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L’exception au droit d’auteur pour les personnes handicapées

 

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L’exception du droit d’auteur pour les personnes handicapées

 

Selon l’Organisation mondiale de la santé, 314 millions de personnes dans le monde sont aveugles ou malvoyantes et 90% sont issus des pays en voie de développement. Sur le million de livres paru chaque année, seul 5% est accessible aux aveugles et malvoyants selon l’Union mondiale des aveugles. Afin de résoudre cette «pénurie de livres», les associations de malvoyants ont demandé la reproduction des livres en format adapté, mais les lois de droits d’auteur les en ont longtemps empêchés. Si de nombreuses mesures ont été prises ces dix dernières années, il faudra aussi en comprendre les oppositions et les blocages. En France, la loi de 2006 a étendu l’accès au droit d’auteur gratuitement pour les personnes handicapées. Il sera intéressant d’étudier les apports et les limites de cette loi. Ensuite, le traité de Marrakech, mesure internationale, a été voté en 2013 et adopté en septembre 2016 dans seulement vingt états. A l’heure actuelle, l’Union européenne n’a pas ratifié le traité : il s’agira donc d’étudier l’origine de ce blocage.

 

La loi 2006-961 du 1er août 2006 sur le droit d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information

 

Cette loi, adoptée le 1er août 2006, a pour but de favoriser l’accès aux œuvres littéraires pour les personnes en situation de handicap, en effectuant une exception au droit d’auteur. Ce dispositif permet à certains organismes agréés d’adapter librement, et sans aucune contrepartie financière, des œuvres dans des formats accessibles pour les personnes handicapées. Ainsi, des livres peuvent être retranscrits en braille, adaptés en voix humaines ou de synthèse. Il est également possible de demander aux éditeurs les fichiers numériques des œuvres, dont la date de dépôt légal est inférieure à dix ans et postérieure au 4 août 2006, en vue de réaliser et communiquer des éditions adaptées à leurs publics handicapés. La loi de 2006 permet donc de répondre aux besoins des personnes handicapées sans porter atteinte aux ayants-droit.

La consultation de ces documents adaptés est réservée aux bénéficiaires de l’exception. En effet, ces personnes doivent posséder un taux d’incapacité égal ou supérieur à 80%, ou être titulaires d’une pension d’invalidité. Les conditions de l’agrément sont plutôt strictes. Afin de bénéficier de l’exception handicap au droit d’auteur, il est nécessaire de réunir ces conditions : posséder le statut juridique d’une personne morale, telle qu’une association ou un établissement ouvert au public, tel que les bibliothèques, les archives, les centres de documentation, ou les espaces culturels multimédia ; avoir un but non lucratif ; concevoir, réaliser et communiquer des œuvres adaptées au profit de personnes atteintes d’un handicap ; garantir une utilisation strictement personnelle des œuvres adaptées ; être agréé conjointement par le ministre chargé de la culture et le ministre chargé des personnes handicapées. Cet agrément est délivré pour une durée de cinq ans. Afin de centraliser les demandes, de sécuriser les transferts de fichiers, conserver les documents déposés et les mettre à disposition des organismes agréés sans limitation de date, la Bibliothèque Nationale de France a mis en service la Plateforme sécurisée de Transfert des Ouvrages Numériques (PLATON). L’’exception handicap au droit d’auteur n’a donc pu être pleinement mise en œuvre qu’en juin 2010, date d’ouverture de cette plateforme.

Plusieurs modifications ont été apportées à cette loi. Celle du 28 juillet 2011, tendant à améliorer le fonctionnement des maisons départementales des personnes handicapées et portant diverses dispositions relatives à la politique du handicap, est venue modifier cette exception des droits d’auteur. Cet aménagement est le fruit d’un accord entre les éditeurs et les représentants des personnes handicapées. A la suite de cet accord, le délai durant lequel les organismes habilités peuvent demander aux éditeurs la transmission des fichiers numériques des œuvres imprimées est allongé, passant de deux ans à dix ans à compter du dépôt légal du livre. Les fichiers numériques transmis par les éditeurs peuvent être conservés sans limitation de durée par la BNF. Grâce à cet apport de droits concernant la loi de 2006, la dissémination des fichiers source est impossible et les personnes handicapées peuvent accéder à des fichiers plus anciens. De plus, une seconde modification datant du 8 juillet 2015 a permis un élargissement de l’exception au droit d’auteur à tous les degrés d’incapacité, pour tous les types de handicap. Cette mesure facilite l’accès des œuvres aux personnes dyslexiques et dyspraxiques. L’autre disposition importante mise en place est le dépôt obligatoire pour les livres scolaires et pour les autres ouvrages sur demande des équipements ou personnes morales titulaires de l’agrément du ministère de la culture.

Après ces différents apports, le traité de Marrakech de 2013, a ajouté une modification mondiale à l’exception aux droits d’auteur.

 

Le traité de Marrakech, une loi internationale

 

Adopté le 27 juin 2013, le traité de Marrakech fait partie des traités internationaux sur le droit d’auteur administrés par l’OMPI – Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle. Il permet la mise en place d’une exception nationale et transfrontalière afin de faciliter l’accès aux personnes souffrant d’un handicap les empêchant de lire correctement des textes imprimés. Cette vaste définition englobe les aveugles, les déficients visuels, les personnes ayant des difficultés de lecture ou celles incapables en raison d’un handicap physique, de tenir et de manipuler un livre. Il accorde une dimension importante à l’aspect humanitaire et au développement social. Seules les œuvres «sous la forme de texte, de notations ou d’illustrations relatives, qu’elles soient publiées ou mises d’une autre manière à la disposition du public sur quelque support que ce soit» y compris les livres sonores, entrent dans le champ d’application du Traité. Ce dernier impose aux parties contractantes de prévoir une série de limitations et d’exceptions-type relatives au droit d’auteur. Cela permet d’autoriser, d’une part, la reproduction, la distribution et la mise à disposition d’œuvres publiées dans des formats conçus pour être accessibles aux personnes concernées ; et, d’autre part, l’échange transfrontière des mêmes œuvres entre organisations fournissant des services aux bénéficiaires. Un autre élément important est le rôle joué par les entités autorisées, en l’occurrence les organisations chargées de procéder aux échanges transfrontières. La définition -plutôt générale- du terme couvre de nombreux établissements publics et entités à but non lucratif. Ils sont soit expressément autorisés, soit « reconnus » par le gouvernement en tant qu’entités fournissant aux personnes bénéficiaires de nombreux services en matière d’enseignement et d’accès à l’information. Celles-ci sont tenues de définir et de suivre leurs propres pratiques, par exemple d’établir que les personnes auxquelles s’adressent leurs services sont bien bénéficiaires ; fournir des services exclusivement à ces personnes ; décourager l’utilisation non autorisée d’exemplaires, et faire preuve de la diligence requise dans leur gestion des exemplaires d’œuvres.

Le texte remonte à 2013, et a été signé par plus de 80 pays. Malgré tout, il était nécessaire pour qu’il entre en vigueur que vingt pays le ratifient, une étape qui permet de valider définitivement un accord international. Avec la ratification du Canada, mais aussi de l’Équateur et du Guatemala la veille, le compte des vingt pays est atteint en septembre 2016. L’Inde, le Salvador, les Émirats arabes unis, le Mali, l’Uruguay, le Paraguay, Singapour, l’Argentine, le Mexique, la Mongolie, la Corée du Sud, l’Australie, le Brésil, le Pérou, la Corée du Nord, Israël, le Chili, l’Équateur, le Guatemala et le Canada ont ratifié le traité. Ceux-ci s’engagent à rendre possible l’adaptation et la communication de publications en formats accessibles à travers une exception au droit d’auteur, mais aussi l’échange transfrontalier de documents adaptés entre les organisations habilitées. De telles dispositions permettent d’améliorer l’accès aux œuvres, mais aussi la coopération internationale pour lutter contre la famine de lectures qui touche les personnes empêchées de lire.

