui vous feront rire :\ncomment se servir d\u2019une batterie avec des raquettes de tennis, des baguettes\ng\u00e9antes, une perceuse, un batteur \u00e9lectrique, ou encore des boomwackers ? Nos\ndeux comp\u00e8res r\u00e9pondront \u00e0 toutes ces questions. Tout ceci saupoudr\u00e9 d\u2019une mise\nen sc\u00e8ne l\u00e9ch\u00e9e ainsi que d\u2019un show de lumi\u00e8res digne de concert de techno.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Fills_Monkey.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-455\" width=\"569\" height=\"356\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Fills_Monkey.jpg 1000w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Fills_Monkey-300x188.jpg 300w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Fills_Monkey-768x480.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 569px) 85vw, 569px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Niveau musical, le duo est toujours au top. On sent leur exp\u00e9rience et leur technique. Derri\u00e8re leur instrument ils sont \u00e0 l\u2019aise et cela leur permet de s&rsquo;en d\u00e9tacher compl\u00e8tement et de jouer \u00e0 merveille leur personnage. Leur musique, ce ne sont pas que percussions percussives et d\u00e9monstration technique ! C\u2019est avant tout des m\u00e9lodies rythmiques impeccablement pr\u00e9cises. Que se soit avec des objets loufoques ou autres, c\u2019est d&rsquo;abord la musicalit\u00e9 qui est mise en valeur plut\u00f4t que la d\u00e9monstration. Mais cela, on le voyait d\u00e9j\u00e0 dans l\u2019ancien spectacle. En revanche, ce qu\u2019on remarque, c\u2019est que pour le second show, la musique prend une tournure un peu plus \u00e9lectronique. Cela est d\u00fb \u00e0 la pr\u00e9sence de nouveaux instruments (avec, par exemple, des pads \u00e9lectroniques, des synth\u00e9tiseurs et des samples) et de boucles r\u00e9p\u00e9titives. Cela correspond tout \u00e0 fait \u00e0 l\u2019esth\u00e9tisme des jeux de lumi\u00e8re. En plus de rire et d\u2019appr\u00e9cier le show, vous aurez envie de danser.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors \u00e0 qui plaira ce spectacle ? \u00c0 tout le monde, connaisseurs\net n\u00e9ophytes, petits et grands. Car \u00ab&nbsp;We Will Drum You&nbsp;\u00bb vous fera\nrire, vous impressionnera et vous donnera envie de bouger Et tout cela avec une\nbatterie. Les Fills Monkey subliment tout simplement ce si bel instrument.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-light-green-cyan-background-color\"><strong><em>BPM, <\/em>concert jongl\u00e9 (2018), par la compagnie POC, <\/strong>par Sil\u00e8ne Sautreau (notice)<\/p>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<p style=\"text-align:right\">Par la compagnie POC<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/photo11-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-399\" width=\"277\" height=\"277\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/photo11-1.jpg 470w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/photo11-1-150x150.jpg 150w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/photo11-1-300x300.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 277px) 85vw, 277px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019est depuis l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re que la Compagnie POC nous pr\u00e9sente sa toute derni\u00e8re et nouvelle version de <em>BPM<\/em>, concert jongl\u00e9. Suite \u00e0 l\u2019enthousiasme du public en 2015, quatre ann\u00e9es apr\u00e8s la cr\u00e9ation de la compagnie, les artistes jongleurs et body-percussionnistes Fr\u00e9d\u00e9ric P\u00e9rant et Mikis Papazof ainsi que le multi-instrumentiste Guillaume Lancou ont d\u00e9cid\u00e9 en 2018 de faire une nouvelle \u00e9criture de ce spectacle de rue avec une recherche esth\u00e9tique diff\u00e9rente. Ils m\u00ealent alors le milieu de l\u2019art de la magie et de la jonglerie \u2013 dont &nbsp;les deux jongleurs et body percussionnistes sont issus \u2013 avec la musique, afin de cr\u00e9er un nouveau rapport \u00e0 leur art premier qu\u2019est la jonglerie, pour le public et pour eux-m\u00eames. Dans cette nouvelle version de <em>BPM<\/em>, une interaction se cr\u00e9e entre les trois artistes, les arts se voient fusionn\u00e9s gr\u00e2ce aux gestes artistiques des corps musiciens, des bras lanceurs de balles et des mains anim\u00e9es par le rythme, la musicalit\u00e9, la pr\u00e9cision et la cr\u00e9ation. <br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-youtube alignleft wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"12e RDJ CAPSULE BPM \/ Cie Poc\" width=\"840\" height=\"473\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/nnOILyvGB5Q?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/strong>Le nom de ce spectacle, <em>BPM<\/em>, fait r\u00e9f\u00e9rence au Nombre de Battements par Minute, utilis\u00e9 en musique pour exprimer son tempo. Les jongleurs sont donc synchronis\u00e9s avec ce dernier, en faisant rebondir leurs balles sur diff\u00e9rentes surfaces rebondissantes et sonorisantes&nbsp;(une plaque, le sol) et en s\u2019accompagnant du son de leur propre corps entre deux lanc\u00e9s maitris\u00e9s. Le musicien multi-instrumentiste les suit volontiers pour rajouter sa musicalit\u00e9 et ses esth\u00e9tiques \u00e0 ce spectacle rythm\u00e9 et m\u00eame chor\u00e9graphique, par le mouvement des mains, des corps, des balles, des sons, des yeux des spectateurs captiv\u00e9s par ce festival de sons et de mouvement.<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs spectacles se sont succ\u00e9d\u00e9 avant que <em>BPM<\/em> soit cr\u00e9\u00e9, montrant l\u2019\u00e9volution de la pens\u00e9e et de la recherche des artistes dans cette id\u00e9e de placer le jongleur en tant que musicien et de montrer la compl\u00e9mentarit\u00e9 des arts. D\u00e9sormais, \u00ab&nbsp;La musique se regarde et le mouvement s\u2019\u00e9coute&nbsp;\u00bb&nbsp;: cette id\u00e9e illustre parfaitement l\u2019id\u00e9e centrale de la r\u00e9flexion de la compagnie POC. La performance artistique s\u2019observe et s\u2019\u00e9coute alors d\u2019une nouvelle mani\u00e8re. Nos sens sont \u00e0 l\u2019affut de nouveaux gestes musicaux, entra\u00eenant des nouvelles sonorit\u00e9s, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019utilisation d\u2019objets rendus sonores et vivants par la cr\u00e9ation et la recherche d\u2019une esth\u00e9tique particuli\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-vimeo wp-block-embed is-type-video is-provider-vimeo wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Alors c&#039;est quoi BPM ? (Episode 1 - 1er Crash test)\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/266460552?dnt=1&#038;app_id=122963\" width=\"840\" height=\"473\" frameborder=\"0\" allow=\"autoplay; fullscreen\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ainsi&nbsp;<em>BPM<\/em> est une occasion d\u2019ouvrir son esprit sur les possibilit\u00e9s artistiques et la nature de simples objets. Les rebondissements et silences des lanc\u00e9s de balles deviennent sons acoustiques et \u00e9lectroniques vari\u00e9s, et le m\u00e9lange ma\u00eetris\u00e9 de toutes ses disciplines ne peut qu\u2019impressionner, provoquer rires et r\u00e9flexions sur notre rapport \u00e0 l\u2019art et au monde qui nous entoure, amener \u00e0 \u00e9largir notre champ des perceptions.<\/p>\n\n\n\n<p>Compagnie POC, BPM, concert jongl\u00e9 : <a href=\"http:\/\/compagniepoc.com\/spectacles\/bpm\/\">http:\/\/compagniepoc.com\/spectacles\/bpm\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#d9f1d1;text-align:right\" class=\"has-background\"><strong><em><a href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Interview-Benjamin-relu-MJ.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Le Krump, danse et musique, entretien de Quentin, par Benjamin Tilmont (pdf) (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Le Krump, danse et musique<\/a><\/em><a href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Interview-Benjamin-relu-MJ.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Le Krump, danse et musique, entretien de Quentin, par Benjamin Tilmont (pdf) (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">, entretien de Quentin, <\/a><\/strong><a href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Interview-Benjamin-relu-MJ.