CrITiQue

GrégoirE : "Les Garçons de Xavier Deutsch est une heureuse surprise dans le sens ou le récit fonctionne clairement en deux temps. La première partie qui assied l’intrigue et présente les différents personnages permet d’introduire la thématique du roman, à savoir, la passion de la littérature et la jeunesse passionnée. Cependant, celle ci présente certains clichés sur l’adolescence qui peuvent faire sourire mais qui empêchent le lecteur d’adhérer complètement au récit. Une démarche pédagogique trop lourde, éloge de la littérature, peut prendre facilement une tournure rébarbative aux yeux du jeune lecteur .Celui ci ne se laisse que partiellement convaincre par la fausse spontanéité offerte aux personnages et par le style oral (phrases courtes, vocabulaire accessible) à l’allure reconstituée. De plus l’argument du nom de l’écrivain dans l’aventure du héros, homonyme, qui fugue et croise un homme plus agé au profil verlainien simplifié, peut être facilement perçue comme une référence littéraire trop basique pour toucher.
La surprise réside néanmoins dans la deuxième partie du roman. L’intrigue gagne alors en puissance, les personnages voient leur psychologie et leur caractère s’étoffer, l’idéal convoité devient réalité, le récit prend une tournure plus palpitante. Ainsi il faut attendre, pour apprécier pleinement le roman de X. Deutsch et malgré un début trop anodin, la gravité et l’intensité de la deuxième partie vient parfaitement illustrer l’adolescence, période douloureuse retranchant l’innocence dans les vestiges de l’enfance. Constater avec justesse et sans idéaliser la beauté et la grandeur de l’adolescence n’est pas chose aisée ; tenter de la faire miroiter, via l’outil de l’écriture, aux êtres qui vivent cette période est un véritable challenge littéraire. Les faiblesses du roman résident dans l’incapacité du lectorat visé à prendre en considération cette nostalgie, cette prise de conscience tardive que contractent les adultes et X.Deutsch face à l’adolescence . Le Roman reste néanmoins une bonne leçon de vie, grande et sensible pour les jeunes, touchante et empreinte de nostalgie pour les plus âgés. "

Sabrina : " J’ai trouvé le livre assez agréable à lire, mais l’auteur donne à mon avis une mauvaise représentation de l’adolescence. Les personnages sont un peu monotones, ils font des choses assez répétitives. Même s’ils sont tous différents les uns des autres, ils ne sont pas très réalistes. Aujourd’hui les ados ne sont pas comme Xavier Deutsch les décris. La plupart d’entre eux ne s’intéressent pas à la littérature, la trouve même souvent ennuyeuse. "

Face à cette approche du Roman un peu catégorique mais qui contient probablement sa part de vérité ; on peut penser ou espérer, que ce récit joue pour certains lecteurs un rôle passerelle, excitant leur curiosité quant à la littérature classique, passée telle que la poésie de Rimbaud. Car quoi de plus apte à donner goût à la littérature, qu’une œuvre littéraire quelle qu’elle soit ? D’ailleurs, on se doit de signaler l’intertextualité certaine du roman, sur le plan littéraire (Rimbaud http://www.poetes.com/rimbaud/poesies.htm, Apollinaire, Cendrars, Baudelaire, Novalis, Nerval, Le Clézio, Verlaine, Céline, Duras, Vian, Shakespear, Saint-Exupéry...) cinématographique(Le cercle des poètes disparus, Birdy, La fureur de vivre...)ou musicale(Niagara, Springsteen, U2, The doors...)

BoNNe LeCTurE

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Mis à jour le 10/06/03 - Mise en page Maud MERIEUX