Si le traité est bel et bien entré en vigueur le 30 septembre 2016 dans vingt pays, l’Union européenne ne l’a toujours pas ratifiée, à cause du blocage de certains pays européens.

 

Les blocages de l’Europe : pourquoi ce retard dans la ratification du traité ?

 

Le 9 avril 2016, le Parlement Européen réclame la ratification du traité de Marrakech. Si les pays peuvent individuellement adhérer au traité à travers une signature, celui-ci n’est effectif qu’après sa ratification. Autrement dit, pour pouvoir le ratifier, les États membres de l’Union européenne doivent attendre que cette dernière effectue la ratification. Il est nécessaire de rappeler que l’unanimité est requise afin d’engager la ratification du traité pour que ce dernier puisse entrer en vigueur à l’international. Cependant l’Union européenne tarde, et les principaux intéressés commencent à s’impatienter. Le retard pris dans la ratification proviendrait d’un blocage de plusieurs pays, dont notamment l’Allemagne et l’Italie au Conseil de l’Europe. La Hongrie, la Grande-Bretagne et Chypre ont également exprimé leur opposition à l’entrée en vigueur du traité. Malgré la loi de 2006, la France n’a elle-même toujours pas ratifié ce traité. En juillet 2014, Aurélie Filippetti, alors ministre de la Culture déclarait : « La Commission européenne doit modifier la directive sur l’exception handicap pour permettre aux législations nationales d’intégrer les stipulations du traité. La France est ainsi soumise au calendrier européen pour engager la ratification du traité » Autrement dit, tant que le traité de Marrakech ne fait pas l’unanimité parmi ses membres, l’Union européenne ne peut le ratifier, quand bien même certains Etats membres y sont favorables.

Les États membres opposés à la ratification assurent que celle-ci ne relève pas de la compétence de l’Union, en vertu de la directive Infosoc, mais de celle de chaque État respectif. Ainsi, plusieurs aspects du traité sont pointés du doigt. Ce dernier impose aux parties contractantes de prévoir une série de limitations et d’exceptions type. Autrement dit, les pays signataires devront permettre aux malvoyants et à leurs associations de reproduire des livres sans demander d’autorisation préalable aux ayants-droits et permettre l’importation et l’exportation des livres reproduits. Autant d’exceptions qui sont vues d’un mauvais oeil par les ayants droits et les organisations d’auteurs. L’European Blind Union, principal lobby européen en faveur des personnes malvoyantes ou non voyantes, avait déjà dénoncé la situation à plusieurs reprises, et craignait que « plusieurs années » ne se rajoutent à l’attente. Le 3 février dernier, le Parlement européen a partagé l’inquiétude de l’EBU, et adopté une résolution intimant à la Commission et au Conseil de l’Europe d’agir plus rapidement.

Malgré les apports des lois de 2006 et 2011, la France conserve un écart considérable avec le reste du monde en matière d’accès aux œuvres pour les personnes handicapées. Ces lois n’ont pas réussi à combler l’écart entre œuvres grand public et œuvres adaptées, en raison du refus des auteurs d’adapter les fichiers XML. Le format XML est nécessaire pour une lecture numérique au format epub. Ces lois favorisaient pourtant les ayants-droit, contrairement au traité de Marrakech. C’est précisément la raison pour laquelle l’Union Européenne a fait blocage. Le projet de loi n° 2016-925 du 7 juillet 2016 portant sur la liberté de création, l’architecture et le patrimoine permet d’élargir l’autorisation aux fichiers numériques, en précisant que l’œuvre devrait être transmise aux associations “dans un format facilitant la production de documents adaptés”. Peut-être le début d’un changement vers plus d’égalité.

Sources

• L’exception au droit d’auteur en faveur des personnes handicapées

• Droit d’auteur : l’exception «handicap» élargie par le projet de loi «cap» (24/07/2015)

• Exception handicap pour l’édition adaptée

• La mise en œuvre de l’exception au droit d’auteur en faveur des personnes handicapées

• Accessibilité : le Parlement européen réclame la ratification du Traité de Marrakech

• Résumé du Traité de Marrakech visant à faciliter l’accès des aveugles, des déficients visuels et des personnes ayant d’autres difficultés de lecture des textes imprimés aux œuvres publiées (2013)

 • A quand la fin de la famine des livres?

La taxation des lectures publiques

S’intéresser au droit d’auteurs et à la diffusion de leurs textes n’est pas une mince affaire. Et la langue française et son vocabulaire aux multiples significations ne nous facilitent pas la tâche. Mais heureusement, nous sommes là pour vous ! Rangez vos dictionnaires et vos encyclopédies, nous vous donnons des explications claires, précises et documentées. Notre objectif ? Que vous en appreniez un maximum sur la taxation des lectures publiques.

Qu’est-ce qu’une lecture publique ?

Le sens de l’expression « lecture publique » est problématique en France car elle peut avoir plusieurs significations, qu’elle soit utilisée dans les textes officiels ou dans la vie de tous les jours. Cette pluralité de définition s’explique en grande partie par la polysémie des mots qui compose l’expression “lecture publique”.

Le mot lecture a plusieurs sens. Au sens le plus large, il désigne l’action de lire, de déchiffrer tout type de notation, de prendre connaissance d’un texte. Ce qui pose problème dans le terme « lecture », c’est qu’il peut aussi bien désigner une action : lire un texte à haute voix devant d’autres personnes ; que l’objet lu : livre, magazine…

Le terme public est utilisé pour caractériser ce qui est commun, à l’usage de tous, accessible à tous.

Dans le domaine de la médiation culturelle, par « publique », il faut entendre « instruction publique ». Il est du devoir de l’État de permettre à chaque citoyen de pouvoir accéder à la lecture, instructive ou divertissante, pour enrichir ses connaissances mais aussi son individualité. Destinée à élargir le savoir des adultes, la bibliothèque publique a également un rôle de complémentarité avec les écoles. Elle transmet le goût de la lecture chez les enfants et les adolescents. La bibliothèque est un lieu d’éducation populaire offrant à tous une éducation libérale, dont la rémunération ne découle pas d’une volonté commerciale.

Mais revenons en à nos moutons.

En réalité, c’est très simple ! Dans le cas qui nous intéresse, la taxation des lectures publiques, l’expression « lectures publiques » désignent les lectures à voix hautes, organisées principalement dans les bibliothèques. Attention !  Il ne faut donc pas confondre la gestion de la lecture publique dans la politique culturelle et le fait de lire un texte en public. Ces deux domaines ont une législation propre à chacun.

Qu’en est-il de la lecture publique comme « représentation orale d’une oeuvre devant un public » ?

La loi donne l’avantage à l’auteur puisqu’elle protège son œuvre doublement grâce aux droits patrimoniaux et aux droits moraux. Les droits patrimoniaux sont les droits qui permettent de tirer profit d’une œuvre, tandis que les droits moraux sont ceux qui protègent l’œuvre de tout ce qui pourrait lui nuire, même si l’auteur n’a rien entrepris de commercial sur elle. À l’intérieur de ces deux droits très larges qui englobent toutes les questions de l’auteur, se nichent, comme dans une poupée russe, d’autres droits qui touchent précisément à la question des lectures publiques.