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Le Krump, danse et musique, entretien de Quentin, par Benjamin Tilmont (pdf) (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">par Benjamin Tilmont (pdf)<\/a><\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#d9f1d1;text-align:right\" class=\"has-background\"><a href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Entretien-Ana-relu-MJ-1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\" Po\u00e9sie, musique et peinture sur sc\u00e8ne, interview de Pablo Wilson par Ana Pereda (pdf) (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\"> <\/a><strong><a href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Entretien-Ana-relu-MJ-1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\" Po\u00e9sie, musique et peinture sur sc\u00e8ne, interview de Pablo Wilson par Ana Pereda (pdf) (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Po\u00e9sie, musique et peinture sur sc\u00e8ne, interview de Pablo Wilson<\/a><\/strong><a href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Entretien-Ana-relu-MJ-1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\" Po\u00e9sie, musique et peinture sur sc\u00e8ne, interview de Pablo Wilson par Ana Pereda (pdf) (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\"> par Ana Pereda (pdf)<\/a><\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#c4c2c2\" class=\"has-background\"><strong>5. Pluri-modalit\u00e9s contemporaines<\/strong> <strong>: l&rsquo;importance accord\u00e9e au geste et au corps<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis la seconde moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle, de nombreux artistes se sont pench\u00e9s sur le lien entre son et corporalit\u00e9, dans une volont\u00e9 de croiser les modes d\u2019expression au service de l\u2019intentionnalit\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-light-green-cyan-background-color\"><strong><em>Light Music<\/em> (2004) de Thierry de Mey, <\/strong>par Phoeb\u00e9 Constant<\/p>\n\n\n\n<p>Pi\u00e8ce musicale pour un chef solo, projections et dispositif\ninteractif.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette \u0153uvre de Thierry de Mey ne s\u2019inscrit pas dans une\ntechnique, un style, un courant artistique. Son auteur et interpr\u00e8te explore un\nnouvel univers sc\u00e9nique \u00e0 voir, \u00e0 \u00e9couter, \u00e0 ressentir. Cette \u0153uvre\nmultimodale, de par son caract\u00e8re pluridisciplinaire, oscille entre le silence\net la musique, l\u2019immobile et le mouvement, le son et la lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Light music <\/em>est le\nnouveau volet d\u2019une s\u00e9rie de pi\u00e8ces du m\u00eame auteur&nbsp;: <em>Hands <\/em>(1983), <em>Musique de\ntables <\/em>(1987), <em>Unknowness <\/em>(1996),\n<em>Silence must be&nbsp;! <\/em>(2002) qui se\nrejoignent dans la volont\u00e9 de questionner le lien entre corps, son et lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Coproduction de deux centres nationaux de cr\u00e9ation musicale&nbsp;(le Grame de Lyon et le GMEM de Marseille), ce spectacle a vu le jour dans le cadre de la Biennale Musiques en Sc\u00e8ne \u00e0 Lyon.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Light_Music-782x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-457\" width=\"241\" height=\"315\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Light_Music-782x1024.jpg 782w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Light_Music-229x300.jpg 229w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Light_Music-768x1006.jpg 768w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Light_Music.jpg 960w\" sizes=\"(max-width: 241px) 85vw, 241px\" \/><figcaption>Light Music de Thierry de Mey<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Sur sc\u00e8ne, un seul artiste aux multiples facettes&nbsp;:\nmusicien du geste ou chor\u00e9graphe du son, Thierry de Mey adopte un r\u00f4le de chef\nd\u2019orchestre, ou pour reprendre ses mots de \u00ab&nbsp;chef solo&nbsp;\u00bb. Equip\u00e9 des\nnouvelles technologies de \u00ab&nbsp;captation de mouvement&nbsp;\u00bb, de ses mains il\nd\u00e9clenche le son, le transforme, le manipule, le dirige ou le laisse vivre.\nAssist\u00e9 de pr\u00e8s par un R\u00e9alisateur d\u2019Informatique Musicale (RIM), la fusion du\ngeste et du son se fait sans ruptures, dans une harmonie singuli\u00e8re entre\ntechnologie et art vivant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-light-green-cyan-background-color\"><strong><em>Kameny <\/em>(2013) d\u2019Ondrej Adamek, <\/strong>par Soraya Puechavi, Alexia Douheret et Teddy Merchadier<\/p>\n\n\n\n<p>Ondrej Adamek est un compositeur tch\u00e8que n\u00e9 \u00e0\nPrague en 1979. Adolescent, il s\u2019essaie \u00e0 plusieurs instruments tels que\nl\u2019orgue, les tablas ainsi que diverses fl\u00fbtes. Apr\u00e8s avoir fait des \u00e9tudes de\ncomposition au CNSM de Paris, il fait un stage \u00e0 l\u2019IRCAM puis compl\u00e8te son\nparcours avec une formation de chef d\u2019orchestre.<\/p>\n\n\n\n<p>Fascin\u00e9 par les autres cultures, ses r\u00e9sidences lui ont permis de voyager \u00e0 travers le monde. Il s\u00e9journe au Japon o\u00f9 il s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019art du th\u00e9\u00e2tre N\u00f4, \u00e0 la casa Vel\u00e1zquez de Madrid en Espagne ainsi qu\u2019\u00e0 la Villa M\u00e9dicis en Italie. Il r\u00e9alise un long s\u00e9jour en Inde o\u00f9 il s\u2019initie \u00e0 diff\u00e9rents rituels bouddhistes qui influenceront son \u0153uvre. Il vit aujourd\u2019hui \u00e0 Berlin. \u00c0 la recherche perp\u00e9tuelle de nouvelles sonorit\u00e9s, il se nourrit de ses diff\u00e9rentes exp\u00e9riences et fabriquera notamment un instrument polymorphe appel\u00e9 \u00ab&nbsp;Air Machine&nbsp;\u00bb (qui envoie de l\u2019air dans diff\u00e9rents objets amovibles). La gestuelle a une place particuli\u00e8re dans son \u0153uvre&nbsp;: le mouvement accompagne la musique et fait partie int\u00e9grante de l\u2019interpr\u00e9tation. Il compose de nombreuses pi\u00e8ces dont <em>Karakuri<\/em> (2011) inspir\u00e9 des poup\u00e9es japonaises, <em>Kameny<\/em> (2013) inspir\u00e9 de l\u2019histoire d\u2019une femme kurde lapid\u00e9e. Il \u00e9crit son premier op\u00e9ra <em>Seven stones<\/em> en 2018. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/kameny-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-477\" width=\"369\" height=\"208\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/kameny-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/kameny-300x169.jpg 300w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/kameny-768x432.jpg 768w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/kameny-1200x675.jpg 1200w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/kameny.jpg 1280w\" sizes=\"(max-width: 369px) 85vw, 369px\" \/><figcaption>Kameny, d&rsquo;Ondrej Adamek<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><em>Kameny<\/em>, oeuvre \u00e9crite pour 24 voix et instruments, a \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9e par l\u2019orchestre intercontemporain, sous la direction de George Benjamin. Inspir\u00e9 de l\u2019\u0153uvre d\u2019un po\u00e8te islandais, racontant l\u2019histoire d\u2019une jeune fille kurde lapid\u00e9e pour avoir aim\u00e9 un homme d\u2019une autre religion qu\u2019elle, le compositeur diss\u00e9mine dans sa cr\u00e9ation des d\u00e9tails sonores ou visuels renvoyant \u00e0 cet \u00e9crit. En effet, d\u00e8s le d\u00e9but du concert, le chef d\u2019orchestre distribue aux chanteurs des pierres (faisant donc r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la lapidation). Ces pierres sont \u00e0 la fois outils de mise en sc\u00e8ne visuelle, mais aussi instruments percussifs suivant \u00e0 la lettre une partition, ou encore accessoires accompagnant une gestuelle&nbsp;: les chanteurs miment par exemple l\u2019action de lancer la pierre en direction du public. La voix des choristes prend ici une tournure tout autre que celle d\u2019un concert \u00abconventionnel&nbsp;\u00bb&nbsp;: sons inexploit\u00e9s dans le chant dit \u00ab&nbsp;classique&nbsp;\u00bb, couleur de voix singuli\u00e8re qui vient habiller la sc\u00e8ne d\u2019une nouvelle image sonore. Au sein de cette \u0153uvre, les instruments, la voix, la gestuelle se succ\u00e8dent ou se superposent. Ce choix de rajouter du geste \u00e0 la musique permet au chanteur de renforcer le son et permet au public parall\u00e8lement d\u2019appr\u00e9hender la pi\u00e8ce musicale de mani\u00e8re \u00e9galement visuelle. Le sens ne peut en \u00eatre que raffermi.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin,\non peut constater que cette rigueur dans la construction soign\u00e9e du morceau,\ncette mani\u00e8re d\u2019avoir pens\u00e9 sa mise en sc\u00e8ne minutieusement se retrouve jusque\ndans le d\u00e9tail du positionnement des musiciens sur sc\u00e8ne. Le chef d\u2019orchestre\nau centre, les instrumentistes r\u00e9partis \u00e9quitablement sur les c\u00f4t\u00e9s, et les\nchanteurs en fond de sc\u00e8ne, face au public. Cette disposition am\u00e8ne une\nsym\u00e9trie \u00e9tonnante qui vient influer sur notre perception de l\u2019\u0153uvre musicale. