Lire Un cargo pour l’enfer dans la conjoncture actuelle, c’est-à-dire après avoir vécu plus ou moins directement plusieurs naufrages et marées noires successifs, nous fait partager cette " expérience " d’un point de vue différent. Par ce roman, en effet, nous sommes plongés dans l’univers fermé, l’espace clos d’un cargo, seul face à l’océan avec des hommes soumis à ses caprices. Nous pouvons ici ressentir toute la tension qui anime les marins, déchirés entre leur amour de la mer et leur propre survie. Bernard Clavel, bien qu’étant lui-même un grand amoureux de la mer, défend ici l’équipage navigant sur un cargo susceptible de provoquer une marée noire. Car il sait faire la part des choses et prendre le recul nécessaire pour nous montrer que les matelots embarqués avec cette cargaison ne sont les responsables de celle-ci, mais seulement les victimes d’une machination orchestrée par de puissants armateurs uniquement préoccupés par le bénéfice qu’ils pourront tirer d’une telle entreprise... Ce sujet pose donc le problème - outre celui d’une catastrophe écologique - de la manipulation que les grands exercent sur les plus petits par l’argent.... Problématique ô combien intemporelle !

J'ai trouvé ce livre intéressant, sans retour en arrière ce qui permet de suivre l'histoire sans se mélanger les pédales! On se fond vite au milieu des personnages qui subissent cette horreur et cet enfer. Un conseil, lisez-le, vous ne serez pas deçu!


Mis à jour le 10/07/03 - Mise en page Maud MERIEUX