Dans les droits patrimoniaux, on reconnaît par exemple le droit de représentation qui concerne la communication de l’œuvre par des procédés quelconques, telles que des représentations théâtrales, des projections télé, des adaptations cinématographiques, des adaptations en spectacle et, bien évidemment, des lectures publiques.

Dans les droits moraux, on reconnaîtra à l’auteur le droit de divulgation qui lui permet de décider seul si son œuvre doit être rendue publique ou non. C’est ce droit qui protège l’oeuvre des utilisations d’une oeuvre dans lesquelles peuvent rentrer la lecture publique.

Que doit-on faire pour organiser une lecture publique ?

Il faut contacter le détenteur de ces droits, l’auteur, ou, si ce dernier est décédé, les personnes à qui il a légué ses droits (famille, éditeur etc.) et acquérir les droits moraux de divulgation et les droits de représentation. Le plus facile reste de passer par un organisme médiateur comme la SCELF (Société Civile des Editeurs de Langue Française). Il suffira alors de faire une demande d’autorisation auprès de l’organisation pour avoir le droit de réciter l’oeuvre des auteurs. La SCELF met en relation l’organisateur des lectures avec l’éditeur.

Lors d’une lecture, pendant un spectacle payant, cette demande d’autorisation doit être remplie trois à six mois avant. Si celui-ci est gratuit, la demande d’autorisation doit être effectuée, au plus tôt, un an avant la représentation et au plus tard, trois mois avant celle-ci. Ensuite, cette demande devra être transmise aux éditeurs par le biais de la SCELF par e-mail ou par voie postale. Il faut savoir que ces autorisations ne concernent que la diffusion de l’oeuvre sous forme de lectures ; les enregistrements, diapositives et musiques qui reprennent ces textes ne sont pas considérées comme des lectures publiques.

Concernant l’auteur, il garde un droit moral sur son oeuvre. En effet, il est bien évidemment interdit de modifier le titre, le contenu ou de faire des coupes dans celui-ci. L’éditeur représente l’auteur lors de ces lectures : si l’auteur se plaint en cas d’atteinte au droit moral, c’est lui qui devra organiser des poursuites judiciaires.

Bien entendu, le nom de l’éditeur, le titre du texte ou son auteur doivent être présents sur tous les documents en lien avec le spectacle (programmes, flyers, fiches, site web, invitations, etc.). Il faut aussi que l’organisateur indique, dans sa déclaration, auprès de l’éditeur :

  • la durée totale du spectacle
  • la durée de lecture des extraits de textes utilisés pendant la représentation
  • le nombre de personnes présentes
  • le prix de l’entrée
  • le nombre de lectures publiques
  • les dates
  • le titre de l’intervention

La lecture publique a un coût. En effet, l’organisateur de la lecture publique doit payer l’éditeur en fonction du type de spectacle (payant ou gratuit). L’éditeur touche un pourcentage des recettes de l’animation.

Et en cas de non-respect de la loi ?

S’il ne respecte pas la demande d’autorisation qu’il a envoyé à l’éditeur, l’organisateur d’une lecture publique risque une amende. Si l’amende n’est pas payée avant un certain délai, l’éditeur peut engager un procès.

Le cas précis de lecture publique dans un établissement culturel : la bibliothèque.

Il n’est pas toujours évident de concilier l’accès à la culture pour tous et le respect des droits qui protègent les auteurs et leurs textes. Des atteintes aux droits d’auteurs, des artistes-interprètes, des producteurs ou éditeurs sont faites quotidiennement.

Il est donc important de connaître les lois du milieu dans lequel vous travaillez.

Que se passe-t-il dans une bibliothèque lors d’organisations de lectures publiques ?

La bibliothèque doit payer une redevance, peu importe le lecteur, comédien professionnel ou amateur ; et le type de lecture, mise en scène ou non.

Toute interprétation ou représentation d’une œuvre est considérée comme une communication au public. Même si l’entrée de l’animation est gratuite, la lecture d’un texte est taxable au titre des droits patrimoniaux.

Qui est en charge de la gestion de ces droits ?

La SACD, la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques.

Avant la représentation publique, l’organisation transmet les autorisations prérequises. La SACD perçoit également les droits et les redistribue aux auteurs.

Exception à la règle !

En France, l’oeuvre tombe dans le domaine public 70 ans après la mort de l’auteur. Si le texte lu remplit ce critère, l’établissement est alors exonéré des droits.

Quel débat suscite la taxation des lectures publiques dans les bibliothèques ?

Le débat autour de la taxation des lectures publiques oppose les bibliothèques qui n’en veulent pas et les détenteurs des droits d’auteurs qui la demandent.

La plupart des lectures publiques en bibliothèques sont gratuites pour le public, celui-ci n’a pas à payer pour y assister. De la même manière, l’intervenant n’est pas payé pour lire. Mais cette gratuité n’est pas reconnue par la loi, elle est simplement tolérée depuis des années. La loi considère la lecture d’un texte comme un acte de représentation. Elle ne fait pas de distinctions entre manifestations payantes et manifestations gratuites, et c’est au nom de cette loi que les détenteurs du droit d’auteur veulent imposer la taxation sur les lectures publiques.

La question au centre du débat est de savoir si, comme le stipule la loi, une représentation non rémunérée est un préjudice fait à l’auteur. La loi protège l’auteur contre d’éventuels plagiats, détournements et profit de son œuvre. Soumettre les lectures publiques à redevance reviendrait à les considérer  comme un préjudice fait à l’auteur, demandant systématiquement réparation. Mais est-ce porter préjudice à un auteur que de le faire découvrir à un public large ? Est-ce que lire des livres aux enfants est une atteinte faite à l’auteur ? Posée ainsi, la question devient absurde, puisqu’il ne s’agit pas de profiter malhonnêtement d’une œuvre mais, au contraire, de lui apporter un public. Le vrai préjudice aurait été de rémunérer le lecteur qui aurait alors gagné de l’argent sur la qualité d’une œuvre qui n’est pas la sienne. Or ce n’est pas le cas, les lectures publiques participent à la popularité des œuvres. En les taxant, on nuirait à la fois aux bibliothèques et aux auteurs.

Pourquoi les bibliothèques n’en veulent pas ?

Parce que cela entraînerait d’importantes dépenses que leur budget ne pourrait pas couvrir.

Les bibliothèques ne pourraient plus organiser de lectures gratuites et seraient contraintes de les réduire, voire de les supprimer. Triste sort pour des animations qui participent grandement à la popularité des bibliothèques. Le meilleur exemple de cette popularité est Les Heures du Conte, lectures publiques organisées pour les enfants et les parents, et qui réunissent, chaque année, des milliers de personnes. Pour pallier cela, la SCELF propose aux bibliothèques un forfait annuel ou un tarif préférentiel, mais ce n’est pas une vraie solution, c’est toujours trop lourd pour les bibliothèques qui demandent simplement de conserver la gratuité de ces lectures. Les bibliothèques subissent d’importantes réductions budgétaires et la procédure de demande d’autorisation est longue et fastidieuse.

Et c’est un débat qui fait toujours rage…

Le 17 novembre 2016, l’Association des Bibliothécaires France publie un communiqué suite à leur rencontre avec la SCELF. La position de l’ABF n’admet pas de compromis : les bibliothèques doivent disposer d’une exception totale, au nom du droit de participer librement à la vie culturelle (DDH).  La SCAD désire, quant à elle, exclure les heures du conte de la perception de droits de représentation.