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#0071a1\" class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color\"><strong><em><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Vibrations d'Afrique, concert dessin\u00e9, par Marie Liotard (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Dossier-Liotard-Marie-Final-r\u00e9duit-.pdf\" target=\"_blank\">Vibrations d&rsquo;Afrique<\/a><\/em><\/strong><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Vibrations d'Afrique, concert dessin\u00e9, par Marie Liotard (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Dossier-Liotard-Marie-Final-r\u00e9duit-.pdf\" target=\"_blank\"><strong>, concert dessin\u00e9,<\/strong> par Marie Liotard<\/a> (dossier pdf)<\/p>\n\n\n\n<p>Ruben\nPellejero et Julia Sarr r\u00e9unissent musique et peinture, afro-jazz et\naquarelles, Barcelone et S\u00e9n\u00e9gal dans un spectacle in\u00e9dit\u2026 <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright\"><img loading=\"lazy\" width=\"307\" height=\"246\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/15-Extrait-concert.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-288\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/15-Extrait-concert.jpg 307w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/15-Extrait-concert-300x240.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 307px) 85vw, 307px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Julia\nSarr au chant, accompagn\u00e9e de Fred Soul au piano et au Fender rhodes\n(mini-piano \u00e9lectrique), ainsi que de St\u00e9phane Edouard aux percussions, propose\nun concert qu\u2019on pourrait qualifier de Jazz vocal africain, chant\u00e9 en wolof o\u00f9\nles musiciens laissent une place importante \u00e0 l\u2019improvisation.&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>Un\ngrand \u00e9cran en fond de sc\u00e8ne projette au m\u00eame moment les aquarelles de Ruben\nPellejero, dessinateur des 2 derniers tomes de Corto Malt\u00e8se apr\u00e8s Hugo Pratt. <\/p>\n\n\n\n<p>Musique\net image se m\u00ealent entre tempo, intensit\u00e9, rencontre, puissance, apaisement&nbsp;;\nun duo o\u00f9 il semblerait que l\u2019un ne peut fonctionner sans l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#c4c2c2\" class=\"has-background\"><strong>6. Pluri-modalit\u00e9s contemporaines<\/strong> <strong>: \u0153uvres avec vid\u00e9o ou \u0153uvres-vid\u00e9o<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-very-light-gray-background-color\"><strong>Un pionnier de l&rsquo;usage exp\u00e9rimental de la t\u00e9l\u00e9vision : Naim June Paik,<\/strong> par Emiliano Germain (compte-rendu d&rsquo;une installation au MAC)<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright\"><img loading=\"lazy\" width=\"245\" height=\"360\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/bild.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-437\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/bild.jpg 245w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/bild-204x300.jpg 204w\" sizes=\"(max-width: 245px) 85vw, 245px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Artiste sud-cor\u00e9en n\u00e9 en 1932, Nam June Paik exp\u00e9rimente beaucoup avec les nouvelles technologies des ann\u00e9es 1960 jusqu\u2019aux ann\u00e9es 1990, d\u00e9tournant des objets, cr\u00e9ant des robots, employant diff\u00e9rents m\u00e9dias au service d\u2019un art novateur et moderne.<br> Les oeuvres pr\u00e9sent\u00e9es au MAC Lyon sont issues d\u2019une s\u00e9rie d\u2019exp\u00e9riences men\u00e9es dans les studios de la WDR, la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision ouest-allemande, pr\u00e9sent\u00e9es pour la premi\u00e8re fois en 1963 sous la forme de treize t\u00e9l\u00e9viseurs bricol\u00e9s, ainsi que d\u2019exp\u00e9riences men\u00e9es \u00e0 partir de signaux \u00e9lectroniques dans les t\u00e9l\u00e9viseurs avec l\u2019aide des Bell Labs. Parmi ces exp\u00e9riences expos\u00e9es, ou trouve par exemple un syst\u00e8me par lequel on contr\u00f4le vocalement le signal vid\u00e9o d\u2019une t\u00e9l\u00e9vision, sorte d\u2019oeuvre interactive audiovisuelle. <br> \u00c0 l\u2019heure o\u00f9 l\u2019\u00e9cran est omnipr\u00e9sent dans nos vies, observer ces oeuvres nous plonge dans une \u00e9poque o\u00f9 la t\u00e9l\u00e9vision faisait \u00e0 peine son apparition dans les foyers, o\u00f9 les possibles artistiques de ces nouveaux objets technologiques \u00e9taient encore inexplor\u00e9s. En cela, Nam June Paik \u00e9tait un pionnier, un novateur, qui m\u00ealant habilement exp\u00e9rimentations techniques et art.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-very-light-gray-background-color\"><strong>Exemples d&rsquo;\u0153uvres avec vid\u00e9o, <\/strong>par Marie Mottet, Anne-Lise Rochoux, Oc\u00e9ane Bosco, Aude-Emmanuel Alexis-Alexandre<\/p>\n\n\n\n<p>De plus en\nplus d\u2019\u0153uvres artistiques allient le son et l\u2019image, plus particuli\u00e8rement la\nmusique \u201clive\u201d et la projection vid\u00e9o. Certains artistes y ajoutent parfois des\nsons ou des images pr\u00e9-enregistr\u00e9s, ou encore de la chor\u00e9graphie. Les liens\ncr\u00e9\u00e9s entre ces diff\u00e9rents expressions artistiques peuvent \u00eatre narratifs ou\nillustratifs. Il revient souvent au spectateur d\u2019en juger par lui-m\u00eame. Mais ce\nrapport son\/image est sans cesse questionn\u00e9 selon que ces deux param\u00e8tres\nsemblent fusionn\u00e9s ou ind\u00e9pendants l\u2019un de l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce choix de faire coexister son et image permet de troubler\nla perception du spectateur. En effet, la relation des deux peut \u00eatre soit\nsymbiotique, illustrative, coh\u00e9rente ou bien au contraire, leur lien peut \u00eatre\ndavantage flou, sans aucun fond narratif. Ainsi, suivant les choix artistiques\nr\u00e9alis\u00e9s, la perception du r\u00e9el pourra \u00eatre brouill\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Le son peut \u00eatre produit en direct par un artiste sur sc\u00e8ne comme il peut \u00eatre ajout\u00e9 \u00e0 des sons et bruits pr\u00e9enregistr\u00e9s. On retrouve ce principe de l\u2019utilisation simultan\u00e9e d\u2019\u00e9l\u00e9ments enregistr\u00e9s et de production en direct aussi avec la vid\u00e9o. Ce principe entraine, pour la musique comme pour la vid\u00e9o, l\u2019utilisation de dispositifs \u00e9lectro-acoustiques.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Sighicelli-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-478\" width=\"598\" height=\"335\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Sighicelli-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Sighicelli-300x169.jpg 300w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Sighicelli-768x432.jpg 768w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Sighicelli-1200x675.jpg 1200w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Sighicelli.jpg 1280w\" sizes=\"(max-width: 598px) 85vw, 598px\" \/><figcaption><em><strong>L&rsquo;\u00cele solaire<\/strong><\/em><strong> de Sighicelli<\/strong><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>L&rsquo;exemple de l&rsquo;\u0153uvre <em><strong>L&rsquo;\u00cele solaire<\/strong><\/em><strong> de Sighicelli <\/strong>est particuli\u00e8rement parlant. Gr\u00e2ce \u00e0 la mise en sc\u00e8ne d&rsquo;un rideau fin en front de sc\u00e8ne, parfois le spectateur voit nettement le pianiste, parfois il perd rapidement la perception de ce dernier, noy\u00e9 sous un flot d&rsquo;images plus ou moins en lien avec la musique jou\u00e9e. Ces images sont alors \u00e0 la fois illustr\u00e9es par la musique et illustration de cette derni\u00e8re. Le lien entre les deux arts se fond, se confond et permet de faire perdre au spectateur la clart\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9 pour un moment artistique original.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/transit.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-479\" width=\"253\" height=\"177\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/transit.jpg 610w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/transit-300x211.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 253px) 85vw, 253px\" \/><figcaption>Transit de Michel Van Der Aa<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><em><strong>Transit<\/strong><\/em><strong> de Michel Van Der Aa<\/strong>, est compos\u00e9e d\u2019un film enregistr\u00e9 \u00e0 l\u2019avance et projet\u00e9, tandis que la pianiste accompagne l\u2019image et joue avec les sons de la vid\u00e9o, la combinaison des deux donnant une proportion narrative \u00e0 l\u2019ensemble. <em><strong>Les fant\u00f4mes du temps<\/strong><\/em><strong> de Kaija Saariaho et Jean Baptiste Barri\u00e8re<\/strong> dans laquelle danse, vid\u00e9o et musique se m\u00ealent, est une \u0153uvre dont l\u2019image fait partie int\u00e9grante de la chor\u00e9graphie, tandis que la musique figure comme accompagnement. Les images diffus\u00e9es changent et sont parfois abstraites, se rapprochant plus d\u2019une volont\u00e9 d\u2019illustrer la musique que la chor\u00e9graphie. Dans <em><strong>Noa Noa<\/strong><\/em><strong> et <\/strong><em><strong>Changing Light<\/strong><\/em><strong> de Saariaho<\/strong>, la vid\u00e9o tient \u00e9galement une place importante dans la repr\u00e9sentation puisqu\u2019elle devient un outil de performance, cr\u00e9\u00e9e en direct, en interaction avec les instrumentistes dont l\u2019image est modifi\u00e9e \u00e0 l\u2019aide de logiciels informatiques. Le rapport son et image devient alors compl\u00e9tement fusionnel et cette derni\u00e8re permet de donner une certaine accessibilit\u00e9 \u00e0 la musique.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/saariaho.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-480\" width=\"255\" height=\"204\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/saariaho.jpg 450w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/saariaho-300x240.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 255px) 85vw, 255px\" \/><figcaption>Changing Light de Saariaho<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, gr\u00e2ce au dispositif vid\u00e9o et \u00e0 la mise en sc\u00e8ne, l\u2019\u0153uvre met en avant un jeu entre le r\u00e9el et l\u2019irr\u00e9el en cr\u00e9ant une interaction en direct avec l\u2019instrumentiste. Ce jeu perp\u00e9tuel entre le son et l\u2019image peut inviter l\u2019auditeur \u00e0 suivre la narration pr\u00e9\u00e9tablie par les compositeurs ou l\u2019inciter \u00e0 se cr\u00e9er sa propre histoire. <\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Abstractions, film exp\u00e9rimental, par Oc\u00e9ane Bosco (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Abstractions-\u2013-corrig\u00e9e-r\u00e9duit.pdf\" target=\"_blank\">Abstractions<\/a><\/em><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Abstractions, film exp\u00e9rimental, par Oc\u00e9ane Bosco (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Abstractions-\u2013-corrig\u00e9e-r\u00e9duit.pdf\" target=\"_blank\">, film exp\u00e9rimental<\/a><\/strong><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Abstractions, film exp\u00e9rimental, par Oc\u00e9ane Bosco (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Abstractions-\u2013-corrig\u00e9e-r\u00e9duit.pdf\" target=\"_blank\"> (2018), par Oc\u00e9ane Bosco<\/a> (dossier pdf)<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>En 2018, la musicienne <strong>Kaitlyn Aurelia Smith<\/strong> d\u00e9voile une nouvelle cr\u00e9ation accompagn\u00e9e d\u2019une vid\u00e9o pour l\u2019inauguration de son nouveau label, <em>Touch The Plants<\/em>. Les images, issues de la collection <em>Early Abstractions <\/em>d\u2019<strong>Harry Everett Smith<\/strong>, peintre et vid\u00e9aste am\u00e9ricain, ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es entre 1946 et 1957. <em>Abstractions <\/em>est le fruit d\u2019un m\u00e9lange de l\u2019univers sonore de la synth\u00e9siste renomm\u00e9e, et des formes abstraites et color\u00e9es du pionnier du film exp\u00e9rimental. Durant plus de vingt minutes, les paysages sonores \u00e9lectroniques se dessinent, en fonction des mouvements des tableaux imagin\u00e9s par Harry Everett Smith. Ainsi, plus de soixante ans apr\u00e8s la cr\u00e9ation de la s\u00e9rie <em>Early Abstractions<\/em>, les sons planants et psych\u00e9d\u00e9liques des synth\u00e9tiseurs de Kaitlyn Aur\u00e9lia Smith apportent un regard nouveau et actuel sur les exp\u00e9rimentations filmiques du vid\u00e9aste et donnent naissance \u00e0 une \u0153uvre composite revisit\u00e9e, agr\u00e9ment\u00e9e de sons cr\u00e9es pour ces images anim\u00e9es. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-light-green-cyan-background-color\"><strong>Bill Viola, <\/strong>par Jean-St\u00e9phane Ricol (notice)<\/p>\n\n\n\n<p><em>Going forth by day<\/em>&nbsp; de Bill Viola (2002), cycle de 5 projections\n(36 mn), par Jean-St\u00e9phane Ricol<\/p>\n\n\n\n<p><em>Going forth by day<\/em> est une installation\nde Bill Viola constitu\u00e9e de cinq projections audiovisuelles composant de\nv\u00e9ritables tableaux mouvants. L\u2019artiste y reprend ses th\u00e9matiques favorites\ntelles que les cycles de vie, de mort et de renaissance, l\u2019invitation au r\u00eave\nainsi que la forte pr\u00e9sence des \u00e9l\u00e9ments (eau et feu principalement). <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019installation architecturale, les moyens\nartistiques et techniques utilis\u00e9s, notamment la violence et la po\u00e9sie des\nimages, les ralentis et les boucles sur les vid\u00e9os, le travail et l\u2019importance\ndu son, ainsi que la port\u00e9e m\u00e9taphysique de l\u2019\u0153uvre dans laquelle transparait la\ncomplexit\u00e9 de l\u2019existence humaine, plongent le visiteur dans une immersion\ntotale et quasi mystique au sein de l\u2019\u0153uvre. Le titre m\u00eame de l\u2019installation <em>Going forth by day<\/em> est emprunt\u00e9 au livre\ndes morts de l\u2019ancienne \u00c9gypte, dont la traduction litt\u00e9rale est <em>Le livre pour aboutir au jour<\/em>, et qui\nservait de guide aux d\u00e9funts pour accompagner leur passage dans l\u2019autre monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque vid\u00e9o est projet\u00e9e directement sur les\nmurs de la salle d\u2019exposition enti\u00e8rement d\u00e9di\u00e9e, qui donne l\u2019impression d\u2019une\nfresque murale mouvante. Viola reconnait d\u2019ailleurs dans son travail\nl\u2019influence de la fresque de Giotto dans la Chapelle des Scrovegni de Padoue,\nune \u0153uvre de la Renaissance qui, \u00e0 l\u2019instar de l\u2019installation de Viola occupe\nun espace architectural \u00e0 travers lequel le visiteur peut physiquement passer.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette immersion est renforc\u00e9e par le premier\ntableau, repr\u00e9sentant les flammes d\u2019un feu ind\u00e9finissable, myst\u00e9rieux, presque\noriginel, projet\u00e9 sur la porte de la salle, \u00e0 travers lequel on est oblig\u00e9 de passer\net de se purifier symboliquement, pour acc\u00e9der au reste de l\u2019\u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le deuxi\u00e8me tableau, projet\u00e9 sur le mur\ngauche de la salle, <em>The Path<\/em> (le\nchemin \/ la voie), repr\u00e9sente des personnes marchant dans la for\u00eat, toujours\ndans la m\u00eame direction, seules ou en petits groupes, mais sans jamais se\nparler. Ce tableau est inspir\u00e9 d\u2019une sc\u00e8ne de chasse de Paolo Uccello (<em>Chasse de nuit<\/em>) dans laquelle le gibier\noccupe la position centrale. La symbolique de la mort y est donc fortement\npr\u00e9sente. L\u2019utilisation du ralenti donne une impression de r\u00eave et d\u2019irr\u00e9alit\u00e9\ntandis que la mise en boucle de cette travers\u00e9e, sans cesse recommenc\u00e9e,\nillustre l\u2019insignifiance de la condition humaine, renforc\u00e9e par le regard fixe\ndes marcheurs qui semblent avancer sans but.<\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me vid\u00e9o, <em>The Deluge<\/em> (le d\u00e9luge), r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 l\u2019aide du sp\u00e9cialiste\nhollywoodien des sc\u00e8nes d\u2019inondation, Robbie Knott, montre une rue et des\npassants qui vaquent tranquillement \u00e0 leurs occupations quotidiennes. Peu \u00e0 peu\npourtant le rythme s\u2019acc\u00e9l\u00e8re, la tension grandit, comme \u00e0 l\u2019annonce d\u2019une\ncatastrophe imminente, et les gens commencent \u00e0 courir et \u00e0 se bousculer. Et ce\nsont soudain des trombes d\u2019eau d\u2019une puissance biblique qui s\u2019abattent sur la rue.\nLa violence des images et l\u2019intensit\u00e9 saisissante du son contribuent \u00e0 donner \u00e0\nla sc\u00e8ne une impression d\u2019apocalypse. L\u2019eau est un \u00e9l\u00e9ment central dans la vie\net l\u2019\u0153uvre de Viola. Ayant, dans son enfance, manqu\u00e9 de se noyer, Viola se\nrappelle avoir v\u00e9cu l\u2019immersion aquatique non comme une exp\u00e9rience\ntraumatisante mais comme une immersion dans un monde nouveau, tant au niveau\nvisuel que sonore.<\/p>\n\n\n\n<p>Le quatri\u00e8me tableau <em>The Voyage<\/em> (le voyage) repr\u00e9sente 2 sc\u00e8nes distinctes qui coupent\nle paysage en deux. Au sommet, un ange gardien surveille une maison dans\nlaquelle un fils veille son p\u00e8re mourant. Comme dans un r\u00eave, \u00e0 l\u2019instant\nfatal, il se retrouvera frappant \u00e0 la porte, sans pouvoir entrer.&nbsp; En contrebas, on voit un lac et une femme\n\u00e2g\u00e9e, d\u00e9j\u00e0 un fant\u00f4me, qui s\u2019appr\u00eate \u00e0 embarquer vers l\u2019au-del\u00e0. \u00ab Le paradis,\nsans doute \u00bb, dit l\u2019artiste, soulignant que cette conception existe dans la\nplupart des religions. Ce tableau souligne le risque et la peur dans nos\ncultures de manquer la mort de ses proches, tout en \u00e9voquant l\u2019espoir d\u2019un\nautre-monde, symboliquement rattach\u00e9 \u00e0 l\u2019eau.<\/p>\n\n\n\n<p>La derni\u00e8re vid\u00e9o, <em>First Light<\/em> (premi\u00e8re lumi\u00e8re), est particuli\u00e8rement forte : on y voit une \u00e9quipe de secours (\u00e9voquant les pompiers du 11 Septembre) arrivant apr\u00e8s une inondation brutale dans un d\u00e9sert. Le ralenti de leurs gestes inutiles fait penser \u00e0 un r\u00eave. Toute l\u2019attention se reporte sur une m\u00e8re qui scrute le lac en qu\u00eate de son fils disparu. A la fin, alors que les secouristes s\u2019endorment, le corps du fils s\u2019\u00e9l\u00e8ve du lac et monte au ciel dans la lumi\u00e8re du lever du soleil.