La SCELF reste, à l’heure actuelle, muette sur le sujet, et la loi de la taxation des lectures publiques est toujours là.

Autant dire que les débats autour de la taxation des lectures publiques sont loin d’être clos.

LEXIQUE DES ABRÉVIATIONS

ABF: L’Association des Bibliothèques de France regroupe plus 3000 adhérents autour de la défense des bibliothèques en France. Créée en 1906 et reconnue d’utilité publique en 1969 l’ABF est la plus ancienne association de bibliothécaires en France et la seule à regrouper des professionnels de tous types d’établissements quels que soient leur grade ou leur fonction.

DDH : Déclaration des Droits de l’Homme, texte fondateur et préambule de la Constitution Française reconnaît le droit à quiconque de participer à la vie culturelle. C’est au nom de ce droit que les bibliothécaires veulent préserver la gratuité des lectures publiques.

SACD: La Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques est en charge de délivrer et reconnaître les droits d’auteur sur son œuvre. Fondée en 1777 par Beaumarchais, elle est la plus vieille société fondatrice de ces droits.

SCELF: La Société Civile des Editeurs de Langue Française est une société fondée en 1960 par un groupe d’éditeurs et qui a pour but de réunir l’ensemble des éditeurs littéraires autour de la question du droit d’auteur. Comme la SACD, elle veille au respect de ces droits mais surtout autour des acteurs de l’édition littéraire. Elle réunit 300 éditeurs membres.

WEBOGRAPHIE

Définitions

« La lecture publique en France ». Bulletin des bibliothèques de France (BBF), 1968, n° 3, p. 105-134. Disponible en ligne : http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-1968-03-0105-001
« Droits et taxes en bibliothèque ». La bibliothèque départementale. Disponible en ligne : http://www.yonne-biblio.fr/Ressources-numeriques/Wiki-outils/Droits-et-taxes-en-bibliotheque

Les sites officiels et les textes de lois

« Conditions générales applicables pour la lecture et récitation publique ». Société Civile de Éditeurs de Langue Française. Disponible en ligne : http://lectures-publiques.scelf.fr/conditions-generales.html

Les débats

« Communiqué suite au rendez-vous du 14 novembre 2016 avec la SCELF ». Association des Bibliothécaires de France. 17 novembre 2016. Disponible en ligne : http://www.abf.asso.fr/1/22/636/ABF/communique-suite-au-rendez-vous-du-14-novembre-2016-avec-la-scelf
Calimaq, « Pourquoi il faut résister à la taxation des lectures publiques et des Heures du Conte en bibliothèque ». Bibliothèques, Musées et autres établissements culturels. 12 novembre 2016. Disponible en ligne : https://scinfolex.com/2016/11/12/pourquoi-il-faut-resister-a-la-taxation-des-lectures-publiques-et-des-heures-du-conte-en-bibliotheque/

L’OPEN ACCESS DANS L’EDITION SCIENTIFIQUE.





Introduction

Si l’Open Access (ou « accès libre ») est si difficile à définir c’est précisément que sa définition est l’objet d’une bataille dont les enjeux économiques et politiques sont de taille. Ainsi, selon la Budapest Open Access Initiative (BOAI, 2002) :

« par ‘accès libre’ à [la littérature de recherche validée par les pairs], nous entendons sa mise à disposition gratuite sur l’Internet public, permettant à tout un chacun de lire et s’en servir à toute autre fin légale, sans barrière financière. La seule contrainte sur la reproduction et la distribution et le seul rôle du droit d’auteur dans ce contexte devrait être de garantir aux auteurs un contrôle sur l’intégrité de leurs travaux et le droit à être correctement reconnus et cités. »

Le développement d’internet est à l’origine du mouvement Open Access et, depuis sa création, il est un sujet de discorde récurrent entre chercheurs et éditeurs dans la mesure où les scientifiques initiateurs du mouvement avaient pour volonté, dès l’origine, de rendre disponibles leurs travaux en s’émancipant des canaux de diffusion traditionnels. Peu à peu, différents modes de publication se sont développés, interrogeant toujours plus le droit d’auteur et le statut des éditeurs. Alors en quoi l’Open Access est-il aujourd’hui une évolution bénéfique pour la communauté scientifique ?


I/ Qu’est-ce que l’Open Access ?

I/.1 Les grandes dates

  • 1991 : Premières ébauches d’Open Access par Paul Ginsparg (arXiv.org), physicien à Los Angeles et Steven Harnad, professeur à l’université de Suthampton (Cogprint).
  • 1999 : Convention de Santa Fe, élaboration d’un protocole permettant « l’interopérabilité entre les archives ouvertes » (pas de restriction d’accès entre les archives).
  • 14 février 2002 : Lancement de la Budapest Open Access Initiative, une déclaration internationale majeure sur le libre accès.
  • 2003 : Déclaration de Berlin, considérée comme fondatrice du mouvement libre accès.
  • 24-30 octobre 2009 : Création de l’Open Access week.
  • Juin 2013 : Première loi sur l’Open Access en Allemagne qui autorise l’auteur à rendre son texte ouvert à tous douze mois après sa publication.
  • 9 octobre 2013 : Loi sur l’Open Access en Italie qui contraint les revues financées au moins à 50% par l’Etat à être publiées en Open Access.
  • 8 octobre 2006 : Loi Lemaire annonçant un nouveau « droit d’exploitation secondaire » au profit des chercheurs. Cela permet de faciliter le dépôt en archives ouvertes de leurs publications.


I/.2 Les modèles de la voie verte et de la voie dorée

Voie verte : auto-archivage ou dépôt par l’auteur dans une archive ouverte.

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Voie dorée : cette voie concerne les publications nativement publiées sur Open Access.

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I/.3 Les alternatives et variantes

Bien sûr, l’Open Access n’est pas la seule méthode de diffusion des connaissances universitaires sur internet : il existe des contre-modèles et des variantes. Parmi elles, le modèle sponsor-payeur fait parti des trois modèles économiques coexistant au sein du mouvement. Il consiste à assurer le financement de la publication scientifique par un organisme tiers (société savante, fondation ou organisation publique de recherche). En cela, il s’oppose à la voie dorée dit modèle auteur-payeur dans lequel l’auteur assure lui-même le financement de la publication de son article.


II/ Réticences face à l’Open Access

Lorsque l’on parle d’Open Access et de publication numérique, cela suscite plusieurs inquiétudes chez les revues scientifiques concernant le coût de cette accessibilité, le prestige lié au contenu publié par les revues traditionnelles, les revenus des auteurs et le plagiat. L’Open Access fait peur aux revues scientifiques papier qui se sentent vulnérables face au numérique. Pour elles, c’est une perte de prestige autant qu’une perte de contrôle sur le contenu publié. Pourtant, l’accès libre à la recherche ne nuit pas à la recherche, mais la favorise.

L’Open Access est souvent présenté à tort comme une atteinte aux droits d’auteurs, qui rassurent davantage les chercheurs comme les éditeurs, mais « le Copyright peut également être une barrière significative » — car pour modifier un article, il faut généralement les droits d’auteur. Quant aux auteurs, il ne s’agit pas de nuire à leurs revenus : « L’accès libre aux articles de recherche ne demande pas à des auteurs qui gagnent des royalties de ne plus en gagner ».