&nbsp; Viola cl\u00f4t ainsi son cycle par cette r\u00e9surrection luminescente qui renvoie au feu stellaire du (re) commencement.<\/p>\n\n\n\n<p>Viola est un pionnier dans l\u2019art vid\u00e9o, son\ntravail d\u00e9note une recherche artistique et conceptuelle, \u00e0 mi-chemin entre la\nperformance, le po\u00e8me audio-visuel et le d\u00e9veloppement technique. L\u2019artiste met\nen sc\u00e8ne des acteurs-performeurs dans des situations inhabituelles, aux images\nfortes, parfois d\u00e9rangeantes, qui d\u00e9gagent une part de myst\u00e8re et un m\u00e9lange\nparadoxal de violence et de fragilit\u00e9. Bill Viola collabore avec David Tudor au\nd\u00e9but des ann\u00e9es 1970, au sein de la compagnie <em>Composers Inside Electronics<\/em>, avec qui il d\u00e9veloppe un travail\nimportant sur le traitement du son (notamment pour <em>RainForest IV<\/em>). Le son est donc au c\u0153ur de son \u0153uvre&nbsp;: lorsque\nla vid\u00e9o-cam\u00e9ra fut invent\u00e9e, le progr\u00e8s le plus important pour Viola c\u2019est que\nl\u2019appareil enregistrait, en m\u00eame temps, l\u2019image et le son&nbsp;; le point de\nd\u00e9part de son inspiration dit-t-il, c\u2019est cette connexion entre les diff\u00e9rents\nsens. De plus, le son, rebondissant sur les surfaces de la pi\u00e8ce, finit par\noccuper tout l\u2019espace et plonge le spectateur en immersion totale dans l\u2019\u0153uvre.\nDans <em>Going forth by day<\/em> l\u2019immersion\nest encore plus profonde que dans les autres \u0153uvres de Viola car le spectateur,\nau centre de ce polyptique audio-visuel, d\u2019une beaut\u00e9 troublante et aux\nmultiples questionnements m\u00e9taphysiques, est comme plong\u00e9 au c\u0153ur de la\ncondition humaine et du cycle de la vie. Pour ressortir de la boucle, le\nspectateur n\u2019aura qu\u2019\u00e0 refranchir le feu originel et purificateur pour\nretrouver monde qu\u2019il connaissait avant.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-vimeo wp-block-embed is-type-video is-provider-vimeo wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"&#039;Going Forth by Day&#039; Montage\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/13920661?dnt=1&#038;app_id=122963\" width=\"640\" height=\"424\" frameborder=\"0\" allow=\"autoplay; fullscreen\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#d9f1d1;text-align:right\" class=\"has-background\">      <a href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Entretien-de-Y-par-Sil\u00e8ne-Sautreau-1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\" Musique et animation, interview de Y, par Sil\u00e8ne Sautreau (dossier pdf) (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\"> <\/a><strong><em><a href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Entretien-de-Y-par-Sil\u00e8ne-Sautreau-1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\" Musique et animation, interview de Y, par Sil\u00e8ne Sautreau (dossier pdf) (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Musique et animation<\/a><\/em><a href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Entretien-de-Y-par-Sil\u00e8ne-Sautreau-1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\" Musique et animation, interview de Y, par Sil\u00e8ne Sautreau (dossier pdf) (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">, interview de Y, <\/a><\/strong><a href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Entretien-de-Y-par-Sil\u00e8ne-Sautreau-1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\" Musique et animation, interview de Y, par Sil\u00e8ne Sautreau (dossier pdf) (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">par Sil\u00e8ne Sautreau (dossier pdf)<\/a><\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#c4c2c2\" class=\"has-background\"><strong>7. Pluri-modalit\u00e9s contemporaines<\/strong> <strong>: \u0153uvres avec participation du public.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs nouveaux genres artistiques n\u00e9cessitent la participation du public, qui devient alors partie prenante de la cr\u00e9ation. Ces \u0153uvres, anti-narratives et parfois compl\u00e8tement \u00ab\u00a0ouvertes\u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;impr\u00e9visible, engendrent de nouvelles perceptions sensorielles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-light-green-cyan-background-color\"><em><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\" (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Aude-Emmanuel-Final.pdf\" target=\"_blank\"><strong>Apparitions<\/strong><\/a><\/em><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\" (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Aude-Emmanuel-Final.pdf\" target=\"_blank\"><strong>, sculptures sonores de Cerith Wyn Ewans<\/strong><\/a><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\" (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Aude-Emmanuel-Final.pdf\" target=\"_blank\"><strong>,<\/strong> par Aude-Emmanuel Alexis-Alexandre<\/a> (dossier pdf)<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft\"><img loading=\"lazy\" width=\"300\" height=\"199\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/apparition3-300x199.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-301\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/apparition3-300x199.jpg 300w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/apparition3-768x510.jpg 768w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/apparition3-1024x680.jpg 1024w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/apparition3.jpg 1200w\" sizes=\"(max-width: 300px) 85vw, 300px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019\u0153uvre <em>A=P=P=A=R=I=T=I=O=N<\/em> du gallois Cerith Wyn Evans est une des \u0153uvres contemporaines qui sera expos\u00e9e. Entre po\u00e9sie symboliste du c\u00e9l\u00e8bre Mallarm\u00e9 et art cin\u00e9tique, cette \u0153uvre polymorphe met en sc\u00e8ne le spectateur qui devient alors \u00ab&nbsp;l\u2019homme moteur&nbsp;\u00bb \u00e0 travers \u00ab&nbsp;des \u0153uvres d\u2019art [\u2026] qui se meuvent ou se muent&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-light-green-cyan-background-color\"><strong><em>Dream House<\/em> de La Monte Young<\/strong>, par Am\u00e9lie Lambert (notice)<\/p>\n\n\n\n<p><em>Dans le cadre de l\u2019exposition \u00ab&nbsp;Sounding New&nbsp;\u00bb consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019exp\u00e9rimentation sonore depuis les ann\u00e9es 1960, le Mus\u00e9e d\u2019Art Contemporain de Lyon pr\u00e9sente du 08 mars au 07 juillet 2019 une s\u00e9lection d\u2019\u0153uvres d\u2019artistes repr\u00e9sentatifs de la musique exp\u00e9rimentale am\u00e9ricaine ayant exp\u00e9riment\u00e9 et produit des formes nouvelles en d\u00e9cloisonnant les disciplines (musique, arts visuels, danse, th\u00e9\u00e2tre et po\u00e9sie).<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Sound-With-In-1-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-393\" width=\"264\" height=\"352\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Sound-With-In-1-768x1024.jpg 768w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Sound-With-In-1-225x300.jpg 225w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Sound-With-In-1-1200x1600.jpg 1200w\" sizes=\"(max-width: 264px) 85vw, 264px\" \/><figcaption>                           Sound With In <br>         Mus\u00e9e d&rsquo;Art Contemporain de Lyon                                                                                                                                                                                           <\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><em>Dans\n<\/em><em>cette\n\u00ab<\/em><em>Dream\nHouse<\/em><em>\u00bb,<\/em><em>\n<\/em><em>installation\n<\/em><em>sonore<\/em><em>\net lumineuse dans laquelle le spectateur\/auditeur se trouve immerg\u00e9\ndans un bain de <\/em><em>lumi\u00e8res\ncolor\u00e9es <\/em><em>et\nde son continu, des <\/em><em>faisceau<\/em><em>x<\/em><em>\nlumineux <\/em><em>sont\nprojet\u00e9s sur des sculptures.<\/em><em>\nLes ombres r\u00e9sultant de la combinaison de <\/em><em>ces\ndiff\u00e9rents<\/em><em>\n\u00e9clairages cr\u00e9ent de nouvelles formes en trois dimensions.<\/em><em>\n<\/em><em>Le\nson continu <\/em><em>est<\/em><em>\n<\/em><em>g\u00e9n\u00e9r\u00e9\npar <\/em><em>diff\u00e9rents\noscillateurs d&rsquo;ondes sinuso\u00efdales p<\/em><em>ermet<\/em><em>tant<\/em><em>\nde<\/em><em>\nproduire des notes tenues pouvant \u00eatre prolong\u00e9es \u00e0 l&rsquo;infini, <\/em><em>qui\nsont ensuite amplifi\u00e9es <\/em><em>et\ndiffus\u00e9<\/em><em>es<\/em><em>\npar des<\/em><em>\nhaut-parleurs. <\/em>\n<\/p>\n\n\n\n<p><em>\t<\/em><em>Avant\n1963, date du premier concept de la <\/em><em>Dream\nHouse<\/em><em>,<\/em><em>\nle compositeur <\/em><em>am\u00e9ricain\nLa Monte Young, <\/em><em>consid\u00e9r\u00e9\ncomme l\u2019un des pionniers de la musique minimaliste am\u00e9ricaine,\n<\/em><em>compose\n<\/em><em>en\n1962 <\/em><em>\u00ab\u00a0The\nFour Dreams of China\u00a0\u00bb et prend conscience de son d\u00e9sir de<\/em><em>\n\u00ab\u00a0construire des \u0153uvres musicales qui pourraient \u00eatre jou\u00e9es\ntr\u00e8s longtemps, voir ind\u00e9finiment\u00a0\u00bb<a href=\"#sdfootnote1sym\"><sup>1<\/sup><\/a>.\n<\/em><em>A\ncette m\u00eame \u00e9poque, il fonde avec<\/em><em>\nla<\/em><em>\nplasticienne Marian Zazeela <\/em><em>(qui\ndeviendra son \u00e9pouse et sa collaboratrice) <\/em><em>Le\nth\u00e9\u00e2tre de la musique \u00e9ternelle, <\/em><em>un\ngroupe de musique \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie var<\/em><em>i<\/em><em>able\nauquel participent notamment Robert Morris, Tony Conrad, John Cale,\nAngus MacLise, Terry Riley\u2026 <\/em><em>L\u2019exp\u00e9rience\nd\u2019une musique qui pourrait \u00eatre jou\u00e9e ind\u00e9finiment <\/em><em>gr\u00e2ce\n\u00e0 l\u2019utilisation de l\u2019\u00e9lectronique <\/em><em>s\u2019accompagne\nd\u2019une mise en lumi\u00e8re de Marian Zazeela dans le loft que le couple\noccupe. Pens\u00e9e comme <\/em><em>une\ninstallation<\/em><em><\/em><em>\u00ab\nouverte au public \u00bb <\/em><em>et<\/em><em>\nconstruite pour durer,<\/em><em>\n<\/em><em>la\n\u00ab&nbsp;Dream House&nbsp;\u00bb, <\/em><em>est<\/em><em>\n\u00e0 <\/em><em>la\nfois <\/em><em>lieu\nde vie, <\/em><em>\u0153uvre\nmusicale, environnement visuel \u00e9volutif <\/em><em>et\n<\/em><em>lieu\nd\u2019exp\u00e9rience sensorielle. <\/em><em>Plusieurs\n\u00ab&nbsp;<\/em><em>Dream\nHouses&nbsp;\u00bb ont <\/em><em>\u00e9t\u00e9\n<\/em><em>pr\u00e9sent\u00e9es\ndans diff\u00e9rents lieux \u00e0 travers le monde, pour des dur\u00e9es <\/em><em>allant\n<\/em><em>de\nplusieurs jours \u00e0 plusieurs ann\u00e9es. <\/em><em>L\u2019une\nd\u2019elles fonctionne en permanence \u00e0 la MELA Foundation \u00e0 New York\ndepuis 1993 <\/em><em>et\nle MAC de Lyon pr\u00e9sente actuellement la pi\u00e8ce <\/em><em>Sound\nWith\/In<\/em><em>,\nsorte de \u00ab&nbsp;Dream House de salon&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\tLe\nson, qu\u2019il soit produit par le Well-Tuned Piano<a href=\"#sdfootnote2sym\"><sup>2<\/sup><\/a>\nou sur la base du drone<a href=\"#sdfootnote3sym\"><sup>3<\/sup><\/a>,\nse m\u00eale \u00e0 l\u2019environnement <\/em><em>dont<\/em><em>\nl\u2019acoustique <\/em><em>a\n\u00e9t\u00e9 <\/em><em>m\u00e9ticuleusement\n\u00e9tudi\u00e9e. <\/em><em>L\u2019utilisation\nde l\u2019\u00e9lectronique rend possible la g\u00e9n\u00e9ration de notes tenues\nind\u00e9finiment ainsi qu<\/em><em>e\nla cr\u00e9ation d<\/em><em>\u2019un\naccordage sp\u00e9cifique. <\/em><em>Le\ntravail de <\/em><em>La\nMonte Young <\/em><em>repose\nsur un principe de r\u00e9duction math\u00e9matique (intonation juste<a href=\"#sdfootnote4sym\"><sup>4<\/sup><\/a>,\nnombres rationnels, \u00e9tudes de d\u00e9rive d\u2019ondes sinuso\u00efdales). <\/em><em>Il\n<\/em><em>exploite\n<\/em><em>donc\n<\/em><em>les\nfr\u00e9quences du son fond\u00e9es sur les nombres premiers, <\/em><em>tandis\nque Marian Zazeela <\/em><em>travaille\nsur la lumi\u00e8re \u00e0 partir de couleurs primaires <\/em><em>(principalement\nmagenta). <\/em><em>Les\ndimensions sonore et visuelle, <\/em><em>unit\u00e9s\ndynamiques en interaction se transmett<\/em><em>a<\/em><em>nt\nmutuellement des informations,<\/em><em>\nform<\/em><em>ent<\/em><em>\nune entit\u00e9 indissociable <\/em><em>qui\n<\/em><em>constitue\nun environnement ouvert \u00e0 de nouvelles exp\u00e9riences. <\/em><em>Pour\nl&rsquo;auditeur il s&rsquo;agit donc de s&rsquo;immerger <\/em><em>tota<\/em><em>lement\ndans le son pour en percevoir les <\/em><em>nuance<\/em><em>s,\nune exp\u00e9rience invitant \u00e0 la m\u00e9ditation, \u00e0 \u00eatre autant \u00e0\nl&rsquo;\u00e9coute des sons qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de soi. <\/em><em>Les\npositions de<\/em><em>\nl\u2019auditeur,<\/em>\ncheminant dans l\u2019environnement, d\u00e9terminent les sons qu\u2019il\nr\u00e9ceptionnera ; il participe ainsi au renouvellement de l\u2019\u0153uvre.\nUn son stable g\u00e9n\u00e9r\u00e9\npar <em>deux\nondes \u00e9lectroniques sinuso\u00efdales rigoureusement fixes, accord\u00e9es\nsur le principe de l\u2019intonation juste <\/em><em>est\nper\u00e7u diff\u00e9remment selon l\u2019endroit o\u00f9 se situe le spectateur\ndans l\u2019espace et ses d<\/em>ispositions\nperceptives.<\/p>\n\n\n\n<p><em>On\npeut \u00e9galement <\/em><em>souligner\nle volume <\/em><em>sonore\n<\/em><em>\u00e9lev\u00e9\nde l\u2019installation <\/em><em>impos<\/em><em>ant\nune <\/em><em>invasion\ndu son sur le corps&nbsp;: <\/em><em>se\ncr\u00e9e une forme<\/em><em>\n<\/em><em>d\u2019<\/em><em>atmosph\u00e8re\nhypnotique psychoacoustique <\/em><em>permettant\n\u00e0 l\u2019auditeur de <\/em><em><\/em><em>vibrer\n\u00ab en harmonie \u00bb <\/em><em>avec\nl\u2019environnement dans lequel il se trouve plong\u00e9 et <\/em><em>pouvant\n<\/em><em>le<\/em><em>\n<\/em><em>conduire\n\u00e0 une sorte d\u2019extase. La p\u00e9riodicit\u00e9 du signal contribuerait\n\u00e9galement \u00e0 la stimulation du syst\u00e8me nerveux, occasionnant un\nnouvel \u00e9tat psychologique<\/em><em>\napportant bien-\u00eatre et s\u00e9r\u00e9nit\u00e9<\/em><em>.\n<\/em><em>A\ntravers l\u2019intensit\u00e9 du signal sonore,<\/em><em>\n<\/em><em>La\nMonte <\/em><em>Young\ncherche \u00e0 <\/em><em>faire<\/em><em>\nressentir <\/em><em>l<\/em><em>\u2019exp\u00e9rience\nphysique du son en l\u2019\u00e9prouvant corporellement<\/em><em>.\n<\/em><em>Cette\nnotion lui a \u00e9t\u00e9 transmise par <\/em><em>le\nchanteur indien Pandit Pran Nath, <\/em><em>sp\u00e9cialiste\ndu raga et du style Kirana, <\/em><em>aupr\u00e8s\nduquel il \u00e9tudiera pendant 26 ans en compagnie de Zazeela <\/em><em>et\nd\u2019autres compositeurs comme Terry Riley<\/em><em>.\n<\/em><em>L\u2019influence\nde la <\/em><em>musique\nclassique Hind<\/em><em>o<\/em><em>ustani\n<\/em><em>est\n\u00e9galement perceptible dans le travail de Young \u00e0 travers\nl\u2019utilisation de notes tenues (comme le bourdon du <\/em><em>tamboura<\/em><em>),\nson int\u00e9r\u00eat pour l<\/em><em>es\nintervalles non traditionnels <\/em><em>et\nle statisme caract\u00e9ristique de sa musique.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\tPlus\nqu\u2019une conception synesth\u00e9sique, <\/em><em>ces\n<\/em><em>Dream\nHouses <\/em><em>interrogent\nsimultan\u00e9ment le temps et l\u2019espace <\/em><em>et\n<\/em><em>am\u00e8nent\nle <\/em><em>spectateur\n\u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur son mode d\u2019\u00e9coute. <\/em><em>Ce\ndernier<\/em><em>\npeut adopter toute<\/em><em>s<\/em><em>\nsorte<\/em><em>s<\/em><em>\nde postures, r\u00e9gissant ainsi son parti pris musical et sonore <\/em><em>et\nl\u2019amenant \u00e0 <\/em><em>de\nnouveaux \u00e9tats de conscience transitoires. Pour le duo Young\/Zazeela\nen<\/em><em>\nqu\u00eate d\u2019une musique universelle, <\/em><em>ce<\/em><em>s<\/em><em>\nDream Houses<\/em><em>\nsont avant tout des lieux d\u2019exp\u00e9rience spirituelle. <\/em>\n<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Dream House NYC\" width=\"840\" height=\"630\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/WC6bhnu5Luc?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><em><strong>B<\/strong><\/em><em><strong>ibliographie&nbsp;:<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>BORREDA,\n<\/strong><\/em><em><strong>Adri\u00e1n,\n<\/strong><\/em><em><strong>(Tuteur&nbsp;:\nPESSON G\u00e9rard), <\/strong><\/em><em>La\nMonte Young et la musique spectrale&nbsp;: un voyage vers les\nsources, <\/em><em>CNSMD\nde Paris, 2012.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>S<\/strong><\/em><em><strong>TEVANCE<\/strong><\/em><em><strong>,\nS<\/strong><\/em><em><strong>ophie<\/strong><\/em><em><strong>.\n<\/strong><\/em><em>(2007).<\/em><em>\nLa Dream House ou l\u2019id\u00e9e de la musique <\/em><em>universelle<\/em><em>.\nCircuit, 17(3), 87\u201392. <\/em><em>(<\/em><em>https:\/\/doi.org\/10.7202\/017595ar)\n<\/em>\n<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Dossier\nde presse du Mus\u00e9e d\u2019Art Contemporain de Lyon<\/strong><\/em><em>\n<\/em><em>pour\nl\u2019exposition \u00ab&nbsp;Sounding New&nbsp;\u00bb (du 08\/03\/2019 au\n07\/07\/2019)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Sitographie&nbsp;:<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/www.melafoundation.org\/\">http:\/\/www.melafoundation.org\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/neospheres.free.fr\/minimal\/young.htm\">http:\/\/neospheres.free.fr\/minimal\/young.htm<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/www.dbdoty.com\/Words\/LMYInterview_01.html\">http:\/\/www.dbdoty.com\/Words\/LMYInterview_01.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/musicmavericks.publicradio.org\/features\/interview_young.html\">http:\/\/musicmavericks.publicradio.org\/features\/interview_young.