La dernière inquiétude des chercheurs et des éditeurs en ce qui concerne l’Open Access, c’est le plagiat. Mais comme Peter Suber l’explique, le plagiat n’est pas réellement un problème :

« Dans tous les cas, si rendre la littérature numérique et en ligne rend le plagiat plus facile à commettre, alors l’OA rend le plagiat plus facile à détecter. Tous les plagieurs ne sont pas intelligents, mais ceux qui le sont ne copieront pas à partir de travaux disponible en OA et indexés par tous les moteurs de recherche. »


III/ Les enseignants-chercheurs et doctorants face à l’Open Access

Un bon nombre d’enseignants-chercheurs choisissent de publier en libre accès le fruit de leurs recherches. Pour eux, la science doit dépasser les frontières purement académiques pour atteindre la société dans sa globalité. En effet, la recherche étant un financement public, les résultats devraient l’être également. Le contribuable est en droit de savoir à quelles fins est utilisé son argent.

« J’aimerais que les gens lisent mes recherches et qu’elles aient un impact sur la société, et la science. Lorsque ma recherche est plus disponible pour le public alors je peux avoir un impact plus conséquent. Le libre accès apporte une meilleure visibilité à mon travail. » Emilios GALARIOTIS (chercheur en finance)

« L’Open Access permet une accessibilité immédiate. Il en découle des recherches plus productives car on sait ce qu’il se passe dans l’instant. » Céline LOUCHE (chercheur en stratégie)

La publication en libre accès est un avantage pour les doctorants puisqu’ils peuvent ainsi faire connaître plus rapidement leurs écrits et enrichir leurs recherches. Il faut parfois attendre plusieurs années avant qu’une revue scientifique accepte de les publier. Ainsi, l’Open Access permet de recevoir des critiques extérieures constructives et d’améliorer son travail avant d’en soumettre une version finale pour une revue scientifique.

De plus, les doctorants n’ont parfois pas accès aux ressources nécessaires pour effectuer leurs recherches. Le coût des revues scientifiques étant toujours plus élevé, certaines universités se retrouvent dans l’incapacité de payer leurs abonnements aux revues les plus chères.


Conclusion

Allant de pair avec l’Open Access, les Creative Commons, ou licences créatives, tendent vers un partage toujours plus large tout en respectant les droits d’auteurs originels. Les licences créatives insistent sur la mention BY (qui attribue l’ouvrage à un auteur, et qui est obligatoire). L’alliance de l’Open Access pour la recherche scientifique et des Creative Commons pour toutes les oeuvres créatives permettent à la recherche de s’adapter à la technologie, de partager des contenus sans les commercialiser, de les protéger sans nuire à l’oeuvre dans sa globalité.

Si l’on considère le savoir comme un bien commun, il ne devrait pas être nécessaire de payer pour y accéder. C’est pourquoi le libre accès semble être l’avenir de la recherche scientifique dans la mesure où il se déploie en de nombreuses variantes qui lui permettent de s’adapter à la plupart des modèles économiques.




Références bibliographiques :

Open Access, voies vertes et dorées

Points de vue de chercheurs en management sur l’Open Access

Peter Suber, Open Access


Dessine-moi un domaine public

Libération, Le Nouvel Obs, Le Point… en 2015, nombreux sont les journaux qui ont fait au moins un article sur une exception bien française : Le Petit Prince de Saint-Exupéry n’entrera pas dans le domaine public en France alors que c’est le cas chez ses voisins européens. Pourquoi ?

`Le domaine public : une petite planète bien complexe

Pour bien comprendre l’histoire de notre Petit Prince, il faut d’abord comprendre ce qu’est le domaine public mais également ce qu’est le droit d’auteur parce que l’un n’existerait pas sans l’autre.

Qu’est-ce que le droit d’auteur ?

Le droit d’auteur est une forme de propriété particulière qui permet aux auteur.e.s de posséder exclusivement leur création. Il se divise en deux parties : les droits patrimoniaux (relatifs à l’exploitation économique de l’œuvre) et les droits moraux (qui garantissent le respect de l’intégrité de l’œuvre et de la volonté de l’auteur.e). Les droits patrimoniaux sont limités dans le temps. Une fois cette période écoulée, l’œuvre entre dans le domaine public. Elle peut alors être utilisée par tout un chacun sans avoir de droits à payer.

Aujourd’hui, en France, l’œuvre d’un.e auteur.e entre dans le domaine public soixante-dix ans après sa mort mais cela n’a pas toujours été le cas. Le droit d’auteur a été créé à la Révolution Française. L’auteur.e conservait alors ses droits sur l’œuvre jusqu’à dix ans après sa mort. Par la suite, cette durée s’est progressivement rallongée, passant de cinquante ans après sa mort à la fin du XVIIIème siècle à soixante-dix ans en 1997 suite à une directive européenne.

La législation concernant les droits d’auteur n’est pas la même partout dans le monde : par exemple, au Canada et au Japon, les droits sur l’œuvre sont maintenus pendant cinquante ans après la mort de l’auteur.e alors qu’au Mexique ils le sont pendant cent ans.

Qu’est-ce que le domaine public ?

Le domaine public est constitué :

  • des idées et des faits bruts parce que ce sont des concepts qui n’appartiennent à personne
  • des œuvres non protégées par le droit d’auteur. Ex : le discours d’un parlementaire
  • des œuvres qui ne sont plus protégées par le droit d’auteur comme on l’a expliqué précédemment.

Une fois dans le domaine public, l’œuvre devient librement utilisable par tous et toutes. Elle peut ainsi alimenter de futures créations, être traduite, adaptée en films, en jeux vidéo : tout devient possible tant que la nouvelle création respecte la volonté de l’auteur.e, c’est-à-dire son droit moral. Le domaine public offre ainsi plusieurs avantages : il permet des intertextualités et des références dans les nouvelles œuvres ; il préserve le patrimoine culturel puisque comme chacun y a accès, chacun peut sauvegarder cette héritage et le porter à la postérité ; il facilite l’éducation en rendant accessible les livres à tous les publics.

La France, une terre d’exceptions

En France, le droit d’auteur peut s’étendre au-delà du délai de soixante-dix ans après la disparition d’un.e auteur.e. Ce régime « de faveur » s’explique par les circonstances de la mort de l’auteur.e.

Prorogations de guerre

La durée de protection des œuvres d’auteur.es mort.es pour la patrie est prolongée de trente ans par rapport à la durée légale.

Un autre délai est possible si la période d’exploitation commerciale des œuvres a subi l’impact économique de l’une ou des deux guerres mondiales. Ces prorogations reposent sur l’ancienne durée légale de cinquante ans. La loi française a fixé trois durées de protection en fonction de la date de publication des œuvres :

  • 94 ans et 272 jours pour les œuvres publiées avant le 1er janvier 1921
  • 88 ans et 120 jours pour les œuvres publiées entre le 1er janvier 1921 et le 31 décembre 1947 inclus
  • 80 ans pour les œuvres publiées après le 31 décembre 1947

Auteurs « morts pour la France » : qui sont-ils ?

Abattu par un avion allemand alors qu’il survolait la Méditerranée le 31 juillet 1944, Saint-Exupéry est considéré comme étant mort pour la France. De fait, son œuvre bénéficie d’une prolongation. Alors qu’Antoine de Saint-Exupéry aurait dû rentrer dans le domaine public le 1er janvier 2015, ce ne sera pas le cas, en France, avant 2032. Il paraît inconcevable qu’il soit possible de partager, copier et adapter librement Le Petit Prince dans le monde entier, sauf dans son propre pays mais pourtant c’est bel et bien le cas. Le livre le plus lu dans le monde – après la Bible – n’est pas libre de droits dans l’Hexagone, contrairement au reste de l’Union européenne.