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-wordpress wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-collectif-ascidiacea\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"vhNQnKYikj\"><a href=\"https:\/\/ascidiacea.hypotheses.org\/17\">La Dream House &#8211; La Monte Young et Marian Zazeelan<\/a><\/blockquote><iframe title=\"\u00ab\u00a0La Dream House &#8211; La Monte Young et Marian Zazeelan\u00a0\u00bb &#8212; Collectif Ascidiacea\" class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" src=\"https:\/\/ascidiacea.hypotheses.org\/17\/embed#?secret=vhNQnKYikj\" data-secret=\"vhNQnKYikj\" width=\"600\" height=\"338\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><em><a href=\"#sdfootnote1anc\">1<\/a>\n\tIn LaBelle,\n\tBrandon, 2006. Background noise: Perspectives on sound art.\n\tNew York. P 74<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote2anc\">2<\/a><em>\n\t<\/em><em>The\n\tWell Tuned Piano&nbsp;: travail permutatif avec des th\u00e8mes et des\n\timprovisations pour un piano accord\u00e9 en gammes naturelle<\/em><em>s\n\t(fond\u00e9es <\/em><em>sur\n\tle principe des harmoniques naturels<\/em><em>)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote3anc\">3<\/a><em>\n\tUn drone est un style musical faisant essentiellement usage de\n\tbourdons (appel\u00e9s \u00ab drones \u00bb en anglais), usant des sons, notes\n\tet clusters maintenus ou r\u00e9p\u00e9t\u00e9s.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote4anc\">4<\/a><em>\n\tL&rsquo;intonation juste est un syst\u00e8me d&rsquo;accord<\/em><em>s<\/em><em>\n\tdans lequel les fr\u00e9quences des notes ont un rapport avec des\n\tproportions de nombre entiers naturels <\/em><em>et\n\tqui repose sur le principe des harmoniques naturels qui n\u2019est\n\tg\u00e9n\u00e9ralement pas utilis\u00e9 pour l\u2019accordage du piano (instrument\n\t\u00ab&nbsp;faux&nbsp;\u00bb d\u2019un point de vue acoustique)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-light-green-cyan-background-color\"><strong><em>Handphone Table<\/em> de Laurie Anderson, <\/strong>par Soraya Puechavi (notice)<\/p>\n\n\n\n<p>Entre installation et \u0153uvre musicale, <em>The Handphone Table\n<\/em>offre une exp\u00e9rience \u00e0 la fois corporelle et auditive, en utilisant le\ncorps du spectateur-auditeur comme un m\u00e9dia pour le son.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright\"><img loading=\"lazy\" width=\"300\" height=\"228\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/The-Handphone-Table-1978-Laurie-Anderson-Fig-12-The-Handphone-Table-Laurie-300x228.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-292\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/The-Handphone-Table-1978-Laurie-Anderson-Fig-12-The-Handphone-Table-Laurie-300x228.png 300w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/The-Handphone-Table-1978-Laurie-Anderson-Fig-12-The-Handphone-Table-Laurie-768x583.png 768w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/The-Handphone-Table-1978-Laurie-Anderson-Fig-12-The-Handphone-Table-Laurie.png 850w\" sizes=\"(max-width: 300px) 85vw, 300px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Amie de Philip Glass, Trisha Brown, Jene Highstein, Gordon\nMatta-Clark et beaucoup d&rsquo;autres artistes, Laurie Anderson s&rsquo;inscrit dans le\nmouvement de l&rsquo;Underground New Yorkais des ann\u00e9es 70 o\u00f9 se c\u00f4toient danseurs,\n\u00e9crivains, sculpteurs et peintres. Dipl\u00f4m\u00e9e du Barnard College (1969) et de\nl&rsquo;universit\u00e9 de Columbia (1972) en histoire de l&rsquo;art et en sculpture, elle\nabandonne rapidement ses sculptures en papier journal et r\u00e9sine pour entrer\ndans l&rsquo;exp\u00e9rimentation sonore, l&rsquo;installation et la performance.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle collabore avec de nombreux artistes comme Lou Reed,\nWilliam Burroughs et Andie Kauffman en tant que musicienne et compositrice.\nElle r\u00e9alisera \u00e9galement la bande originale de plusieurs films de Wim\nWenders.&nbsp;&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>Ayant \u00e9tudi\u00e9 le violon dans son enfance, elle cr\u00e9e en 1977 un dispositif appel\u00e9 le <em>Tape Bow Violin<\/em>, dans lequel une t\u00eate de lecture faisant office de corde est jou\u00e9 par une bande magn\u00e9tique qui glisse dessus \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;un archet (le rendu sonore d\u00e9pend du son enregistr\u00e9 sur la bande magn\u00e9tique utilis\u00e9e). En 1982, elle r\u00e9alise une performance de huit heures intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;United States&nbsp;\u00bb, dont elle tire un album, <em>Big Science<\/em>, qui sera tr\u00e8s remarqu\u00e9. Mais c&rsquo;est certainement son morceau de onze minutes, \u00ab&nbsp;O Superman&nbsp;\u00bb, qui la fait conna\u00eetre du grand public en 1980 en arrivant deuxi\u00e8me du Top 50 anglais.<\/p>\n\n\n\n<p><em>The Handphone Table<\/em> (qu&rsquo;on peut traduire par la Table\nmanophone) est n\u00e9e d&rsquo;une exp\u00e9rience accidentelle : alors qu&rsquo;elle utilise une\nmachine \u00e0 \u00e9crire \u00e9lectrique pour r\u00e9diger une histoire qu&rsquo;elle n&rsquo;arrive pas \u00e0\nmener \u00e0 terme, Laurie Anderson se prend la t\u00eate dans les mains, appuy\u00e9e sur sa\ntable de travail. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;elle entend le bourdonnement de la machine \u00e0\n\u00e9crire qui, amplifi\u00e9 par la table en bois et transmis par ses bras, r\u00e9sonne\ndans ses oreilles. Elle d\u00e9cide de cr\u00e9er cette table parlante, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de\nlaquelle sont plac\u00e9s des platines cassettes et des compresseurs de sons,\nbranch\u00e9s sur des tiges en acier en contact avec deux capteurs incrust\u00e9s sur la\nsurface de la table. Le spectateur-auditeur place ses coudes sur les capteur et\nses mains sur ses oreilles pour entendre le son \u00e9mis par les platines \u00e0\nl&rsquo;int\u00e9rieur de la table. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft\"><img loading=\"lazy\" width=\"300\" height=\"199\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/capteur-table-300x199.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-293\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/capteur-table-300x199.jpg 300w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/capteur-table-768x510.jpg 768w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/capteur-table.jpg 800w\" sizes=\"(max-width: 300px) 85vw, 300px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Laurie Anderson compose trois morceaux sp\u00e9cialement pour\ncette \u0153uvre, en jouant sur le basculement du son de droite \u00e0 gauche. Le premier\nest un duo de basses jou\u00e9 par un piano acoustique et un piano synth\u00e9tique, le\ndeuxi\u00e8me un morceau de violon, et le troisi\u00e8me est un po\u00e8me de George Herbert\nmis en musique, qu&rsquo;elle filtre pour accentuer les basses (les aigus \u00e9tant moins\nfacilement transmis par la table). Cette \u0153uvre cr\u00e9e un rapport particulier\nentre corps et son, le corps \u00e9tant ici un transmetteur des ondes sonores depuis\nle dispositif jusqu&rsquo;aux oreilles&nbsp;: les sons traversent le corps avant\nd&rsquo;\u00eatre entendus.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Mus\u00e9e d&rsquo;Art Contemporain de Lyon a acquis cette \u0153uvre en\n1999. Cette derni\u00e8re a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e en 2002 lors d&rsquo;une r\u00e9trospective Laurie\nAnderson appel\u00e9e \u00ab&nbsp;The Record of Time&nbsp;\u00bb, avec une autre de ses\n\u0153uvres, <em>Windbook<\/em>, qui consiste en une bo\u00eete vitr\u00e9e dans laquelle un\nlivre qui contient des textes et des images est encadr\u00e9 par deux ventilateurs\nqui soufflent alternativement, faisant tourner les pages dans un sens et dans\nl&rsquo;autre.<\/p>\n\n\n\n<p><em>The Handphone Table<\/em> est aujourd&rsquo;hui \u00e0 nouveau\npr\u00e9sent\u00e9e par le mus\u00e9e, cette fois dans le cadre d&rsquo;une exposition sur\nl&rsquo;exp\u00e9rimentation sonore depuis les ann\u00e9es 60, intitul\u00e9e Sounding New, aux\nc\u00f4t\u00e9s de 16 autres artistes, comme David Tudor, Terry Riley, Alvin Lucier ou\nencore Stephen Vitiello. Ces \u0153uvres multimodales d\u00e9cloisonnent les disciplines\net font le lien entre musique, arts plastiques, th\u00e9\u00e2tre, danse et po\u00e9sie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-light-green-cyan-background-color\"><strong><em>Interstitium<\/em> d\u2019Alba Nox, <\/strong>par Emiliano Germain (notice)<\/p>\n\n\n\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Distribution:<\/span> Chor\u00e9graphie tactile: Jacques Andr\u00e9 Dupont \/\/ Peinture organique: Antoni Oilhack&nbsp;\/\/ Musique: Sophie Griffon \/\/ Performeurs tactiles: Claire Bluteau, Jeremy Paon, Dounia Jauneaud, Justine Shivay.