Tout comme pour le célèbre aviateur, un délai supplémentaire a été accordé à l’œuvre de Guillaume Apollinaire. Apollinaire fut blessé au front en 1916 par un éclat d’obus à la tempe. Il succomba deux ans plus tard de la terrible grippe de 1918. Jugeant que sa blessure l’avait affaibli, on reconnut cependant le sacrifice fait à la Nation. Ce n’est donc qu’en 2013 que l’œuvre du poète est entrée dans le domaine public. Il est aujourd’hui possible de copier, partager, adapter ou citer librement son œuvre sans verser d’argent à des ayants droit ou leur demander l’autorisation.

Une affaire de gros sous

Au-delà de l’aspect légal, ces diverses exceptions pèsent de manière financière. L’exemple du Petit Prince est très parlant. Le livre rapporte environ 100 millions d’euros de chiffre d’affaires public, selon l’AFP. L’œuvre constitue une réelle mine d’or pour les ayant-droits. C’est en raison de ces royalties que les héritier.e.s se battent pour garder les droits le plus longtemps possible. Plus l’entrée dans le domaine public est reportée, plus l’œuvre rapporte. Pour cette raison, certain.e.s préfèrent reculer pour mieux sauter, car chaque pas en arrière est accompagné de son petit pécule.

Intérêts privés et bien commun : l’éléphant dans le boa

Il y a donc en France différentes règles qui régissent le droit d’auteur et déterminent ce qui appartient au domaine public. Mais, ces règles ont des limites. Intérêts personnels ou frontières qui tendent à s’effacer à l’ère du numérique, ces éléments fragilisent la notion de domaine public et le législateur peine à prendre des mesures pour la renforcer.

Droit des marques et domaine public : une contradiction juridique

Lorsqu’il est question de droit d’auteur, les enjeux financiers sont donc souvent très importants. Les ayants droit du Petit Prince, par exemple, le savent bien et ils ont peut-être trouvé une manière de ne jamais perdre les droits qu’ils ont sur l’œuvre de Saint-Exupéry : ils ont créé une marque à partir des personnages du roman.

À l’origine, le droit des marques sert à protéger la propriété intellectuelle dans le but de commercialiser un produit ou un service. Pour bénéficier du droit des marques, il faut d’abord enregistrer sa marque auprès de l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI). Une œuvre entière ne peut pas être déposée comme marque, mais les personnages peuvent l’être puisque la loi prévoit que tout signe « susceptible de représentation graphique » peut constituer une marque (Article L711-1). Une fois enregistrée, la marque ne peut pas être ni copiée ni utilisée par qui que ce soit d’autre que par son propriétaire. Cette protection qui dure dix ans peut être renouvelée autant de fois que le souhaite le propriétaire de la marque en question.

Les ayants droit du Petit Prince utilisent donc le droit des marques en déposant les personnages du roman. Où est le problème ? C’est légal après tout… Le problème réside dans le caractère illimité du droit des marques qui entre en conflit avec la limite temporelle imposée au droit d’auteur. Même si cette limite peut varier, un jour ou l’autre, l’œuvre entre dans le domaine public et doit pouvoir être utilisée par tous. Seulement voilà, si les personnages sont protégés par le droit des marques, l’œuvre n’est pas exploitable. Les intérêts personnels des ayants droit créent une contradiction avec l’idée même de domaine public.

Le domaine public à l’ère du numérique : une notion encore floue

Depuis les années 2000, l’information se répand rapidement et (quasi) sans limites grâce, entre autres, à l’émergence, puis l’avènement, des blogs, des réseaux sociaux, des wikis et autres outils de création et partage de contenu en ligne. Le Web 2.0 a vu le jour et, en une dizaine d’années, notre rapport à l’information a évolué. Envolées les frontières, balayées les contraintes spatio-temporelles de mon petit monde physique, sur la planète Web, je me balade de page en page dans un espace voulu sans limites.

Mais, si moi j’ai depuis bien longtemps les deux pieds (et mes petites habitudes) dans le Village planétaire, certains éléments s’adaptent mal à son fonctionnement. C’est le cas de mon Petit Prince et de la question de son entrée dans le domaine public. Par définition, une œuvre qui entre dans le domaine public appartient alors à tout le monde. Et maintenant, on a bien compris qu’on ne sera libre de diffuser sa propre version de l’œuvre de Saint-Exupéry qu’en 2032. C’est vrai… si je réside en France. Mais dans mon Village global dans lequel je me promène de plus en plus aisément grâce à Internet, on se moque bien des frontières. Alors, si j’ai une subite envie de lire Le Petit Prince, je n’ai qu’à me balader sur la toile pour le trouver. Et c’est là qu’on atteint la limite des exceptions françaises au domaine public. Ainsi, que Saint-Exupéry soit mort pour la France, cela fait une belle jambe à nos voisins belges. Pour eux, Le Petit Prince est entré dans le domaine public après les soixante-dix ans réglementaires. Ils sont donc libres de le diffuser et c’est grâce à cela que je peux facilement le trouver sur le Web et assouvir mon envie soudaine de le lire.

Les exceptions françaises semblent bien désuètes à l’ère d’Internet voire inadaptées. Ne faudrait-il pas, dans ce cas, faire évoluer la notion même de domaine public ? Certain.es élu.es se posent aujourd’hui la question.

Le statut juridique du domaine public : le cœur du problème

Exceptions françaises, droit des marques… le problème est le même : on cherche à prolonger la durée des droits sur l’œuvre pour que les ayants droit ou les exploitants puissent en tirer le plus de profits. Et cela est rendu possible par le simple fait que le domaine public n’est pas assez bien défini dans la loi. C’est une notion définie uniquement par négation : le domaine public existe au moment où l’œuvre cesse d’être la propriété de son auteur.e ou de ses héritier.e.s. Avec une telle définition, le législateur place les intérêts des ayants droit au-dessus de l’intérêt public. Depuis 2013 et la publication du rapport Lescure, plusieurs propositions ont été faites pour résoudre ce problème.

Le rapport Lescure a été commandité par le Ministère de la Culture en 2012 au journaliste Pierre Lescure. En mai 2013, à sa publication, voici ce qu’il recommande :

« Établir dans le code de la propriété intellectuelle une définition positive du domaine public et affirmer la prééminence du domaine public sur les droits connexes. »

Le problème semble donc clairement identifié et on se dit que depuis trois ans, les député.es ont bien dû trouver des solutions. Il y a eu plusieurs tentatives. La première a été la proposition de loi “visant à consacrer le domaine public, à élargir son périmètre et à garantir son intégrité” déposée par la députée Isabelle Attard, en novembre 2013. Elle a échoué. Deux ans plus tard, une nouvelle loi a été discutée à l’Assemblée : la Loi Création. Un amendement a été proposé pour enfin inscrire une définition positive du domaine public dans la loi. Il a été rejeté. La même année, un nouveau projet de loi s’est attaqué au problème : la Loi pour une République numérique. Ce nouveau projet, en plus d’identifier le problème de définition, s’est intéressé à ce fameux ovni qui effraie la/le législateur/trice : le numérique.

« Il n’existe aujourd’hui aucun statut juridique pour le domaine commun informationnel et donc aucune protection associée. C’est pourquoi il est nécessaire d’instaurer une définition positive du domaine commun informationnel, afin de préserver les possibilités nouvelles de partage et de diffusion des connaissances et des œuvres qu’ont ouvertes les technologiques numériques. »

La disposition visant à consacrer « un domaine public informationnel » a été écartée. Nous sommes en 2016 et, si bien des choses ont évolué, on ne peut pas en dire autant de la définition du domaine public.

Le Petit Prince n’est pas libre de droits dans le pays natal de son auteur. Cette exception française qui a fait écrire bien des journalistes en 2015 nous a permis d’en apprendre davantage sur le domaine public et le flou juridictionnel qui entoure sa définition. En France, les problèmes liés à la notion de domaine public ont été identifiés et si les solutions sont visiblement faciles à trouver aux vues du nombre de propositions, la/le législateur/trice ne semble pas penser qu’elles peuvent servir l’intérêt commun… ou plutôt elle/il semble, peut-être, penser qu’elles desservent trop des intérêts privés.

Ecrire c’est comme creuser

Consigne 

 

 

Ecrire c’est comme creuser sous terre. C’est choisir de descendre seul, muni simplement d’une pioche et d’une lampe. Arrivé en bas, au fond, loin du sol, on commence le travail. D’abord on n’ose pas trop, on gratte la page, la paroi rocheuse. Puis on essaie de creuser un coup, juste pour voir et on creuse à nouveau jusqu’à ce qu’on maîtrise le geste. C’est le même geste cent fois, de la pointe de la pioche contre le papier, mais ce n’est jamais la même musique. Chaque effort porte ses fruits, les coups répétés résonnent et on amasse de la matière. Il y a quelque chose d’excitant à être là, à écrire, à détacher de la roche quelque chose de précieux. C’est un travail invisible et dont le monde en haut ne voit toujours que le résultat. Le charbon, style efficace, c’est la grande production, le roman à mille pages que l’on a déjà lu. On ressort de la mine avec le visage noir, la chemise trempée de sueur et le sentiment du travail accompli. Mais l’argent, l’or et tous les métaux précieux sont autrement plus rares et difficiles à extraire. Il ne suffit pas de taper dans le dur, d’aligner les mots et de discourir sur la page, encore faut-il avoir la patience de creuser pendant des heures avant de trouver une pépite ou de la poussière d’or. Et puis il y a les pierres, les opales, les diamants, les saphirs, la poésie de toutes les couleurs qu’il ne faut pas trop déterrer, qu’il faut plutôt laisser dans le secret.

Mais sous terre, on prend toujours le risque de se perdre. Si la lampe s’éteint, on plonge dans le noir : c’est la page blanche. Alors on se trouve sans ressource, on erre dans les galeries qu’on croyait connaitre par cœur et on finit par lâcher la plume parce qu’on se dit « A quoi bon ? ». Avec rien de plus que nos doigts qui se tordent, on cherche de l’air, l’inspiration qui se fait rare en bas, si loin du sol. Et quand on reprend son souffle, on se distrait comme on peut, on compte combien de morceaux de roche ou combien de morceaux de phrase on est capable d’arracher à mains nues. Si peu. Peut-être est-on allé trop loin, peut-être a-t-on creuser trop profond. A force de planter ses ongles dans l’ombre et dans la pierre, on parvient pourtant à saisir autre chose que du vide. L’espoir rend la paroi friable et petit à petit on reconstitue ce qui se décrochait autrefois d’un seul bloc. Le texte instable s’émiette, se fait et se défait au gré des efforts. Et on finit par s’habituer à l’obscurité, on s’accommode aussi de nos mains pour toute pointe à planter là. Alors le travail reprend et les gestes se répètent, et on se dit qu’on trouvera coûte que coûte un moyen de rejoindre la surface.

Calendrier du fantastique-septembre 2016

La revue du fantastique

Septembre : c’est la rentrée, retour à l’école et révision des classiques

30 août – 6 septembre

Ces deux soirs là, la chaîne 6ter rediffuse les deux films cultes que sont SOS fantômes et SOS fantômes 2, qui datent respectivement de 1980 et 1989. Pour les nostalgiques du bibendum chamallow et des effusions de fluide verdâtre, voilà une bonne alternative au nouvel opus sorti au mois de juillet dernier. Celui-ci, qui promettait d’inverser les clichés avec une équipe de chasseuses de fantômes assistées d’un secrétaire benêt, n’avait pas réussi à nous conquérir malgré les nombreux clins d’œil à l’original. Pour les nostalgiques donc, installez-vous sur votre canapé et à vous la soirée pop-corn devant le petit écran.

13 septembre

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire du grand Roald Dahl. Ce maître de la littérature pour enfants (et pas que) aurait eu 100 ans ce mardi. Décédé en 1990, il reste l’inoubliable auteur de Charlie et la chocolaterie, de James et la Grosse Pêche, de Matilda, du Bon Gros Géant, de Sacrées sorcières… parmi tant d’autres. Indissociable de l’illustrateur Quentin Blake, sa vie pourtant trépidante, digne de celle d’Antoine de Saint-Exupéry, demeure moins connue que son œuvre. Elle pourrait faire l’objet d’un roman à elle seule : aviateur héroïque pendant la deuxième guerre mondiale, espion britannique, il fréquenta notamment Ian Flemming, Walt Disney et Alfred Hitchcock. Suite à un grave accident subi par son fils, il inventa et fit breveter un dispositif médical qui a depuis bénéficié à des milliers de patients. C’est donc l’occasion ou jamais de rendre hommage à celui qui, grâce à ses aventures extraordinaires, a fait rêver tant de générations.

15 septembre

Deux anniversaires sont à célébrer aujourd’hui : premièrement celui d’Agatha Christie, la reine du crime, née il y a 126 ans. Comme son compatriote Roald Dahl, son œuvre comme sa vie ont été réellement hors du commun. Mariée plusieurs fois, elle travailla en tant que pharmacienne pendant la première et la deuxième guerre mondiale, ce qui lui permit d’acquérir une grande connaissance des poisons. En 1926, elle aurait mis en scène sa propre disparition pour échapper à son mari volage. Elle accompagna son deuxième mari, archéologue, sur de nombreux chantiers de fouilles et se prit de passion pour l’archéologie, ce qui représenta une inspiration pour beaucoup de ses intrigues. Elle est à ce jour l’auteur la plus traduite dans le monde, et le deuxième écrivain britannique le plus lu derrière William Shakespeare.

Bon anniversaire également à Tommy Lee Jones, moins illustre mais tout de même inoubliable dans le rôle de l’agent K dans la série des films Men in Black. Il fête aujourd’hui ses soixante-dix ans !

21 septembre

Pour les plus jeunes, sortie sur les écrans de Kubo et l’armure magique. Le dernier film des studios Laïka (Coraline, Les Boxtrolls) s’annonçait comme une grande réussite graphique, un conte aux images magnifiques. L’histoire, celle d’un jeune garçon lancé dans une quête sur les traces de ses origines, était classique mais néanmoins truffés de beaux moments poétiques. Malheureusement le dessin animé ne semble pas pour l’instant avoir rencontré son public… dommage.