<\/p>\n\n\n\n<p>Alba Nox est un collectif d\u2019artistes qui questionne le sensible et l\u2019intimit\u00e9 en rapport \u00e0 la technologie et aux arts num\u00e9riques.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/44286419_2681989225360154_8796171912167292928_o-720x405.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-380\" width=\"386\" height=\"216\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/44286419_2681989225360154_8796171912167292928_o-720x405.jpg 720w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/44286419_2681989225360154_8796171912167292928_o-720x405-300x169.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 386px) 85vw, 386px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><em>Interstitium<\/em> est une performance immersive qui explore \u00abl\u2019hypoth\u00e8se affective du contact\u00bb, utilisant le toucher interpersonnel comme forme d\u2019expression.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une exp\u00e9rience intime de vingt minutes, sept artistes guident les participants \u00e0 travers un voyage immersif de sons, touchers et visuels. Les sens se m\u00ealent en de nouvelles combinaisons, alt\u00e9rant l\u2019\u00e9tat de conscience, connectant corps et esprit.<\/p>\n\n\n\n<p>Le public devient spectateur de ses propres sensations, observe la chor\u00e9graphie qui se d\u00e9roule sur leur corps devenu sc\u00e8ne. Pendant que certains spectateurs sont mobilis\u00e9s par les performeurs tactiles, le reste de l\u2019audience peut profiter du spectacle enrichi par une bande sonore m\u00ealant sonorit\u00e9s \u00e9lectroniques et sons trait\u00e9s, ainsi qu\u2019une projection en temps r\u00e9el de peinture \u00e0 l\u2019huile manipul\u00e9e, m\u00e9lang\u00e9e, et tritur\u00e9e par l\u2019artiste visuel, donnant vie \u00e0 de superbes tableaux organiques \u00e9voquant des cellules en pleine division. La combinaison des trois sens que sont le toucher, l\u2019ou\u00efe et la vue offre alors un tableau mouvant unique en perp\u00e9tuel changement, o\u00f9 les artistes d\u2019Alba Nox se r\u00e9pondent et se synchronisent pour offrir une exp\u00e9rience hors du commun.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est pas la premi\u00e8re fois que des artistes questionnent la notion d\u2019interconnexion entre diff\u00e9rentes formes d\u2019expressions. D\u00e8s le XIXe si\u00e8cle on voit \u00e9merger des oeuvres m\u00ealant musique et danse dans une forme th\u00e9\u00e2tralis\u00e9e, puis avec l\u2019op\u00e9ra l\u2019exercice prend plus d\u2019ampleur, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019oeuvre d\u2019art totale de Richard Wagner. D\u2019autre part, des oeuvres dont la forme graphique et la forme sonore sont intimement li\u00e9es voient le jour au XXe si\u00e8cle avec notamment le compositeur Iannis Xenakis. Mais, jusqu\u2019ici, les sens que sont le toucher, l\u2019odorat, et le go\u00fbt ont longtemps \u00e9t\u00e9 n\u00e9glig\u00e9s, de par la difficult\u00e9 \u00e0 les inclure dans la cr\u00e9ation musicale. Certes l\u2019on peut toucher le grain du papier \u00e0 musique, renifler l\u2019essence bois\u00e9e d\u2019un violon, mais cela pr\u00e9sente vite des limites lorsqu\u2019il s\u2019agit de composer pour ces sens.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, un \u00e9l\u00e9ment d\u00e9terminant pour la cr\u00e9ation multi-modale montre le bout de son nez \u00e0 l\u2019aube du XXIe si\u00e8cle: les nouvelles technologies.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/44366890_2681989042026839_5754762976955465728_o-1440x810-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-383\" width=\"387\" height=\"217\" srcset=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/44366890_2681989042026839_5754762976955465728_o-1440x810-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/44366890_2681989042026839_5754762976955465728_o-1440x810-300x169.jpg 300w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/44366890_2681989042026839_5754762976955465728_o-1440x810-768x432.jpg 768w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/44366890_2681989042026839_5754762976955465728_o-1440x810-1200x675.jpg 1200w, https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/44366890_2681989042026839_5754762976955465728_o-1440x810.jpg 1440w\" sizes=\"(max-width: 387px) 85vw, 387px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Selon la formule de Marshall McLuhan \u201c<em>the medium is the message<\/em>\u201d<a href=\"applewebdata:\/\/3BC4DEE5-6A2F-4720-9754-F66A3F60D0E6#_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>(<em>\u00abl<\/em>e message c\u2019est le medium<em>\u00bb<\/em>), chaque m\u00e9dia technologique (livre, t\u00e9l\u00e9vision, smartphone par exemple) stimule \u00e0 sa mani\u00e8re plusieurs de nos sens. Or une interd\u00e9pendance des sensations existe d\u00e9j\u00e0, puisque l\u2019on per\u00e7oit par plusieurs canaux sensoriels \u00e0 la fois. En outre, des recherches d\u00e9montrent que ces canaux ne sont en r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019un seul et m\u00eame canal dans le vie pr\u00e9-natal et pendant la petite enfance, avant de se scinder progressivement en cinq modalit\u00e9s distinctes. Ceci poss\u00e8de un impact d\u00e9terminant sur notre construction du r\u00e9el. Aujourd\u2019hui, \u00e0 l\u2019\u00e8re de l\u2019\u00e9cran, beaucoup de gens souffrent d\u2019hypertrophie visuel et de troubles sociaux. La pratique du toucher deviens alors une occasion de r\u00e9\u00e9quilibrer notre perception de la r\u00e9alit\u00e9 et de notre corps. En tant que forme d\u2019art d\u00e9di\u00e9e pleinement au toucher, la chor\u00e9graphie tactile propose une red\u00e9couverte de nos sens, un retour \u00e0 notre synesth\u00e9sie originelle, et en cela une alternative aux th\u00e9rapies fonctionnelles et aux interactions sociales normatives.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-vimeo aligncenter wp-block-embed is-type-video is-provider-vimeo wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Interstitium - The touch Choreagraphy\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/316410860?dnt=1&#038;app_id=122963\" width=\"840\" height=\"473\" frameborder=\"0\" allow=\"autoplay; fullscreen\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/3BC4DEE5-6A2F-4720-9754-F66A3F60D0E6#_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>M. McLuhan, &nbsp;<em>Pour comprendre les m\u00e9dias,<\/em>Paris, \u00e9ditions du Seuil, 1968.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#d9f1d1;text-align:right\" class=\"has-background\"><strong><a href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/interview.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Peinture, musique et toucher, interview de Sophie Griffon d'Alba Nox, par Emiliano Germain (pdf) (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Peinture, musique et toucher, interview de Sophie Griffon d&rsquo;Alba Nox,<\/a><\/strong><a href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/interview.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Peinture, musique et toucher, interview de Sophie Griffon d'Alba Nox, par Emiliano Germain (pdf) (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\"> par Emiliano Germain (pdf)<\/a><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> M. McLuhan, &nbsp;<em>Pour comprendre\nles m\u00e9dias,<\/em> Paris, \u00e9ditions du Seuil, 1968.<\/p>\n\n\n\n<p><br> <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un certain nombre de genres artistiques r\u00e9unissent plusieurs voies d\u2019expression (th\u00e9\u00e2tre, op\u00e9ra, cin\u00e9ma&#8230;) et font appel \u00e0 plusieurs sensorialit\u00e9s (ou\u00efe, vision pour les principales). Quand l\u2019\u0153uvre d\u2019art fait appel \u00e0 un seul m\u00e9dia (par exemple la musique seule), n\u2019est-elle pourtant r\u00e9serv\u00e9e qu\u2019\u00e0 la seule ou\u00efe&nbsp;? Quant \u00e0 l\u2019\u0153uvre d\u2019art multimodale, est-elle toujours con\u00e7ue sur le &hellip; <a href=\"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/art-et-multimodalite\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Art et multimodalit\u00e9&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":true,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[32,23],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/229"}],"collection":[{"href":"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=229"}],"version-history":[{"count":82,"href":"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/229\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":496,"href":"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/229\/revisions\/496"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=229"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=229"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.univ-lyon2.fr\/cahiersdemusique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=229"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}