22 septembre

Le mois de septembre est synonyme d’une actualité chargée pour l’écrivain fantastique Bernard Werber. Rappelons d’abord qu’il a déjà derrière lui une œuvre très prolifique, des Thanatonautes à la trilogie des Dieux, des Fourmis à L’encyclopédie du savoir relatif et absolu. Auteur, metteur en scène, réalisateur, il a également créé un site Internet, « l’arbre des possibles », où il propose aux internautes d’imaginer les futurs possibles de l’humanité.  Il s’agit donc réellement d’un penseur complet, dont les romans traitent à la fois de science, de philosophie, d’histoire et touchent parfois même à l’ésotérisme. Il démontre encore ce mois-ci sa polyvalence en étant présent dans trois domaines différents : la première de sa pièce Nos amis les humains a lieu aujourd’hui au Palais des glaces, si vous êtes amateurs de théâtre. Il y confronte un homme et une femme prisonniers d’une cage géante, qui vont devoir décider de la survie de l’humanité. La semaine précédente, le 15 septembre, il a joué son one-man show «histoires extraordinaires » au théâtre les feux de la rampe. Il y mêlait anecdotes fantastiques mais bien réelles et expériences d’hypnose en interaction avec le public. Enfin, son prochain livre, Demain les chats sortira le 3 octobre. Après les Fourmis, il nous prouve une nouvelle fois que les animaux qui nous entourent sont des créatures supérieurement intelligentes, capables de transformer le monde. De multiples occasions se présentent donc en ce mois de septembre de profiter de l’œuvre de ce génial philosophe moderne.

16 au 25 septembre

Cette semaine se déroule le Festival européen du film fantastique de Strasbourg. Cette année, les amateurs ont pu revoir Jurassic Park ou encore Les dents de la mer et rencontrer Michel Ocelot, venu présenter son dernier film Ivan Tsarévitch et la princesse changeante (où il démontre encore une fois qu’il est un maître des ombres chinoises). Les aficionados auront également profité de conférences passionnantes sur la conception des effets spéciaux ou encore le détournement artistique des jeux vidéo. Le palmarès 2016 a récompensé le film « Raw » d’un octopus d’or et d’un prix du public, ainsi qu’un beau florilège international de courts-métrages allant de films australiens comme The Disappearance of Willie Bingham au hongrois Teeth. Encore une belle promotion pour le cinéma de l’Etrange.

3 octobre

Ce lundi, nous avons pu voir le premier épisode de la série Timeless sur NBC. Contrairement à The Magicians (voir le 4 octobre), voilà une série qui semble vraiment prometteuse. Si l’idée de pouvoir voyager dans le temps pour influencer le cours de l’Histoire n’est pas toute neuve (on pensera notamment à Doctor Who, Heroes ou encore Sliders pour le voyage inter dimensionnel), les héros et le ton humoristique donnent envie d’aller plus loin.

Les trois personnages présentent un ensemble hétéroclite qui permet une réelle richesse de points de vue. Nous avons donc Lucy Preston, une jeune femme professeur d’histoire ; Rufus Carlin, un ingénieur Afro-américain ; et enfin le soldat Wyatt Logan. Tandis que notre enseignante sera confrontée au dilemme d’être face à des drames historiques sans pouvoir les empêcher, l’ingénieur Rufus fera face à l’évidente difficulté pour un noir de trouver sa place dans l’histoire troublée des Etats-Unis. Dans le premier épisode, on verra notamment notre trio de choc voyager dans les années 1940 pour empêcher un être vil et mal intentionné, Garcia Flynn, de changer le cours de la guerre (en l’occurrence la catastrophe du Hindenberg en 1937). Mention spéciale donc, pour ces aventuriers dont nous ne tarderons pas de vous donner des nouvelles.

4 octobre

La série the Magicians débute aujourd’hui sur SyFy. Même si certains affirment que cette série renouvelle le genre, nous n’avons eu qu’une seule pensée en voyant la bande-annonce : encore une école sorciers ! En effet, après X Men et son Institut Xavier, Harry Potter qui allait à Poudlard, et avant Miss Peregrine et son école d’enfants particuliers, le thème commence à être légèrement écorné. Espérons que l’adaptation du roman éponyme de Lev Grossman saura relever le défi.

5 octobre

Sortie attendue pour le nouveau Tim Burton, Miss Peregrine et les enfants particuliers. Le réalisateur le plus talentueux du cinéma fantastique signe ici une nouvelle adaptation romanesque, après notamment Charlie et la chocolaterie ou encore Alice au pays des merveilles. Si les avis sont mitigés, nous avons retrouvé avec grand plaisir la patte Burtonienne. Fidèle à lui-même, il nous offre une bonne dose d’horreur et d’humour noir. Ames sensibles s’abstenir, certaines scènes sont presque dignes de Sweeney Todd par leur côté sanglant. A l’opposé, il nous offre une petit bijou de chorégraphie de monstres versus squelettes à la fin du film. On jurerait même qu’un des pensionnaires est son double incarné (à vous de deviner lequel). Dès la bande-annonce, ces enfants si étranges nous avaient attirés dans leur royaume. Nous n’avons pas été déçus.

8 octobre

Nous avons appris aujourd’hui avec tristesse le décès de Pierre Tchernia, grand monsieur du cinéma que certains se remémoreront comme la voix qui nous racontait les aventures d’Astérix. Signalons également la sortie en livre de la suite théâtrale d’Harry Potter, Harry Potter et l’enfant maudit.  Contrairement à ce qu’on aura pu entendre, ce n’est pas une suite officielle mais bien une adaptation théâtrale que nous propose J.K Rowling. Nous vous invitons donc à ne pas vous précipiter si vous avez déjà dévoré les sept livres précédents. En revanche, le film Harry Potter et les animaux fantastiques, qui sortira le 5 novembre semble valoir le détour. Rendez-vous donc le mois prochain pour voir ces nouvelles aventures qui se déroulent en 1926 et nous emmènent aux origines de l’école de sorciers.

 

Exemple de guide d’entretien de communication

Exemple de guide d’entretien de communication

LES SUBSISTANCES / QUELLE IMAGE :

  • Comment vous définissez-vous ? Quelle image souhaitez-vous diffuser ?

  • Comment se traduit votre identité multiple (diversité des arts) au niveau de votre communication ?

  • Fractionnez-vous votre stratégie de communication en fonction des différentes entités qui vous constituent ?

  • Comment a évolué votre stratégie de communication depuis la fondation (logo, blockmark, etc…) et pour quelles raisons ?

  • Pourquoi « Les Subsistances » ?

UN PUBLIC :

  • La relation au public semble importante pour vous, valorisez vous cet aspect interactif avec le public dans votre communication ?

  • Comment pensez-vous que le public vous perçoit ?

  • Faites-vous des enquêtes auprès du public ?

  • Quel public cherchez-vous à atteindre ? Quel public fréquente réellement les lieux ?

  • Cherchez-vous à atteindre un public à l’international et si oui, comment ?

LE SERVICE COMMUNICATION :

  • Comment s’organise votre service de communication ? Combien de personnes y travaillent et quels sont leurs rôles ?

  • Faites-vous appel à des prestataires extérieurs (pub/ communication) ?

  • A quel niveau occupez-vous l’espace web ? (Est-ce que vous vous limitez au site des Subs ou bien est-ce que vous êtes actifs sur les réseaux sociaux ? Est-ce que le web est une priorité pour vous ?) Est-ce que vous vous limitez au site des Subs ou bien est-ce que vous êtes actifs sur les réseaux sociaux

  • Comment cherchez vous à vous faire connaître ? Achetez-vous des espaces publicitaires ?

  • Quels moyens privilégiez vous pour communiquer et pourquoi ?

  • Choisissez-vous vos activités en fonction de l’image que vous voulez communiquer ?

  • Pensez-vous que la diffusion papier est toujours utile à l’ère du numérique ?

  • Adaptez-vous votre stratégie de communication en fonction des événements et activités que vous proposez ?

  • Comment intégrez-vous vos partenaires à votre communication ?

  • Quelle question a-t-on oublié de vous poser ?

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